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14/09/2012

Et moi suis sur Marilyn

La semaine se déroulait comme ci : journée, visite de gardiens, soirée, vie de Monroe.

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Matin et après-midi on parlait de vomi et d'urine dans les ascenseurs – pas de chiens vue la hauteur du jet et, finalement, elle me l'a avoué, la gardienne, l'odeur, moins amère. Comment s'occuper de merde dans des escaliers de secours je connais aussi la technique. Je vous garde, lecteur, je ne développe pas.

Et le soir, Chérie je me sens rajeunir, Rivière sans retour, Some like it hot et pourquoi Norma Jeane était pas heureuse malgré que tous les gars voulaient coucher avec elle sauf Tony Curtis qu'a un nez de cochon à mon humble avis.

Alors oui, pas mal des gardiens étaient passés par un cancer ou un opération des deux épaules, l'une et un an après l'autre et s'enorguissaient de ne pas avoir à présenter leurs papiers face aux jeunes cagoulés qui interdisaient l'entrée des halls aux « étrangers », mais Marilyn perdait ou détruisait ses bébés et je croyais pas qu'un seul d'entre eux était plus malheureux qu'elle l'avait été.

Dans Blonde, dans la mesure où c'était écrit par Joace Carol Oates, le plus grand écrivain contemporain (américain ?) mais tout le monde n'en a que pour l'impuissant, Roth, c'était formidable on la prenait total en pitié, avec sa chevelure « barbe-à-papa » qui s'accompagnait d'une décoloration à l'eau oxygénée du pubis, paie ton icône.

(j'écris en mangeant du steack haché à la main, mon style)

Incinérer un chien est cher, la crise, une des conséquences de la crise, par exemple, était, m'expliquait un gardien, que les gens jetaient leur chien mort dans les containers PAS PREVUS A CET EFFET.

Ils vivaient dans le même monde, le truc chouette, celui qui jetait son chien décédé dans le container (le mot professionnel pour « poubelle ») de son immeuble et celui (peut-être le même ?) qui adulait Mari-lyn et n'avait pas été insensible aux goodies commercialisés pour l'anniversaire de sa mort.

 

C'était ça que j'entendais depuis le début par « mini-vie moderne ».

05/03/2012

Vacances victoriennes

Je me suis délabrée pendant 7 jours.

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Surmenage, reconstitution de mes forces vives, trop d'aller-retours en Province les yeux rivés sur la montre pour calculer la probabilité de rater le seul Paris-Arras direct de la matinée et le degré de gravité afférent à mon retard, un corps qui se démène pour me contrarier de mille petites façons, jamais assez pour être déclarée inapte mais dans un tir concentré suffisamment nourri pour faire de toute journée une gageure.

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Je suis restée dans ma tanière cependant me fallait m'évader du pays, des actualités, du temps présent alors j'ai plongé dans Quelle époque !

Un gentilhomme des postes britanniques, Anthony Trollope en est l'auteur, contemporain de Dickens, Thackeray et George Eliot, connu en sa contrée, boudé en France, traduit tardivement.

Lui voyageait aussi régulièrement en train à travers l'Irlande mais se réservait de 5h du matin à 8h un temps d'écriture. Homme industrieux, 47 romans au compteur, plus que Voltaire, se plaisait à dire le bonhomme.

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On y cherche du fric, dans cette société, le moyen de paraître sans avoir à trimer, tout n'est qu'argent, prêts, arrangements, dettes et crédit.

Alors on y prend en pitié ces Lords désargentés aussi bien que désoeuvrés, sommés de chasser l'héritière fortunée même de bien piètre extraction, malheureuse la fille de commerçant, convoitée autant que méprisée.

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Il y aurait des raisons de faire à Trollope le procès intenté aux cinéastes français, chroniqueurs des peines de coeurs de la bourgeoisie parisienne universitaire insensibles au contexte social.

La classe laborieuse et ses bouleversements interviennent peu dans ce qui est néanmoins une peinture de l'époque victorienne et de sa nouvelle reine, la City.

Les montages financiers y sont bien compliqués, les chemins de fers n'ont pas besoin de se construire pour que le cours de leurs actions monte, monte, monte.

