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31.07.2008

Que ramener d'Israel ? Le guide

Bilan.

- Une carte illisible de la Cirjordanie. En marron les arabes, en rouge les juifs. Gratuit.

 

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- La chemise à carreaux comme Liv Tyler et Kate Moss. Elle vient de Bethleem mais a été produite en Chine. 15 euros. Ma façon de soutenir l'économie locale, je me suis volontairement faite avoir.

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- Un mini-sachet de boue de la mer morte (6 euros ?) où je ne suis même pas allée. Une copine m'avait prévenue qu'il y avait que des russes bedonnants et dégueux là-bas. Je ferai probablement un pazapa de comment l'utiliser. J'ai acheté le film alimentaire pour en rentrant (moins de 2 euros). Keep connected.

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- Un crayon MAC pour les yeux, couleur Bleu Prusse, du Duty Free de Budapest (c'est sur le chemin quand on a des moyens limités). Je me suis pas encore renseignée mais je vois pas trop ce que j'ai gagné à l'avoir acheté 15 euros. Merde, consciencieusement j'ai voulu faire mon boulot pour le blog et voilà que j'apprends qu'il coûte 14 euros. Et en terme de long lasting, il se pose là. Il migre. See ?

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 - Pour mon peti-copain, ce T-Shirt.

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Just kidding. J'en ai pas. 

What else ?

- Mon chapeau en paille de fermier australien (6 euros) je l'ai paûmé* à l'aéroport Ben Gourion. En même temps que mes clopes Duty Free et mon corset pour le dos. C'est ironique. Exactement à l'endroit du monde où il est le moins indiqué d'abandonner un paquet. Je veux dire, tout ça à dû être détruit à la dynamite. C'est à cause de l'heure passée à être interrogée. A expliquer que cet objet sert à enlever les poils d'animaux pas à autre chose, on en trouve chez H&M. J'étais pas franchement fraîche ce jour-là.

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Avec ce chapeau, il m'est arrivé un truc dément. Dans les rues d'Acre.

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Je caresse un cheval tout fin. Qui vient à peine de cesser d'être un poulain. Je l'ai poursuivi dans les ruelles après l'avoir aperçu pour pouvoir le caresser. Et lui, il a attrapé mon chapeau dans mon dos et a commencé à le machonner. J'ai explosé de rire en ayant un flash sur une pièce de théâtre**. Sans être sûre que cette pièce existe. Naturellement, je me mets à expliquer en anglais au gars qui tient le cheval pourquoi je ris.

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Revenant, j'ai voullu lire pour comprendre la situation. Gil me conseille 2 bouquins. Mouais.

- La Question de Palestine tome II. Il vaut mieux déjà savoir que les élites palestiniennes en 1920 sont partagées entre partisans de Husseini et Nashashibi pour s'y retrouver. Pas mon cas. Gratuit à la bibliothèque.

- Le bouquin de Barnavi que je viens d'acheter (8 euros) ça ne me va pas non plus. Je veux tout savoir avant 1948. Pas après. 

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 - Le dernier truc à ramener d'Israël ? 50% de réduction sur du dissolvant Revlon en dur, utile en voyage. 4 euros.

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 - Le plan du musée de Yad Vashem. 2 euros. C'est le musée de l'Holocauste et c'est extrordinairement beau. Le jour où j'y étais, je nageais entre les jeunes soldats israéliens venus en groupe le visiter.

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 Total : 58 euros.

 

* J'ai pas de correcteur orthographique automatique sur le blog. A priori je fais pas trop de fautes mais j'ai la fâcheuse habitude de coller des ^ partout. Y en a-t-il à paumé ? A la réflexion non. C'est mon costé vieille France.

** Le pitch d'Un chapeau de paille d'Italie, de Labiche : C’est le matin du jour où Fadinard va se marier et que son cheval mange le chapeau de paille d’une jeune femme, Anaïs, en tendre conversation avec un militaire. Ce couple le suit jusque chez lui, et refuse de quitter les lieux tant que Fadinard n’aura pas remplacé le chapeau par un autre identique, car Anaïs est mariée à un mari jaloux, qui s’étonnerait de cette disparition.

