19.11.2009
Viens espionner avec moi (un blog mucho cool)
J'aime les obsessionnels.
Ou plutôt, la répétition. C'est souvent ce qui m'hypnotise en danse contemporaine.
Un art où refaire la même chose est émouvant.
Peut-être en est-il de même en peinture ? La toile identique n'est jamais la même en raison de l'imperfection humaine, en raison du manque de fiabilité de l'humain (les noirs de Soulages, les aplats de couleur de Rothko et que dire des tournesols, des chapeaux melons des uns et des autres...).
Décliner un principe, une idée, une technique picturale m'intéresse moins qu'en danse pourtant. La matière, l'énergie, changent sur une toile. Mais une fois qu'elle est finie, elle est figée. Le mouvement est évanescent, il est le contraire de la finitude.
Autant la lenteur et la contemplation au cinéma peuvent m'agacer, autant j'en suis friande en danse.
Prenez un geste et répétez-le, 10 fois, 20 fois s'il le faut, à force j'y verrai une intention.
Voilà ce que m'évoque le blog de L'espionne.
Elle rassemble de belles collections de photos dont elle n'est pas l'auteur, sur un mini-thème, accompagnées de très peu de texte.
Sa plus-value (eh, eh, on dirait que l'auteur de ces lignes est devenu un tantinet matérialiste) : partager ses trouvailles de collectionneuse fureteuse.
Là, les léopards.
Ici les collants

Lui vient une envie de déco 70. Puis, elle fait un point sur la lascivité :

Pas inspirés pas Lady Di ? Je vous suis. Mais quand elle nous propose Lou Doillon sous toutes les coutures, j'approuve.
Et au fait, les tâches de rousseur, c'est beau ou c'est pas beau ?

On se met à la combi-pantalon ou pas ? Joli, les femmes pendues au téléphones.

Ca vous intéresse, les coiffures pièce montée ? Moi oui. Ah, vous c'est plutôt les lunettes de vue ? Y en a.
J'ai aussi retrouvé une de mes photos préférées, dont je n'avais pas la référence, dans cette série consacrée aux masques.

Le principe est infini.
Ceux qui m'aiment, qu'ils prennent le train ou préfèrent l'avion, ne peuvent être insensibles à son goût de la déclinaison.
ps : vous aviez déjà envisagé que Laetitia Casta avait un air de famille avec Lady Diana ?

08:18 Publié dans La culture pour les excellents | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, come psy with me, magazine, photographie
16.11.2009
Ne pas aller au bureau nu (idée n° 3)
Gossip est une option plus actuelle qu'Ally pour trouver l'inspiration "Look de Bureau".
Plus inventive aussi ?
Oui.
Mais.
Laissons la collégienne au japonais lubrique.

Non aux chaussettes hautes, aux bretelles rouges sur polo blanc.
Le mini-kilt avec stilettos tu abhorrereras
Le style Sex and the City, ciao bella.

Le bonnet en crochet tricolore à rayures, oublie.
Le collant chair tirant vers le blanc sur tailleur-jupe blanc, passe ton tour.
Que penser de l'option collant de couleur rouge ?