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La presse, oui, comme nous, tel ce journal "censé informer tous les jours ses lecteurs de tout ce qu'avaient dit et fait jusqu'à 2 heures de l'après-midi tous les gens importants de la capitale et prophétiser avec une précision prodigieuse ce qu'ils diraient et ce qu'ils feraient pendant les 12 heures à venir", Le Monde, tiens par exemple.

La justice des forts et des faibles, on l'exprimait autrement la différence, "même si un Napoléon peut fort bien exterminer des tribus entières pour réaliser ses projets, on ne peut le juger avec la même loi que celle qui punit un jeune lieutenant pour sa cruauté envers quelques nègres", pas super politiquement correctement. Aurait-on traduit Bonaporte au TPI ? Les G.I pissent bien sur des cadavres.

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Je passais de l'époque contemporaine à la victorienne au fil de la semaine, tranquillement au lit, ménageant mon corps pour lui permettre vers la fin de choper une crève proprement afin de débuter mon labeur de nouveau fébrile.

Mais, tournant les dernières pages du roman, je tombais sur cette assertion troublante :

"On prétend que si l'on prenait un homme de qualités moyennes pour en faire un Premier ministre, du jour au lendemain, il pourrait vraisemblablement s'en tirer aussi bien que d'autres Premiers ministres, car la hauteur de la fonction élève l'homme à son niveau".

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C'est pas comme un créateur de papier-peint. Si on me propulsait créatrice de papier-peint, je ne ferais rien de bien.

Mais si, le 7 mai, se déroule un tirage au sort et que je suis élue Premier ministre, ne tremblez pas.

J'administrerai probablement mon pays dans la posture de Frida Kahlo, une sorte de Roosevelt en plus désarticulée, pourtant bien.

C'est ma morale, aujourd'hui boulot.

20/02/2012

ELLE Empire

C'est un service qui met en avant mes idées et ma personnalité.

Dès que je me connecte à Hautetfort pour écrire un billet, je suis assurée que je vais pouvoir mettre en avant mes idées et ma personnalité.

Mais laquelle ?

La lectrice de Be, la grande gueule politique, l'amie des petites bêtes douces et des corbeaux,  la féministe en sommeil, l'acharnée lectrice, la tiers-mondiste, la nécrologue avertie ou l'amatrice de sports collectifs ?

Ce qui est distrayant pour un lecteur m'est parfois troublant.

Jusqu'à la réception du livre de Fabienne Yvert, L'endiguement des renseignements. Avec le tampon "Service de presse".

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Mon premier.

Pas livre. Pas seulement. La première fois qu'on m'envoyait un truc gratuit parce que j'avais un blog.

J'ai adoré, en partie par vénalité.

Surtout : L'objet est fabuleux. SI ON VOUS ENVOIE SPECIFIQUEMENT A VOUS UN TRUC FABULEUX PAR TRANSITIVITE VOUS L'ETES AUSSI un peu.

Et puis, j'ai enfin pu rassembler mes troupes (des parts de "moi" tressautant), la blogueuse mode et l'auditrice assidue de France Culture.

Le livre est une "anthologie amusante des phrases poétiques ou abyssales du bas-bleu Emmeline Raymond recopiée par Fabienne Yvert dans La Mode illustrée — où ladite Emmeline, notoire auteuse de La Civilité non puérile, mais honnête (Fimin Didot frères et fils, 1873), née en 1828 à Czernowitz (Bukovine), répandait son immarcescible sagesse aux lectrices pleine d'interrogations".

La mode illustrée c'est l'arrière grand-mère de Be, débutant sous le Second Empire, s'achevant "à l'orée du Siècle" sous le régime de la IIIème République.

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"De 1860 à 1902, Emmeline Raymond crée et dirige La Mode Illustrée. La Mode Illustrée, c’est un peu l’ancêtre de tous les périodiques féminins, Elle, Marie-Claire, Avantages, Causette... Et 1860- 1902, c’est une période où, dans une France qui s’enrichit à toute allure, les femmes découvrent les charmes de la bourgeoisie et les angoisses du confort" (Attila).

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Une période qui m'est passablement inconnue et je n'aurai trop d'un dimanche pour m'en faire une idée. Aussi, ne nous soucions pas trop des subtilités constitutionnelles de l'époque.