 

Exceptionnel

Une vidéo repéré par J'ai flâné pour vous

Par Philip Scott Johnson.

30.07.2008

Teenagers et petites filles modèles

J'ai une copine de 12 ans.

Pas une fille de 12 ans.

Ni une copine que je connais depuis 12 ans.

Vraiment une copine née en 1996. Qui se trouve être l'année où Arafat est devenu Président de l'Autorité Palestinienne.

Elle a même mes clefs, dis donc. 

 

La rencontre, je l'ai déjà un peu évoquée.

Au début, vu la différence d'âge, j'ai essayé de lui apprendre des trucs.

Genre pourquoi y a thérapeute dans Kinésithérapeute et logie dans Dermatologie.

Genre elle sort Bambi, je peux bien lui faire faire un peu d'étymologie.

On n'en est plus là.

 

En général, on s'échange des anecdotes sur Bambi. Comment il aime trop Tina, la petite Jack Russel*. 

Elle m'envoie des mails, j'aime celui-là qu'il faut envoyer à d'autres copains pour ne pas briser la chaîne. 

Voici quelques raisons pourquoi nous les garçons, nous aimons les filles: 

 

 

- Elles sentent toujours bon, même si ce n'est que du shampooing.

- Elles ont un air de bébés lorsqu'elles dorment.
- Elles prennent beaucoup de temps à se préparer, mais à la fin on voit que ça valait la peine. 
- Parce qu'elles ont toujours froid même s'il fait 30° dehors (pour qu'on les prenne dans nos bras).
- Lorsqu'elles ne nous qui quittent pas du regard en soirée, de peur qu'une
autre soit trop près de nous... 
-La manière qu'elle embrasse lorsqu'on fait quelque chose de bien pour elle. 

 

Mais mon préféré c'est celui-là : 

- Lorsqu'elles nous frappent avec leur petit poing jusqu'à ce que ça fasse mal (à elles).

 

C'est assez light nos échanges, faut avouer.

Si j'ai le temps, quand elle passe, on s'asseoit chacune à un bout de ma chambre et on s'envoie une balle, pour rendre fou Bambi.

J'ai essayé de lui parler du Vietnam, d'où viennent ses parents. Ca a tourné court, je connais rien à ce pays.

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 Ses parents divorcent, actuellement. Elle, ses trois soeurs et son petit frère devront témoigner.

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Elle dit que ça ne l'inquiète pas.

 

On a des désaccords, néanmoins. Elle n'aime pas trop ma façon de m'habiller. Elle dit toujours bof.

Oui bah c'est juste qu'elle n'est pas assez sophistiquée.

 

Mais, le jour de mon anniversaire, elle a utilisé mes clefs pour me laisser un cadeau, un sautoir coeur et une bougie marron non parfumée.

Et ça, ça m'étonnerait que vous ayez des copains de 12 ans qui vous fassent ça, à vous. 

 

* Je suis à fond pour le métissage. 

 

EDIT : elle est justement passé chez moi hier. Pour me raconter un film horrible sur une soeur siamoise vietnamienne qui tue sa soeur siamoise pour l'emparer de son petit copain coréen, puis tue sa propre mère, puis son chien. Et est finalement à son tour tuée par le petit copain dupé.

Ensuite, elle m'a dit que dès que son père donnerait la pension alimentaire, elle aurait assez d'argent d'un coup pour s'acheter un lapin nain avec la cage, les copeaux et la nourriture. Mais pas avant. 

29.07.2008

Fini au 81212

81212 me fascine.

Je ne suis pas la seule. 

Un type en a fait un roman que je n'ai pas le courage de lire.

Un autre une sorte de BD

 

QUAND, c'est pour savoir quand on on tombe enceinte.

INCARNE en quoi on va se réincarner.

FIEVRE donne le pourcentage de compatibilité amoureuse entre ton prénom et celui que tu aimes.

