18/08/2008

Le chinois de base

Des années en arrière, j'ai passé 1 mois en Chine avec un petit-copain.

Cherchez l'erreur.

Depuis, je drague les chinois. Je sais qu'ils sont drôles. Mon Sidi Brahim à moi était tenu par des chinois mutiques. Ceux de la rue de la Roquette, précisément.

J'ai déployé des trésors de calineries pour me faire accepter. Au bout de 2 ans, un dimanche soir, ils m'ont demandé si j'avais passé un bon week-end.

2 ans plus tard, alors que j'ai entretemps déménagé, je croise la femme en rade avec sa camionnette sur un pont de Paris. Elle m'arrête, je suis en vélo, et s'esclaffe de rire avec moi.

Direct comme le petit prince et le renard.

On a logé quelques temps chez un expatrié, là-bas. Comme tous les expatriés, il prenait les chinois pour des débiles.

Y a peu de gens pires que les expatriés, sur terre.

Par exemple, il avait une conversation en chinois assez normale avec un serveur puis se retournait vers nous et l'accablait en français.

beijing-restaurant.JPG

Nous, malheureusement, on ne parlait pas la langue.

C'est devenu un exercice linguistique.

Si on veut une bouteille d'eau, je ne conseille pas de dessiner une mouette (un accent circonflexe inversé) sur une mer (des ondulations les unes sur les autres). Un habitant de Chine, ça ne lui dit rien. En revanche, imiter le coq (cocorico) fonctionne, on obtient bien un poulet.

Arrive un moment où l'on est trop fatigué pour obtenir ce que l'on veut. On se laisse perdre dans un bus, incapable de trouver la bonne ruse qui nous permettra de demander notre chemin.

On a embarqué sur un bateau pour voir le barrage des 3 gorges avant que la région ne soit inondée.

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Prévoyants, dans notre petite cabine, on avait entassé du vin blanc de la murraille de Chine (un délice). La veille de cette fabuleuse excursion, nous avons enduré une scène de ménage dans notre petite cabine. La nuit entière, nous sommes entiers.

 

Le lendemain matin, notre couple raccomodé a raté la fabuleuse excursion.

A Shanghaï, la pile electrique qui me servait de copain s'est écroulée. Je me suis débrouillée pour l'amener à l'hôpital, accomplir les formalités avec l'assurance.

Il aurait dû se montrer reconnaissant. Mais il pensait vraiment qu'il allait mourir. J'étais assez convaincue qu'il y avait une chance qu'il meure.

Il ne m'a donc pas pardonné mon efficacité dans ces circonstances.

Au final, j'ai une théorie sur la civilisation chinoise.

Imaginez un graphique.

image001.gif

 

Sur l'axe des abscisses (x) on pourrait mesurer le caractère plus ou moins individualiste des membres d'une société.

Sur l'axe des ordonnées(y) on mettrait le côté bon vivant.

Les français, sont plutôt individualistes mais assez bon vivants. On pourrait mettre plein d'autres pays sur ce graphique. Les mexicains, les maliens, les allemands etc...

Les chinois on ne pourrait pas. Parce qu'on ne sait pas interpréter ce qui se passe. Les axes sont pas les bons. On se tromperait à tous les coups.

Voilà.

14/08/2008

Coach me if you can

"Ca pèse rien ! C'est dans ta tête que c'est lourd !"

L'entraîneur criait ça à Vencelas Dabaya.

197 Kilogrammes.

"C'est pas lourd. C'est dans ta tête que c'est lourd".

Une variante. Toujours hurlée.

 

Vencelas n'a pas soulevé les 197 Kg mais a quand même obtenu la médaille d'argent en haltérophilie.

Le coach, pas fâché, l'a serré dans ses bras.

 

A quoi sert un entraîneur ?

La relation Paresseuse / Garde-Chiourme n'est pas très magique.

«Il a intérêt à avoir de l’autorité sur moi car sinon je ne m’entraîne pas beaucoup».Dit Manaudou à propos de son frère, alors futur entraîneur.

"Elle part parce qu'elle a envie de moins travailler. Elle fuit le travail"Confirme Lucas.

Elle a raison. C'est un sport débile, de toute façon.

 

Au fond de lui, Lucas est un mac :«Quand tu fais l'amour à une jolie nana, tu ne vas pas te contenter d'une fille lambda le lendemain. C'est pareil pour moi dans le choix de mes nageurs, je ne prends que les meilleurs.»

Sa nouvelle entraîneuse, c'est Camilla Potec.

 

Les mots de la mi-temps ? Ce que j'aime bien chez Jacquet, c'est qu'il se force. C'est un bon gars, dans le fond.

Pour être au top, doit-on être traité de nul ?

Imagine-t-on Rachel Zoé* crier à Paris devant son armoire : "Tu veux t'habiller comme Fergie, hein ? C'est dans ta tête que t'es moche. T'es pas moche. Tu veux ressembler à une romanichel ? C'est dans ta tête que t'es vulgaire."

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Pour se surpasser, doit-on être humilié ?

Prenez moi. J'ai eu une sorte d'entraîneur, un directeur de thèse. Il a plutôt joué le rôle d'une nounou (maman ?) consolante et encourageante. Et rien d'autre n'aurait "marché".

Il y a le bien connu entraîneur papa. Guy Roux qui s'en va repérer "les voitures de ses joueurs sur les parkings des discothèques de la région pour les remettre dans le droit chemin, ou plutôt au lit."

Soit les mots de l'entraîneur du nageur Alain Bernard, bien avant qu'il aille décrocher une médaille d'or : "Au quotidien, je m'applique à lui donner une image sereine, je prends sur moi et je me dis souvent: "Denis, calme-toi, calme-toi!". Je suis à l'affût des moindres détails dans son comportement, son coup de bras, la seconde à laquelle il va s'hydrater. Donc, il faut que je me calme. Si je perds pied, je ne vais pas l'aider."

Qui aurait anticipé une victoire de sa grenouille dans ces mots plutôt fébriles ?

Mais voilà, ce Denis Auguin croyait en lui.

Qu'importe la méthode, l'entraîneur, il doit croire plus que toi en toi.

 

* Rachel, si tu me lis, manifeste-toi. Je mets rien d'autre que mes t-shirts que j'ai en 4 exemplaires je vous rappelle.

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