Essayons d'être solidaire de ces bourgeoises angoissées par la modernité qui ne survivraient pas une journée dans la peau d'une femme du 21ème siècle même au 4/5. Ces héroïnes.

'"Etre femme au XIXe siècle ? Tout un programme en perspective et de sérieux problèmes si l’on veut ressembler à la figure modèle. Le moule imposé oblige à jongler avec mille ambiguïtés : élue reine du foyer, la femme excelle à diriger son « petit état » tout en étant irréprochable dans ses relations sociales, elle est à la mode mais non pas futile, intelligente sans être savante.

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Comment devenir cette créature idéale ? La presse de mode, en pleine croissance, se profile comme un miroir dans lequel les femmes peuvent se contempler pour y voir reflétée leur identité. Le journal de mode va créer une communauté où l’on se parle de femme à femme, ce qui l’autorise à distribuer des conseils non plus seulement vestimentaires, mais aussi comportementaux et éducationnels. La vie entière de la lectrice est prise en charge par cette presse spécialisée ; elle est guidée dans le déroulement des événements de l’année, chaperonnée par l’arsenal du périodique à tous les âges de la vie, événement après événement jusqu’au seuil de la mort." (Miroir, mon beau miroir)

Aussi, elles sont mal, portion contentée du peuple soit cher Victor (Hugo) mais incapables de décider quelle couleur de gants porter en fonction de l'heure de la journée.

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Emmeline guide ces femmes et leur distille DOs et DON'Ts, digne précurseur de Garance Doré.

"De même que l'on ne porte pas à toute heure des robes trop parées, on ne mettra pas, dès le matin, des gants de nuance très claire, et l'on ne portera en aucune circonstance des gants fanés, décousus,  dépouillés de leurs boutons, on adoptera généralement pour se ganter les tons bruns et chamois plus ou moins foncés, selon que la toilette est plus ou moins élégante; tout les gants sont maintenant à deux ou trois boutons pour la ville, à trois ou quatre boutons pour les toilettes du soir" (Article de La mode illustrée)

Cependant, les inquiétudes de ces dames n'ont de cesse de s'accumuler.

Donc Emmeline invente Twitter.

Nuance : Le papa de Twitter.

"Le courrier des lectrices menace d'engorger le journal. Pour suivre la cadence de ces femmes affolées, la rédactrice en chef, Emmeline Raymond, s'oblige à faire les réponses les plus brèves possibles. Pour gagner encore de l'espace, elle décide même de ne plus recopier les questions des abonnées, se contente de rappeler leur numéro d'inscription. Le résultat est délirant." (Ici)

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Fabienne Yvert a collecté ces pépites dans le bel ouvrage sus-mentionné.

Et voilà avec quelle classe il faut le lire, oui, Messieurs Dames, en Benetton

Délicieux, extravagant, on y pêche moults conseils de beauté, de mode, de décoration...

La meilleure pommade pour cheveux est la plus simple. On fait fondre au bain-marie de la moelle de bœuf et on y ajoute du rhum ou du parfum.

Les jardins étant peuplés d'oiseaux vivants, les oiseaux tricotés en laine y feraient pauvre figure

La toilette dépend, non des théâtres, mais des places que l'on occupe dans chaque théâtre...

Faux : ceci n'est pas un manuel de savoir-vivre mais une pièce de littérature.

Les serviettes à thé ne sont pas, comme les costumes, assujetties aux changements de mode.

Rien ne s'oppose aux deux vases

Il est plus facile de changer de journal que de changer un journal

Une chancelière pour un jeune homme ? Oh non !

Les couleurs indécises seront, je crois, à la mode l'année prochaine.

Il est inutile d'embrasser ses parents dans la rue

La couleur tête de nègre n'est pas noire

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L'originalité de la chose étant que l'on n'a pas connaissance de la question posée, qu'il reste à inventer !

Ce n'est point aujourd'hui que l'on peut trouver une ressource dans les vers

 

Et, ce n'est pas un détail pour moi, l'on y apprend comment nommer sa perruche.

On peut donner à sa perruche le nom qu'on préfère.

C'était pas si dictatorial que ça, le second Empire.