JADIS ce qu'on était dans une vie antérieure.

FLEUR pour savoir quels sont ses sentiments à ton égard.

SOLO combien de temps tu vas rester célibataire.

Et ainsi de suite. 

 

L'expérience relatée ici, si elle est vraie,  montre que si l'on se demande pourquoi son ex (EX*) a rompu, on obtient une réponse assez censée: en fait il est attiré par les personnes du sexe opposé.

Sur internet, c'est gratuit. Il y a de fortes chances que le prénom de mon futur mec soit Lucas. 98% de chance. Ou Giovanny, avec un y. Il y en a très peu.

Le truc VRAIMENT intéressant c'est qu'on peut créer son propre service de SMS surtaxé. Si.

Moi j'ai créé BOOK. Tu me dis quelle est ton humeur, je te dis quoi lire. T'es triste, je te recommande un livre qui te fera hurler de rire. Là tout de suite j'en ai pas en tête.

Ca n'a d'intérêt que si tu arrives à faire envoyer à la personne au moins 5 SMS surtaxés. Elle est engagée dans le processus, a déjà perdu 50 centimes d'euros, donc elle continue. Sinon elle a TOUT perdu.

Tu peux aussi créer des votes. Par exemple, je pourrais vous demander d'envoyer un SMS surtaxé pour dire si vous aimez ou pas ce post. Comme il y a beaucoup de personnes en colère sur internet, certaines ne se priveraient pas pour envoyer un NON virulent.

Je pourrais encaisser 0,76 ct d'euros.

 

Comme 81212 m'ennuie, j'ai eu envie d'acheter le nom. Ca m'a coûté 6 euros. Je l'ai choisi en .mobi

A l'heure actuelle je n'ai aucune idée de ce que je vais en faire.

Mais je sens que je suis une FUCKING BUSINESSWOMAN. 

  

* Ne pas confondre avec FINI qui permet de savoir si mon ex pense encore à moi.

28.07.2008

Le déluge

Lors de ce gentil trip en Israel, mon ami et moi avons tenté de définir la frontière entre RESISTANCE & TERRORISME.

A distinguer : Le BUT et les MOYENS.

        Quel est le but de l'ETA ? Une nation basque.

        Quel est le moyen ? Tuer des représentants de l'Etat espagnol.

 

1ère question à se poser : Ce but est-il légitime ?

Pour que l'action puisse être qualifiée d'action de résistance, il convient de savoir si le combat nous semble légitime.

        Les Corses ? Plutôt non !

        Les palestiniens ? Plutôt oui !

 

Si le but est légitime, se pose alors la question des moyens utilisés. 

Ces moyens sont-ils acceptables ?

        Est-il acceptable de tuer des soldats ? Plutôt oui.

        Est-il acceptable de tuer des civils ? Plutôt non.

        Est-il acceptable de kidnapper des soldats / des civils ?
 

Si le but est légitime et que le moyen est acceptable, alors il ne peut être question de terrorisme mais de résistance.

 

MAIS 

Dans le cas où le but est légitime et que le moyen n'est pas acceptable, se pose éventuellement la question de l'efficacité du moyen

Imaginons que ce moyen non acceptable soit efficace pour parvenir à des fins légitimes ?

        Si des attentats de civils allemands avaient permis de stopper l'holocauste ?

 

That's a tricky one.

 

Quelle est le nombre de civils qu'il est acceptable de tuer compte tenu du nombre de ceux qui seront sauvés par ce geste ?

        1 tué pour 2 de sauvés ?

       

Imaginons que des attentats tuant 1000 enfants allemands aient permis de sauver 5 millions de juifs.

Le rapport est ici de 1 / 5 000.

Devrions-nous qualifier le mouvement à l'origine de ces attentats de mouvement TERRORISTE ou de mouvement de RESISTANCE ?

 

OUI MAIS

Autant il existe une certitude quant au fait que ces 1000 enfants vont être tués.

Autant les conséquences de cette action sont, elles, incertaines.

Rien ne garantit que cette tuerie aura l'effet d'empêcher la mort de 5 millions de juifs.