Au cas où l'achat d'un manteau sans manches vous paraitrait un poil superfétatoire.
Un top flou gris
Une ceinture rouge.
Des mocassins à talon
J'avais prévenu que ce serait décevant.
08:26 Publié dans Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gossip girl, série télé
12.11.2009
Le mythe de Strauss
Je continue cranement ma comparaison entre MJ et CLS.
A la mort de Jackson, Michael, j'ai pensé qu'il partait au bon moment. Et que Lévi Strauss avait trop attendu. Je ne parle pas de leur personne de chair, aimée, mais de leur personne publique, virtuelle, irréelle, holographique.
"Quelques-uns meurent trop tôt, quelques autres trop tard. Meurs à temps. C'est ce qu'enseigne Zarathoustra »
M.J. n'avait pas été suffisamment oublié pour que sa mort ne soit pas explosive. Avant son décès, personne ne s'enthousiasmait à l'idée de son retour sur scène. Après, nous avons tous eu le sentiment que nous avions été prêt à nous endetter sur 5 ans pour obtenir une place.
Personnellement, j'aurais pu me contenter d'une simple soirée d'hommage sur France 5 comme pour Claude L. S.
La déferlante médiatique a réveillé mon intérêt pour Monsieur Jackson et je ne l'ai pas regretté. Cela m'a permis d'oublier l'image de bonhomme maléfique que je lui associais et de REVENIR AUX FONDAMENTAUX, sa musique.
L'engouement pour M.J. a été porté par le réveil de ses fans alors cryogénisés. Comme si leurs pleurs avaient hydraté nos souvenirs lyophilisés des sons inventés par Michael. La dégustation de ces morceaux ressucités fut délicieuse.
Cela ne se passe pas ainsi pour Claude Lévi Strauss. Evidemment, les nécros sont fournies, déjà écrites depuis des décennies. Les journalistes n'ont pas été pris de court, le dossier "mort de C.L.S." était au pire un peu jauni. Mais les fans se sont résolus à sa mort depuis longtemps. Sclérosés, ils ne nous proposent pas de nous retrouver au Musée du Quai Branly pour une veillée. Spontanément, nous regrettons sa perte, certes, mais ravalons nos larmes (sauf les vraies sensibles).
Cela s'explique. Michael Jackson était un mythe. Claude Lévi Strauss les étudiait (il y a ceux qui agissent et ceux qui commentent).
Que sont-ils, les mythes ? La théorie de Strauss expliquée par Pierre-Henri Tavoillot est lumineuse. Je cite :
"La fonction principale des mythes est de raconter et de mettre en scène la différence entre la nature et la culture...

... Le message mythologique n'est plus du tout anecdotique ou seulement pittoresque; il est essentiel, voire vital: la vie humaine et sociale doit se préserver de deux dangers également menaçants: celui d'une nature sans culture (où tout serait voué au pourrissement) et celui d'une culture sans nature (où les ressources se tariraient ou brûleraient du feu de la technique)".
Voilà pourquoi Lévi Strauss l'air de rien nous a permis de cesser de voir les non-européens comme des idiots : selon lui, toutes les sociétés, modernes ou anciennes, ont besoin de mythes pour comprendre, penser, ce rapport entre nature et culture. Nous, on le fait avec Michael Jackson. Les autres, ils le font avec autre chose. Pour ce que ça change...
08:57 Publié dans La culture pour les excellents | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : michael jackson, claude levi strauss, structuralisme, mythologie
09.11.2009
Emmanuelle Alt - One moment please
Qui ? Qui serait mon Olivier Zahm ?
Oui, qui j'avais choisi pour franchir les obstacles humains menant à la joie [une soirée FIP au Pavillon de l'Arsenal par exemple] ?
Une fille aux cheveux longs foncés, suffisamment connue pour être dans les tablettes, assez pointue pour être inconnue des videurs.
J'avais jeté mon dévolu sur Emmanuelle Alt.
Qui ?
Quelques fans sur la planète blog (une-telle la proclame égérie du chic parisien, une autre se déclare toujours à son affût).
A légèrement frappé les esprits cet été, maîtrisant l'art du sarouel, jusqu'à lui conférer une urbanité évidente.
Quand d'autres sont plus aptes à conférer de la ruralité aux habits (ci-dessous sa patronne, M'ame Roitfeld).

Pour moi, elle avait juste un visage suffisamment banal pour que j'ose tromper le monde.

J'aurais rentré la tête dans les épaules.
C'était il y a très longtemps. En réalité, je n'ai jamais tenté l'astuce. Je n'ai aucune idée de sa vie nocturne, peut-être aurais-je été rembarrée, démasquée. Horrifiés, mes voisins de queue se seraient vivement écarté de moi, je me serais tué d'être si sotte.
Aujourd'hui, en me demandant qui elle était, j'ai appris que cette femme au look de bikeuse régnait sans partage sur les garde-robes de centaines de millions de filles.
Dixit et démonstratit par MODE OPERATOIRE et Café Mode (jour 2 et jour 3)
L'épaulette-mania ? C'est elle. Les clous. Sarouels. La panthère. The glitter.
(Photos by Café Mode :)