 

Puisque vous n'être pas une blogueuse mode très intellectuelle, il vous faudra dépenser 13€ pour l'acquérir.

Mais ainsi vous saurez :

Cette forme ne peut pas plus changer que celle des parapluies

 

 

09/02/2012

L'auteur, l'auteur

Comme on accuse ce blog d'être de mode je voudrais faire le 2ème billet théâtre de l'histoire de La bienveillante.


Le premier se plaignait de la teneur du propos, le second visera l'interprétation.


On m'a proposé de m'inviter à voir un spectacle et pour en connaître les détails j'ai tapé quelque chose de Freudien sur Google, c'est-à-dire "L'être au père" et je n'étais pas loin du titre original mais quand même Kafka était plus matter-of-fact qu'on ne le penserait et rédigeant une missive à son géniteur le texte a pris le titre tout naturel de "Lettre au père".

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Aux Bouffes du Nord il était lu par un comédien de théâtre, ceux qui jouent tous les soirs des histoires entières, n'annonent pas des bouts de phrases plusieurs fois de suite alors qu'on les y encourage par un mot qui désigne l'une des pièces centrales d'une voiture. 
Autant dire quelqu'un, le comédien de théâtre, qui teste votre goût des petits pas, des minuscules avancées, du sur-place, votre patience dans les embouteillages.


Jean-Quentin Châtelain, probablement excellent interprète de Beckett, l'auteur à succès des sociétés à pyramide des âges inversées, m'a exaspérée dès son entrée en scène, dès qu'il à décidé de faire de Kafka un être paumé, hésitant et alcoolique, défait par papa.

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Je fermai alors les yeux pour entendre le texte et me le répéter dans la tête comme j'aurais voulu l'entendre, avec sécheresse, un désespoir qui serait aussi sec et mordant qu'un hiver. Pas pluvieux, pas des tonnes de "euh" comme a fait Jean-Quentin. C'était du boulot cette façon d'être au théâtre justement après une journée de travail et j'ai fini par m'endormir.


Puis a la fin, après avoir participé à nourrir les applaudissements pour ce pauvre hère qui s'était donné du mal même au prix de mon agacement,  j'ai descendu en flèche le spectacle auprès de la personne qui m'y avait invitée, on aurait dit que je pouvais être aussi odieuse que le père de Kafka, sans égards.


La question qui se posait ensuite était de savoir si "Lettre au père" était un texte dont Jean-Quentin avait le droit de s'emparer à sa guise pour s'adresser au sien ou s'il avait le devoir d'incarner Kafka, bien ou mal, mais en ayant le souci d'en être le représentant. 

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Si on reprenait un texte autobiographique, la personnalité de son auteur pouvait-elle s'effacer au profit des mots ?

A tout hasard, si on reprenait les mots de Guéant en oubliant le personnage, comment sonnaient-ils ?

29/12/2011

Ce champ doit être renseigné (naissance de la psychanalyse)

On pouvait se déplacer à Vienne ou lire la notice Wikipedia de Thomas Bernhard, grouillant de citations suffisamment explicites sur l'atmosphère du lieu.

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"Nous Autrichiens sommes apathiques ; nous sommes la vie en tant que désintérêt général pour la vie".

Suffira-t-il de préciser les horaires d'ouverture des boutiques en cette période fiévreuse de fêtes de Noël pour vous en faire ressentir le Zeitgeist ?

Vous en demandez plus.

Notez néanmoins que du samedi 24 décembre 14h au mardi 27 décembre 9h, il ne put être question que le moindre magasin autre que de regrets souvenirs fut ouvert.

Ni pharmacie, ni tabac, ni supérette. Prenez vos précautions. Un sport national, dans cette ville bien trop fournie en coiffeurs, un signe indiscutable d'une pyramide des âges préoccupante pour le renouvellement des générations (si tant est que ce soit un but en soi).

Qui le sait ?

Ah.

Lui ?

