23.07.2008

Ma valise bête

Toute cette préparation en vain.

Deja, amener des shorts dans un pays peuplé d'autant d'intégristes.

Ce n'était pas malin.

La robe très très longue ? A moitié transparente et au décolleté bustier. Elle ne sert à rien. Je lui ai juste fait faire un tour à l'American Colony. Le lieu luxueux de Jerusalem est, où ont séjourné Tony Blair, Sarkozi, mais aussi Saul Bellow. J'ai essayé de faire croire que cette horreur en provenance directe de la banlieue de Shanghai pouvait être une "robe de soirée". Dans la journée, un bijoutier du souk de la vieille ville m'avait créé en direct une parure cheap. Ca lui faisait plaisir. J'ai du la porter. Des cailloux verts principalement.

Là-bas, dans le jardin du restaurant, nous avons fumé un joint, quand a débarqué un type important de l'Autorité Palestinienne. Bon, il n'a pas moufté.

Pour ma seconde apparition dans les hauts lieux de Jerusalem, le bustier Vanessa Bruno rouille a, en revanche, été formidable. C'était une fête aux quartiers généraux des Nations-Unis. Mes B.O. papillons bien longues m'arrangeaient bien. Tous les humanitaires de tout bord qui maintiennent à bout de bras la rive ouest du Jourdan étaient présents.

Le chemin jusqu'à eux a failli m'être fatal. Je me suis retrouvée par inadvertance chez les arriérés. Un soir de Shabbat. J'ai couvert mes épaules, bras, je n'ai laissé que mes orteils dépasser. Il aurait dû neiger. Les types portaient des carrés de fourrure sur la tête, les femmes des perruques sur leur tête rasée. Aux murs des immeubles, d'immenses pancartes nous enjoignant de nous vêtir modestement. Je me glisse le plus discrètement possible dans les rues, mon casque sur les oreilles. Un type m'interpelle. J'enlève une oreillettes et je hurle "WHAT?". "Shalom Shabbat", répète-t-il.

Enfin j'arrive chez les occidentaux. Je choisis mon camp. Me suis accrochée aux anglo-saxons, 3 gars cousins de John Cleese. 300 dollars par tête de palestinien par an, dépense le monde. En Afrique, la somme est de 10 dollars. Déjà, ça, ça nous a fait rigoler pendant un bon moment. De plus en plus murgés, on a dérivé sur Eric Cantona, et sur comment une équipe de foot mi-arabe, mi-juive pourrait, well, you know...

La troisième sortie, plus facile. Un bar à Haifa. Légèrement déprimée, je rechigne à sortir. Pis, hop, je mets la robe BelAir. I'm in the modd for flirt. Encore une erreur, cette gentille robe, malgré sa bonne longueur. Poids-plume, elle se soulève au moindre coup de vent (La nuit à Haifa, pas de problème. La soirée à Jérusalem, ça craint).

Ce soir-là, je reviens à peine de la mer, une mer aussi chaude que mouvementée, une alliance délicieuse. Taquine, lorsque le mignon barmaid me demande pourquoi je suis là, je lui réponds que je suis venue visiter les checks-point de Cisjordanie. Nous avons l'occasion d'en savoir plus l'un sur l'autre. Rapidement, j'apprends que sa grand-mère, roumaine, est passée par un des camps de concentration. Je connais tous leurs noms, pas lui. Le grand-père s'est enfui in extremis d'un wagon. Ensuite, ils se sont mariés dans un camp de transit, à Chypre, attendant d'atteindre la terre promise.

Au fait, dans un de mes tee-shirts American Vintage, il y a 8% de cachemire. Du coup, il refuse de passer à la machine. Et je ne sais pas ce que ces petits bouts de cachemire lui apportent.

 

 

16.07.2008

Si je t'oublie, Jerusalem

Il n'y a pas 36 solutions.

Les decouverts et les couverts.

 

Soit les touristes. Nous qui sommes moderne les apprecions peu - un post-moderne pourrait differer.

Les plus stupides se couvrent la tete d'un foulard, bien qu ils portent un debardeur blanc moulant, transparent ET echancre.

Afin d'etre a coup sur reperables, la plupart sont vetus d'un short et d'une casquette qui hurlent "HI GUYS I'M FROM TEXAS"

 

Les autochtones. 

Le tchador, la combinaison militaire, les collants blancs.

Les amishs d'ici me fascinent.

Oui, me fascine l'endurance des petites filles en manches longues et collants, sous 30 degres.