Faut dire, consultante, c'est un boulot génial.
Ca consiste à crier : "MAIS VOUS FAITES DE LA MERDE". Non, faut aussi donner des caresses aux clients. Leur trouver des ATOUTS. Leur balancer aussitôt leurs POINTS DE VIGILANCE et si on veut frapper un plus gros coup, leurs FRAGILITES.
Puis il faut se débrouiller pour leur faire oublier qu'on n'a pas de solution de rechange.
Alt, on ne peut pas lui enlever ça, elle en a fait des préconisations. En toute franchise, ça me fait plaisir de l'accueillir dans ma penderie. Je râle pour la forme mais l'affirme haut et forme : L'élève a dépassé le maître.

08:55 Publié dans Kill your idols, Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vogue, magazine, presse, isabel marant, balmain, carine roitfeld, christophe decarnin
05.11.2009
Dis Dis Dis (Say Say Say)
Nous naissons tous à l'age de 0 an. L'age de notre mort est bien plus divers.
Lorsque Jackson a disparu, j'ai pensé à Levi Strauss, au fait qu'il lui survivait. Pas tellement longtemps finalement.
L'un part à 51 ans, l'autre à 101 ans.
Lévi-Strauss monte sur la dernière marche du podium à l'âge de 51 ans, en accédant à une chaire au Collège de France (la plus haute distinction pour un chercheur en sciences humaines je l'affirme et ne devrais pas être contredite).
L'apogée de Michael : l'album Thriller, il a 24 ans.
La paire a gravi les échelons jusqu'à la moitié de sa vie et est descendue de l'échelle plus ou moins calmement pendant l'autre partie. Ils n'ont plus créé de rupture ensuite mais qui peut s'enorgueillir d'en avoir créé une seule dans la vie de l'humanité ?
Les deux sont des inventeurs majeurs et je n'en ai compris aucun.
Relativement indifférente au chanteur, je n'ai pris la mesure de mon goût pour ses mélodies qu'en juillet dernier, en écoutant une radio du Poitou-Charentes diffuser son oeuvre une nuit durant. "C'est de lui ? J'adore !". Je ne suis pas non plus à l'origine de la prédilection de Bambi mon chien pour la MoonWalk. Il l'exécute assez élégamment, un mouvement vers l'arrière légèrement saccadé. Où a-t-il donc chipé la chorégraphie ?
Les théories de Lévi Strauss ne se sont jamais imposées à mon esprit. Infoutue de les digérer. Aurai-je plus de chance aujourd'hui ? Vais-je enfin réaliser, par la grâce de son déces, que "j'adore" son système de pensée ? Ferais-je du structuralisme sans le savoir ?
Sans doute l'une de ses plus grandes influences sur nos manières de penser consiste dans l'abandon de l'idée de primitifs à la pensée prélogique: les bororos qui prétendent être des perroquets contre toute logique ne sont pas des cons. La pensée sauvage n'est pas mère de la pensée civilisée (il reste encore un peu de chemin à faire).
Mais pour résumer en peu de mots le structuralismes, je m'avoue fort empotée. Essayons-nous.
1 Les processus sociaux sont issus de structures fondamentales qui sont le plus souvent non conscientes, implicites. Et ces structures sont les mêmes pour tous les esprits, anciens et modernes, primitifs et civilisés.
2 Prenons une institution sociale qui serait la famille, le processus social que sont les relations de parenté. Quelle est sa structure inconsciente ? Quelle est la raison pour laquelle nous distinguons les couples que sont le mari et la femme, le père et le fils, le frère et la soeur, l'oncle maternel et le fils de sa soeur ?
3 Derrière tout cela : l'obligation de céder des sœurs ou des filles contre des épouses, obligation qui est la forme première du contrat social. La loi valable en tous temps et tous lieux : la réciprocité de l’échange des femmes. La société naît de la circulation des femmes.

4 Pour que circulation il y ait, il faut que chaque homme donne sa sœur (avec qui il s’interdit donc de se marier) à un autre homme, afin que ce dernier lui donne en échange sa propre sœur. La prohibition de l'inceste interdit moins d'épouser mère, soeur ou fille qu'elle n'oblige à donner mère, soeur ou fille à autrui.