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Il reste des bribes de vie, à Vienne, telle cette lettre manuscrite, conservée, de Freud à Schnitzler, dont je ne peux vous traduire le contenu bien que je connaisse un morceau de celle qu'il écrivit 3 semaines plus tôt (le 14 mai 1922) et qui dit : " Je vais vous faire un aveu que vous aurez la bonté de garder pour vous par égard pour moi et de ne partager avec aucun ami ni aucun étranger. Une question me tourmente : pourquoi, en vérité, durant toutes ces années, n'ai-je jamais cherché à vous fréquenter et avoir avec vous une conversation ?".

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Arthur a-t-il tenu sa langue ou était-ce là pure figure de rhétorique ?

Mystère.

(Un autre : conservera-t-on les textos que Gérard Miller envoie possiblement à Beigbeider ?)

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En tout cas, la mort d'aucun des deux ne sera annoncée dans France Soir.

Avec tout "ça" (des pulsions surtout), on en oublierait là où le coeur palpite, à Vienne.

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Les écuries !

(Vous avez pensé "Cafés Viennois", je me doute, je dois vous décevoir).

L'école espagnole d'équitation !

Les gars (les Autrichiens) sont des catholiques aussi, c'est bien un peu militaire (la germanité), l'entraînement du matin, auquel vous assistez en touriste accompli mais il y a également ces gestes d'affection envers les chevaux quand ils réussissent leur... tour, des petites sucreries données au creux de la main, les tapettes sur l'encolure.

Ca me fait penser.

Je n'ai pas encore évoqué mon expérience de CAVALIERE.

 

...

 

On y viendra sûrement.

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En bonus, le cadeau de Noël d'une petite fille viennoise qui s'est fait fichtrement avoir

24/11/2011

Le paradoxe de l'originalité

C'est moche.

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Pour sûr, c'est une bien triste vérité, pour les modeuses averties, de n'être jamais plus semblables aux autres que lorsqu'elles s'essaient à un peu d'originalité.

Prenez ce manteau, ni trench, ni trois-quart, pas militaire encore moins officier, pas plus boule que d'homme, ni pardessus ni redingote, pas cape pas robe de chambre, ni peau lainée ni évasé.

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Un hybride joli de l'hiver 2010, mi-duffle-coat, mi-parka, mi-paletot qui s'est arraché comme des petits pains au coût de 495 baguettes.

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Du tellement jamais-vu qu'il a fait craquer le coeur des avant-gardistes, sommées de se différencier.

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Mais dans une société qui exige d'innover, nombreuses ont été celles qui ont voulu se distinguer.

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L'engouement fut donc létal et tua dans l'oeuf toute velléité de s'illustrer.

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L'histoire ô combien moderne pourrait s'arrêter là, sur un nouveau mais petit échec dû au foutu besoin de se faire remarquer.

Malheureusement, en cet hiver 2011, le manteau Maje n'est toujours pas devenu un classique et continue de se faire repèrer.

Et il a essaimé, ersatz après ersatz.

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Nouvelle humiliation, pour les fashionistas friquées, et cruelle injustice : il est à la fois trop remarquable et trop porté.

Sa forme détonne et pourtant nulle rareté.

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Ecoutez, j'en croise au bas mot 5 par journée.

Faillite donc du capitalisme d'innovation puisqu'il ne produit pas réellement de la singularité.

Plutôt la frustration de n'être qu'une page de photocopie.

Or, personne ne nous ressemblera si nous ne cherchons plus à trancher.

Vouloir se démarquer, c'est déjà faire trop de cas des autres.

Aussi, ces sociétés dites de masse ne produisaient sûrement pas moins d'individualités.

On nous les vend, les anciens, comme un troupeau d'humains normés mais c'était leur liberté d'être indifférents à l'originalité pour laisser se déployer... de belles personnalités ?

Et je ne parle pas des princes et princesses de ces sociétés.

"Tant que l’ordre des choses avait permis aux privilégiés de faire des folies et de jouer aux originaux aux frais des pauvres gens, il avait été facile de prendre pour de la personnalité ces pitreries, ce droit d’être inutile dont jouissait une minorité aux dépens de la masse!
Mais dès qu’on avait vu se relever les humbles, dès qu’on avait aboli les privilèges de la bonne société, tout le monde s’était décoloré; chacun, sans regret, avait renoncé à une originalité de pensée qu’il n’avait jamais eue réellement"

Citation tirée de... Mais de quoi ? Trouvez !