J'adore l'espece humaine, sa facon de se mettre des batons dans les roues et de neanmoins survivre.

Les filles en camel sont uber-sexy. Mais en France, actuellement, la combinaison est sexy. Nous ne l'agrementons pas pour notre part d'une mitraillette.

 

Moi, j'ai tout bon.

La djellabah revisitee par Maje, grandiose. Une forme arabe pour un corps qui pourrait tout aussi bien etre juif que chretien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11.07.2008

Ma valise idéale / Le Fond et le Poids

J'ai toujours adoré la vie sous contraintes.

Quotidiennement, je dois m'habiller sans une once de noir, couleur attrape-poils-blancs-de-chat-et-de-chien. 

 

Cet été, les règles du jeu sont simplissimes :  n'amener que des vêtements souffle d'air.

Pour le style ? Hach nein.

Mon convoi de cet hiver jusqu'à Belgrade s'est soldé par un 31 au lit à 22h avec somnifère pour détendre mon dos capricieux.

Alors pas question de m'alourdir.

 

15 jours en Israël doivent tenir là-dedans. 

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La chemise de nuit ?  La plus (seule) sexy dans ma penderie.

Tout ce qui volète est sexy, on n'y peut rien.

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3 robes.

La soie, easy, le coton le plus fin hi hi !

Une vieille Maje de chez Ebay que personne ne voulait / Une belle de chez BelAir que tout le monde voulait

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Une discutable qui vient de chez les chinois MAIS gagne à être portée.

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Les jupes sont punies.

Le short n'est pas lâche donc pas rock, bleu foncé donc rock, à revers donc pas rock, en jean épais donc rock, à la Ouille Doillon donc...

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Surtout, je l'ai pas fait moi-même et même qu'il vient de chez Pimkie de telle sorte qu'on sent bien que les fils jaunes vont se filocher au fur et à mesure de mes pérégrinations.

Pour 19 euros hors-solde j'espère bien que les gamins qui ont trimé dessus l'ont gâché.

Un autre, noir, ma récompense de l'année puisque les bêtes ne seront plus là pour me tournicoter autour.

 

Au-dessus, on leur mettra les T-Shirts parfait.

2 mous, American Vintage et Gap, fournisseurs officiels de cocooning.

1 débardeur indémodable que je porterai encore à 80 ans, on verra p'tête mes nénés tellement il sera usé mais ça érotisera ma vieillesse.

1 de cette saison, YEAHHHH, celui en lin supposé être super quand il fait chaud mais vu que la matière est épaisse je comprends pas trop à moins que le tissage lâche permette à l'air de circuler, si un chimiste  passe par-là...

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 Et une blouse à imprimé stupide, infantil, bétifiant, puéril.

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Et puis c'est tout ?

Le lainage j'y ai pensé. Exit le Jean de 3 tonnes, vive le pantalon bleu en coton very Flare.

Enfin, le quelque chose d'inutile.

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10.07.2008

La cuisse d'Albator

L'hiver en ville, je m'en sors.

Parfois haut la main.

 

L'été en vacances, ce n'est pas possible.

Caucasienne à la peau très blanche, myope et brune.

 

Après une nuit dans un bus, je m'étais fait la réflexion, sous le soleil levant.

J'étais un petit cafard.

Autour de moi, de fraiches américaines ou suédoises.

Peau bronzée, cheveux lisses virevoltants. De blanc vêtues.

Moi, mes habits noirs, mes lunettes, des poils qui pointaient leur nez*, des plaques de rougeurs par-ci par-là, les cheveux entremêlés. Au naturel.

Soyons honnête.

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En plus d'être un insecte, peu apétissant,  j'ai la cuisse balafrée.

C'est comme ça.

Elle barre entièrement la droite.

Je m'y suis faite et l'oublie.

Pas forcément les autres qui ne vivent pas avec elle depuis 30 ans.

 

J'ai un malloit. Je pourrais en trouver un mieux.

Ca nécessiterait un passage en cabine.

A la suite de quoi, je troquerais mes billets pour le sud pour un aller simple en Laponie. 

J'évite.

 

Non, vraiment, je pleure ma mère, sous les Tropiques. 

  

 * Et question incarnation, plus forts que Cotillard et Testud réunis.

 

 

 

08.07.2008

1 espèce d'homme

Récemment, je passais chez Fonelle.

J'y laisse un commentaire innocent, sur ma tentative de fille moderne : porter des chaussettes dans des sandales.

 

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Un truc de 2006, pauvre de moi.