 

Il faut donc prendre en compte la probabilité que cette action soit efficace.

        Faut-il y aller si les chances sont de 50% ?

 

26.07.2008

La même

J'ai beau avoir passé je ne sais combien de checkpoints.

Sitôt home, sitôt les mêmes obsessions.

Comme, savoir que, à Madrid, où je suis allée l'année dernière : "Le quartier de Chueca dispose de nombreux Outlet dont un stock Chie Mihara (c/ Augusto Figueroa) qui ne propose quasi exclusivement des 37 et 38 des saisons précédentes à 99€ ou 120€ selon les modèles".

I hate myself.

Je ne connaissais pas Chie Mihara, l'année dernière.

Pour la peine, un bon plan de la mort.

Je me suis prise pour la reine des terroristes à l'aéroport de Tel Aviv. Enervée par une longue heure de fouille, j'en ai oublié mes cigarettes Duty Free. 

La veille, 2 bouteilles de vin rouge avec mon pote Anglais m'avaient achevé. Tony*, il s'occupe des malades mentaux de Gaza. Je l'avais rencontré la semaine dernière, chez les humanitaires. On était à Jérusalem, chez T'Mol. Là-bas il y a deux serveuses tops. Mor et Maya. 

Maya, elle a pas d'argent. Elle médite. Mais elle a ramassé un chaton dans la rue avec un oeil crevé et l'autre exorbité. Elle l'a fait opérer, ce qui n'est pas gratuit. Et lui cherche maintenant un maître.

 

J'ai pris aucune photo. Aucune. C'est croyable ?

Parce que EINMAL IST KEINMAL.

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Une fois, ce n'est aucune fois. Une fois, ce n'est rien. Et croire que le photographier pour le garder, ce rien, changera quoique ce soit. Pfuhhhh.

 

(entre parenthèses, un livre extraordinaire de wim wenders, paru il y a longtemps, mais dont je vous reparlerai au moment des cadeaux de Noël).

Pour ceux que mon chien intéresse, il faut savoir qu'il a détesté ces 15 jours. Sans moi. Il s'est fait une plaie à la patte. Il s'est mangé de douleur.

* Il avait prévu de se suicider à Jericho avant de me rencontrer.

23.07.2008

Ma valise bête

Toute cette préparation en vain.

Deja, amener des shorts dans un pays peuplé d'autant d'intégristes.

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Ce n'était pas malin.

La robe très très longue ? A moitié transparente et au décolleté bustier. Elle ne sert à rien. Je lui ai juste fait faire un tour à l'American Colony. Le lieu luxueux de Jerusalem est, où ont séjourné Tony Blair, Sarkozi, mais aussi Saul Bellow. J'ai essayé de faire croire que cette horreur en provenance directe de la banlieue de Shanghai pouvait être une "robe de soirée".

 

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Dans la journée, un bijoutier du souk de la vieille ville m'avait créé en direct une parure cheap. Ca lui faisait plaisir. J'ai du la porter. Des cailloux verts principalement.

Là-bas, dans le jardin du restaurant, nous avons fumé un joint, quand a débarqué un type important de l'Autorité Palestinienne. Bon, il n'a pas moufté.

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Pour ma seconde apparition dans les hauts lieux de Jerusalem, le bustier Vanessa Bruno rouille a, en revanche, été formidable. C'était une fête aux quartiers généraux des Nations-Unis. Mes B.O. papillons bien longues m'arrangeaient bien. Tous les humanitaires de tout bord qui maintiennent à bout de bras la rive ouest du Jourdan étaient présents.

Le chemin jusqu'à eux a failli m'être fatal. Je me suis retrouvée par inadvertance chez les arriérés. Un soir de Shabbat. J'ai couvert mes épaules, bras, je n'ai laissé que mes orteils dépasser. Il aurait dû neiger. Les types portaient des carrés de fourrure sur la tête, les femmes des perruques sur leur tête rasée. Aux murs des immeubles, d'immenses pancartes nous enjoignant de nous vêtir modestement. Je me glisse le plus discrètement possible dans les rues, mon casque sur les oreilles. Un type m'interpelle. J'enlève une oreillettes et je hurle "WHAT?". "Shalom Shabbat", répète-t-il.

