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09/02/2012

L'auteur, l'auteur

Comme on accuse ce blog d'être de mode je voudrais faire le 2ème billet théâtre de l'histoire de La bienveillante.


Le premier se plaignait de la teneur du propos, le second visera l'interprétation.


On m'a proposé de m'inviter à voir un spectacle et pour en connaître les détails j'ai tapé quelque chose de Freudien sur Google, c'est-à-dire "L'être au père" et je n'étais pas loin du titre original mais quand même Kafka était plus matter-of-fact qu'on ne le penserait et rédigeant une missive à son géniteur le texte a pris le titre tout naturel de "Lettre au père".

Théâtre, spectacle, critique, kafka, littérature


Aux Bouffes du Nord il était lu par un comédien de théâtre, ceux qui jouent tous les soirs des histoires entières, n'annonent pas des bouts de phrases plusieurs fois de suite alors qu'on les y encourage par un mot qui désigne l'une des pièces centrales d'une voiture. 
Autant dire quelqu'un, le comédien de théâtre, qui teste votre goût des petits pas, des minuscules avancées, du sur-place, votre patience dans les embouteillages.


Jean-Quentin Châtelain, probablement excellent interprète de Beckett, l'auteur à succès des sociétés à pyramide des âges inversées, m'a exaspérée dès son entrée en scène, dès qu'il à décidé de faire de Kafka un être paumé, hésitant et alcoolique, défait par papa.

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Je fermai alors les yeux pour entendre le texte et me le répéter dans la tête comme j'aurais voulu l'entendre, avec sécheresse, un désespoir qui serait aussi sec et mordant qu'un hiver. Pas pluvieux, pas des tonnes de "euh" comme a fait Jean-Quentin. C'était du boulot cette façon d'être au théâtre justement après une journée de travail et j'ai fini par m'endormir.


Puis a la fin, après avoir participé à nourrir les applaudissements pour ce pauvre hère qui s'était donné du mal même au prix de mon agacement,  j'ai descendu en flèche le spectacle auprès de la personne qui m'y avait invitée, on aurait dit que je pouvais être aussi odieuse que le père de Kafka, sans égards.


La question qui se posait ensuite était de savoir si "Lettre au père" était un texte dont Jean-Quentin avait le droit de s'emparer à sa guise pour s'adresser au sien ou s'il avait le devoir d'incarner Kafka, bien ou mal, mais en ayant le souci d'en être le représentant. 

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Si on reprenait un texte autobiographique, la personnalité de son auteur pouvait-elle s'effacer au profit des mots ?

A tout hasard, si on reprenait les mots de Guéant en oubliant le personnage, comment sonnaient-ils ?