J'avais déjà essayé ça un hiver. Il avait neigé.

 

Mais là, Isabel, propose un nouveau challenge.

 

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Virginale en soquettes. Une simple inversion des longueurs : on raccourcit la jupe, on réhausse le talon.

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 Vu que la communication fait bien son boulot, j'en bave à mort. Même en version petit diable.

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Ni une, ni deux, je m'y adonne.

Bonne fille, je partage mon expérience, chez Fonelle donc. 

Eh là, un Monsieur s'excite "savoir si porter des chaussettes dans des sandales ouvertes c’est tendance ou non, je crois qu’on s’en cogne le cristal (c’est pas tendance, c’est juste moche et encore pire si c’est pour faire comme “dans les magazines”)".

Car "(pffff, c’est d’un passionnant tout ça)".

Notez je pourrais le dénoncer. Vous envoyer sur son blog. Si. Mais comme dirait Carla...

 

ET C'EST LA QUE JE SUIS FIERE DE MOI !

J'y réfléchis, à ce gars qui voudrait qu'on élève le débat.  

J'me dis : ça c'est un type un peu intello qui fait un boulot pas assez intello.

C'est la version de la pire espèce,  le "suis plus intelligent que tout le monde mais personne ne le sait".

Putain, pour sûr il a lu tout Nietzsche

Et son statut social n'est pas à la hauteur de ses méninges (ou si, mais lui ne le croit pas).

 

Avant de poursuivre, faisons-nous un peu de bien.

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Je mène l'enquête. Bingo. IL TRAVAILLE DANS LA COMMUNICATION. Même pas un vrai. D'intello.

 

Allez j'me la joue.

M'est avis que s'il était pas venu farfouiller par ici... Il ne m'aurait pas attaqué.

On ne tire pas sur une ambulance.

Mais la fillette pas décérébrée, il a voulu lui faire manger ses chaussettes. 

Parfois, c'est dur, le virtuel

 

* Marc Jacobs. Si.

 

ps : à la réflexion, c'était mérité.

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04.07.2008

Le problème avec moi

Rien de grave.

Une obsession subite pour les blouses à rayures bleues et blanche.

Les objets du délit :

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J'ai promis que j'arriverais à les différencier.

Celle de gauche s'appelle Mary-Kate. Celle de droite s'appelle Ashley.

C'est un début

 

Après, est-ce que ONTOLOGIQUEMENT elles sont différentes ?

i.e. ont-elles un mode d'existence différent ? 

i.e. bis chaque blouse renvoie-t-elle à une théorie de l'être différente ?

 

Mary-Kate est volumineuse, massive.

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 Ashley plus discrète, subtile.

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Déjà, suis pas super forte en accessoirisation.

Mary-Kate je saurai rien lui faire faire. Je vais la prendre comme elle est. A la Fadela.

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Minable.

Ashley, en 3 minutes elle m'a transformée en une fille top.

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Top, je m'entends.

Alors d'où j'ai besoin des deux ?

 

Bambi m'a fait remarquer que ça ne dâtait pas d'hier, mon idéfix.

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J'en ai 3.

Une vieille. De quand H&M et Zara n'existaient pas et que pour trouver des trucs un peu chouettes abordables, fallait faire les dépôts-vente.

Désagréable parce que tenu en général par des mégères.

3 dépôts-vente, 3 sorcières : celui rue de Trousseau, rue du Roi de Sicile et l'autre dans une rue perpendiculaire à celle du pas de la mûle.

Elles ont 50 ans, vendent des chaussures Stéphane Kélian que personne n'en a plus rien à foutre de lui.

Rue du roi de Sicile, la bonne femme t'enfermait dans son magasin, à clefs, quand t'y rentrais.

 

Et puis c'est revenu.

 

 

Les films de Hal Hartley.

D'abord il y avait Pearl, la copine tranquille, dans The unbelievable truth.

  

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C'est celle de gauche, elle porte des trucs tous doux. A droite c'est Adrienne Shelly.

Un destin tragique mais qui n'était pas imaginable.

Dans Trust Me, elle s'adoucit et finit fatalement par porter... du bleu clair rayé.

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 Et le jour où elle fait un film, Waitress, les costumes...

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Je ne l'ai pas vu pourtant.

Ces blouses rayées, ce serait mon passage de jeune fille torturée.

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A jeune femme assagie ?

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02.07.2008

Mini-prix mais ils feront le maximum

Parcours descendant.

Du plus luxe au plus cheap.

J'ai ouvert la cérémonie avec Chie Mihara... pour m'engouffrer dans un Etam.