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Enfin j'arrive chez les occidentaux. Je choisis mon camp. Me suis accrochée aux anglo-saxons, 3 gars cousins de John Cleese.

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300 dollars par tête de palestinien par an, dépense le monde. En Afrique, la somme est de 10 dollars. Déjà, ça, ça nous a fait rigoler pendant un bon moment. De plus en plus murgés, on a dérivé sur Eric Cantona, et sur comment une équipe de foot mi-arabe, mi-juive pourrait, well, you know...

La troisième sortie, plus facile. Un bar à Haifa. Alterman. Une vue magique, de là-haut.

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Légèrement déprimée, je rechigne à sortir. Pis, hop, je mets la robe BelAir. I'm in the modd for flirt.

Ce soir-là, je reviens à peine de la mer, une mer aussi chaude que mouvementée, une alliance délicieuse. Taquine, lorsque le mignon barmaid me demande pourquoi je suis là, je lui réponds que je suis venue visiter les checks-point de Cisjordanie. Nous avons l'occasion d'en savoir plus l'un sur l'autre. Rapidement, j'apprends que sa grand-mère, roumaine, est passée par un des camps de concentration. Je connais tous leurs noms, pas lui. Le grand-père s'est enfui in extremis d'un wagon. Ensuite, ils se sont mariés dans un camp de transit, à Chypre, attendant d'atteindre la terre promise.

Au fait, dans un de mes tee-shirts American Vintage, il y a 8% de cachemire. Du coup, il refuse de passer à la machine. Et je ne sais pas ce que ces petits bouts de cachemire lui apportent.

20.07.2008

AbsurdLand

Une visite des points de contrôle en Palestine.

Il existe plein de sortes de checkpoints. Ceux du mur sont les plus classiques. On entre facilement dans les territoires occupés, du reste. Le problème est plutôt d'en sortir. Voilà pourquoi les habitants de Bethleem y sont coincés.

Le mur, il faut regarder son tracé. C'est un mur zig-zaguant, une membrane qui va chercher les colonies israéliennes loin dans les territoires. Les colonies on les reconnaît à leurs toîts. Des vrais toîts pentus. Les arabes préfèrent la version plate. Et leurs villages sont adossés aux colines. Les israéliens, en général, prefèrent s'implanter en haut des monts.

Ce sont des petits trucs utiles à savoir. Au cas où vous seriez là-bas.

Soit un village palestinien et une ville palestinienne, distants de quelques kilomètres. Entre les deux, notre fidèle checkpoint. Les villageois peuvent pénétrer dans la ville. Pas l'inverse. Ceux de la ville restent dans leur ville, en point c'est tout. L'israélien, lui, ne peut pénétrer dans la ville palestinienne. L'européen, IL VA PARTOUT. Disons, s'il est européen caucasien.

Il y a plusieurs types de personnes qui passent un point de contrôle. Les femmes et leurs enfants. Ces derniers, s'ils sont petits, peuvent être tentés de toucher la mitraillette du soldat israélien pendant qu'il inspecte les papiers de sa maman. L'homme a sa file. Il passe sous un portique. Les trucs qui sonnent dans les aéroports. S'il a de la chance, il n'enlève pas ses chaussures. La ceinture, il n'y coupera pas. Mais l'homme palestinien continue d'en porter. Et il ne l'enlève qu'à l'extrême limite. Pas en attendant dans la queue.

Si on a des paquets avec soi, bon, bah on montre ses emplettes. Les fruits et légumes, un coup d'oeil. Pour les plus gros trucs, un scanner sur roulette à quelques mètres.

Les soldats, on se demande. C'est un camp de scouts ? Des filles, des garçons. 18 ans et quelques années de plus. Toute la journée, certains pendant 3 ans, ils regardent des papiers.