5 Or, la prohibition de l'inceste nécessite d'identifier ceux qui sont touchés par l'interdiction. De distinguer ceux qui nous sont apparentés des autres. De créer des formes élémentaires de la parenté.

C'était révolutionnaire, d'enlever à la famille son caractère naturel, inné et d'en faire le produit d'une jeu social, n'est-il pas ?
C'est tombé dans l'oreille d'un mélomane. Jackson a eu ses raisons d'en tirer des conséquences pratiques.
Sa famille est une créature qu'il a conçue de ses mains, il n'a plus voulu échanger de femme avec quiconque, au besoin il les a louées.
Etait-il un grand lecteur de Lévi Strauss ? La parole est à la jeunesse: "Pas besoin de connaître les formes élémentaires de la parenté pour affirmer : « mes vieux me gavent … » "
10:17 Publié dans La culture pour les excellents | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : michael jackson, claude levi strauss, structuralisme, lisa marie presley, elvis, funérailles
04.11.2009
Zahm Zahm Zahm
Un copain ruse pour entrer dans les cocktails en affirmant au videur qu'il est bien sur la liste, en sa qualité d'Olivier Zahm.
Zahm est toujours sur la liste.
On le trouve même à la FIAC cette année (voir le Purple Diary).

Il a fondé Purple, une chose branchée que je n'ai pas le courage de décrire.
Un truc assez déculotté.

Drawing Stephanie Daoud, pour Purple Story (THE NON OFFICIAL BLOG OF Purple Fashion magazine)
Le bonhomme n'est pas très plaisant.

Sur son Diary, une foultitude de jeunes minettes raccompagnées torchées à la fin de la soirée.
Une chose que j'avais trouvée très triste, dans le microcosme de l'art contemporain : les filles s'y distinguaient par leur nonchalance envers leur propre nudité. Les cocaïno-artistes ont réussi à leur faire croire que leur liberté passait par l'exhibition de leur corps.
Mr. Z. est plus Houellebecq que Houellebecq. Le même, mais sans auto-dérision.
- « Officiellement, donc, je suis en dépression. La formule me paraît heureuse. Non que je me sente très bas ; c’est plutôt le monde autour de moi qui me paraît haut. » (Extension du domaine...) -
Concernant son blog (Diary donc), Monsieur Zahm cite Warhol :
"Every day, something. Maybe it will turn out to be like Andy Warhol’s diary—”Today I woke up and had soup at the deli. The soup was cold. Then I talked to Brigid Berlin and she told me I’m a bad artist. Now I have to go to a party, bye bye, see you tomorrow.” That would be genius."
La journaliste de Style.Com demande : "d'autres contributeurs en vue ?"
"Ca pourrait être Sofia Coppola. Ou une fille encore au lycée mais qui soit fraîche, intéressante, avec beaucoup de style... L'important c'est que tous les contributeurs pensent comme moi. Tous ceux qui contribuent doivent être comme moi. Je ne rigole pas. Il faut être constant."
O.Z. est au sommet de la hype.
Mais alors, comment un second Zahm peut-il s'introduire impunément dans ces pinces-fesses ?
Mon pote, avec son vague air de ressemblance, fait le pari que Zahm aura toujours une meilleure soirée que celle dans laquelle lui-même tente de s'incruster.
Quand il est assez content d'aller fêter les 2 ans de Glamour, O.Z. festoie avec Doherty et l'accompagne à l'harmonica. Un truc de ce genre. Ou photographie les starlettes les mieux habillées du moment ("WOMEN OF FASHION") dans un Palace New-Yorkais.
A ce propos, Mademoiselle Garance faisait partie des lauréates. Son anticipation d'une séance photo avec Zahm. : "priez pour que je ne me retrouve pas à quatre pattes à faire un doigt d’honneur en montrant mes fesses". Apparemment, ça a été.
Mon ami rentrait à coup sûr.
J'avais décidé de me trouver également une presque-sosie so hype qu'elle me laisserait les petits fours moisis du Palais de Tokyo.
Qui ?
08:44 Publié dans Kill your idols | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : hype, soirée, magazine, olivier zahm