 

Etam. la chienlit des marques accessibles. 

Vous n'en trouverez pas, des blogs qui en parlent. Une courageuse.  

Quand Lolita L. a collaboré avec, ça a vaguement fait des vagues

 

J'avais quand même vu un haut "pas mal".

En attendant de savoir si j'aurais celui-là :

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Un truc Sandro à 120 euros. Soit dans les 800 francs.

PAS QUESTION !

 

Placebo nécessaire pendant l'attente des jours qui s'écoulent avant la seconde où waouh, je gagne*

Donc après être passée chez Etam où bien sûr elle n'y était pas, j'ai aussi fait Kookaï.

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22 Euros. Pas mieux.

 

 

Trop obligée de la prendre.

J'explique : pendant que je l'essayais, 2 filles pas mal ont commencé à murmurer avec des regards approbateurs à mon égard, des regards furtifs dans le magasin pour voir si elle était à portée de main pour l'essayer elles aussi sans trop montrer qu'elles rêvaient de me copier

Dans ces moments-là, faut pas hésiter**. 

Avant cela, il y avait donc eu l'étape ETAM.

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 4,75 euros. Le juste prix.

On ne sait pas ce qu'on en fera, mais fallait oser***.

Puis, du molleton. Taille XXL. Ca tombe sur l'épaule.

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 Même prix, je crois. J'ai oublié. C'était TELLEMENT pas cher.

 

La pièce arty de cette sélection, le T-Shirt violet. Au maximum 6 euros.

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A l'air informe comme ça.

Que nenni. Sur chaque épaule, 3 minuscules boutons pour retenir les pans de tissu.

La pièce maîtresse****.

 

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Bon, à quand même 12 pièces de 1 euros.

Sérieux ?


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Soit des chaussures à 200 euros

Soit un t-shirt + une jupe à 18 euros

 

 Moralité

 L'équilibre monétaire vestimentaire c'est :

Prix des Vêtements = (Prix des Chaussures) / 10

PV = PC / 10*****.

CQFD.

 

 

* Au final 40 yuuuuuuuuros ! Une victoire. Un peu comme si j'avais reçu des dividendes sur des actions que je n'ai pas.

** Les deux blouses se ressemblent. Mais si on y pense, pas tant que ça.

*** Ultra-prémonitoire, ça va trop bien avec ma jupe en jean taille haute que je viens d'avoir. 

**** Elle m'a convaincue : "Ma prochaine quête existentielle puisque je n'ai pas de mini en denim blanc et que ça me contrarie depuis cet épisode de Damages où l'ex-future belle soeur d'Ellen crapahute avec sur le parking de la boîte de nuit... Mini blanche, avec blouse ample resserrée à la taille, imprimé végétal rouge et blanc, bronzage. Tuerie. Mais je m'égare. Cet été, en ce qui me concerne, la mini blanche ira avec tout. On s'en reparle."

 *****Il faut toujours porter des chaussures 10 fois plus chères que le prix de l'ensemble de la tenue. Du coup, pas évident de trouver les bonnes donc quand on porte une jupe Comptoir des Cotonniers avec une blouse Isabel Marant relevée d'un gilet Vanessa Bruno. Je vous ai trouvé ça.

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Balenciaga par Nicolas Ghesquière
3925 €
En bonus, le numéro de téléphone : 01 56 52 17 32

 

27.06.2008

La sagesse en solde

A force d'être martelée de conseils dans les magazines.

Je les applique.

 

Faire le point sur ce dont on a "besoin" 

Acheter de beaux basiques

Les repérer avant

 

Et c'est tout.

Des embûches néanmoins.

Soit mon débardeur en lin rose saumon

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La caissière qui le porte me vante ses propriétés thermiques. Et me conseille d'élargir ma palette de couleurs.

D'en acheter un autre, donc.

Je risque de le regretter, sinon... 

 

Il me faut un gilet à manches courtes.

Ca me semblait stupide.

Mais il existe quelques jours dans l'année où le besoin s'en fait sentir.

Quand on aime on ne compte pas les jours. 

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Je le prends en magasin un peu soldé, alors qu'il existait sur Ebay, neuf, pour moins cher.

Et que je le savais.

Mais, la peur de manquer... 

 

Un autre gilet m'est nécessaire, celui-ci bêtement à manches longues.

Dans mes rêves il se nomme APPLE et est disponible au même comptoir que le précédent.

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Of course, j'apprends la veille du jour S qu'il fait partie de la nouvelle collection.