Ainsi, le palestinien, s'il a la chance de pouvoir aller d'un endroit à l'autre, intègre dans son planning le temps pour passer les multiples mini-frontières qui jalonnent la Cisjordanie.

Il connaît bien son pays. Il n'a pas besoin de panneaux indicateurs. Les panneaux indicateurs n'indiquent que les colonies juives. Pas les endroits arabes. Mais le nom des colonies juives est traduit en arabe.

Il sait également que certaines routes qui parsèment son territoire lui sont interdites. Ce sont des routes pour israélien. Ce n'est pas écrit. Il le sait.

Avant de quitter les territoires occupés, ça vaut le coup d'y manger. Very cheap. Genre 1,5 euros pour 4 falafels. Celui de la rue des Rosiers, si. Tout pareil.

19.07.2008

De l'autre cote du mur (2)

Le pretre et les deux soeurs commandent de bons gateaux. Avant de s'empiffrer, une benediction s'impose.

Mon cas en particulier est soumis a Dieu. Pere Ignatus me propose de partager son cheesecake. Je refuse.

Un allemand panique nous rejoint. Il est apeure.

Les petards que nous entendons sont entremeles de coups de feu. J'apprendrai plus tard que les gamins d'ici sont capables de distinguer, au bruit, une Kalachnikov d'une autre mitraillette prisee des militaires dont le nom m'echappe. Ils savent egalement anticiper le point d'impact et agir en consequences. En se calfreutant par exemple.

Les coups de feu visent a celebrer la remise en liberte de 5 prisonniers des geoles israeliennes, ainsi que des corps de 200 soldats, contre deux soldats israeliens morts. D'aucuns jugeront de l'equite de l'echange.

Donc l'allemand accourt vert le pretre, il est invite a se joindre a nous ainsi que son compagnon. J'en vois deja trop a l'hospice, je ne suis pas enchantee. Je fremis quand je les entends commander 2 bieres.

Il sent de mauvaises vibrations dans l'air donc. Il ne cessera de repeter qu'il n'aime pas Bethleem. Le pretre le met en garde. Ces ondes negatives, "it's the devil". Se laisser impressionner, c'est laisser le diable entrer en soi. Ma traduction est possiblement erronee.

Pas avare de betise, on apprend ensuite que la solution a la situation en Palestine s'appelle Jesus.

Apres quelques considerations sur le prix du petrole respectivement en Allemagne, aux Etat-Unis et en Irlande, les deux gars nous font un joli expose du jour ou le mur de Berlin est tombe.

18.07.2008

De l'autre cote du mur (1)

Les petards ?

Le chauffeur de taxi m'apprend que les jeunes celebrent aujourd'hui la fin du lycee. Les vacances. A Bethleem.

J'ai pris un petit bus, de Jerusalem est. A un moment il a stoppe. Nous sommes descendus pour passer le checkpoint. Des pancartes nous incitent a garder cet endroit propre.

Hum, ca risque d'etre difficile. Je passe facilement. Je n'ai pas a faire scanner les lignes de ma main. S'ensuit un long dedale entoure de barbeles.

Hop, on est en territoire palestinien. Mas o menos.

L'eglise de la nativite, les c(h)ret(i)ens de tous bords se prennent en photo dans la grotte de Jesus.

Je sors me balader dans les rues, mon chapeau de cow-boy en paille sur la tete.

Difficile pour ceux d'ici de comprendre ce qui s'est passe il y a plus de 60 ans en Europe. Obstines, ils clament encore et encore que les juifs leur font subir ce que les allemands leur ont fait endurer.

Un type remarque "Pourquoi se vengent-ils sur nous ? Qu'ils aillent en Allemagne les tuer". C'est le plus modere de mes interlocuteurs.

Je m'achete une chemise a carreaux. Comme celle de Kate Moss.

Enfin, j'echoue a Casa Nova, un cafe chic. Un pretre irlandais m'interpelle. Je le rejoins, lui et les soeurs Barbara et whatever. Americaines.

Mon calvaire n'est pas fini.

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