Le traquer fébrilement aux enchères ?

Attendre, quoi, 7 mois, les soldes d'hiver ?

Nein !

Je furète à la recherche d'un pis-aller.

Et là, nouvelle bombe d'une jeune vendeuse quand j'en essaie un en M.

Moi : "ça fait pas trop grand ?"

Elle : "Non ça ne me choque pas".

Que j'ai pu l'entendre cette phrase.

A proscrire ! A ne jamais prononcer devant une cliente hésitante !

Dans ces cas toujours retourner l'adversaire, la meilleure défense c'est l'attaque : en faire un plus de cette bizarrerie.

"ça se porte comme ça"

Mentez, donzelles* !

 

Me faut aussi une robe à bretelles.

Aérienne.

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Je l'ai à peine empoignée qu'il m'est annoncé que c'est LA DERNIERE sur tout Paris.

Je l'ai prise.

Après moi le déluge.

At home, j'apprends sur un blog que je l'ai payée trop chère.

Pas le coeur de m'infliger une énième humiliation en allant vérifier que dans le monde virtuel il y a 50 autres petites dernières. 

 

A force de me faire avoir par les autres êtres humains.

J'en viens à me mystifier moi-même.

Je commande une blouse de créatrices donnée.

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Pas celle-là mais quand même.

Avec le même imprimé.

Des volants de petite taille qui volent effectivement dans un océan couleur framboise.

Ai dépassé la trentaine.

Pas de beaucoup remarquez.

M'enfin**. 

 

* J'en ai trouvé un bien, au final, don't panic.

** oui, oui, vous ne rêvez pas, je n'ai acheté que des trucs roses. J'étais pas partie pour. 

 

 

26.06.2008

Sales on shoes

Une mini-vie moderne nécessite de participer aux rituels de son époque.

Les SOLDES, soit.

 

Il faut l'avouer, je trépigne depuis plusieurs jours. 

La société ne serait que de consommation ?

 

J'ai rempli la veille mon panier Sarenza*. En espérant comme promis (par un blog quelconque) qu'en une nuit son prix serait diminué de moitié.

Las, cela ne s'est pas produit.

Aussi, je voulais des bottines et des richelieu à talons bien de saison.

Ou bien, la consommation s'est démocratisée ?

 

 

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Ces dernières ne sont même pas soldées. En boutique si. Mais n'existent plus.

Les 2 tournent autour de 80. Mais acheter du pas ou peu soldé le premier jour des soldes, that's so depressing ! 

Une biographie de Joséphine s'alarme de ses dépenses somptuaires en vêtements, bijoux, colifets

 

Je ne me décourage pas et vers 10h, me dirige en direction de Garrice.

Pour des Chie Mihara. La saga continue.

Une boutique est nichée bizarrement pas très loin de chez moi, Boulevard de Charonne (40), à 1000 lieux du coeur fashion de la ville.

Mes Chie achetées plein pot chez Manoush, je l'ai ai vendues moins 40% du pot sur ebay. Pour cause de talons vertigineux.

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J'ai repéré un modèle chez en vendeur ebay allemand. Puis me suis dégonflée.

Dans Pride & Prejudice, que de plaisir ont les demoiselles à aller chercher des coupons de tissu à la ville 

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Je veux être sûre et certaine et convaincue que je les aimerai et qu'elles m'aimeront.

Pof, elles sont chez Garrice. 

Même prix que chez l'Allemand, 140 (!!!), sans frais de port.

Pour jouer le jeu, j'hésite une heure avec les noires en cuir.

Ma voisine podologue s'achète le modèle pour petite fille. Presque aussi moches que celles-là.

Au Mali, l'un des pays les plus pauvres au monde, que d'élégance chez les femmes, 1 tailleur au m2 

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Terribles si on est passionné par la gériatrie.

Problème : elle préfère les beiges en daim.

Ma philosophie du conseil, c'est de faire le contraire de ce qu'une personne à laquelle on ne veut pas ressembler vous dit de faire.

Mais beige c'est la couleur de la saison, mais je m'habille jamais en noir pour causes d'animaux blancs en mue permanente, mais j'ai pas la dureté qui va avec les noirs, mais les beiges vont mieux avec le bleu des jeans que j'use jusqu'au trou sur le fessier.

Pourtant, j'aimerais tellement avoir cette dégaine, plébiscitée par toute trentenaire qui se respecte.

  Il y a 2 siècles, les femmes ne disposaient que d'un maigre trousseau, 2 chemises, 3 jupons.

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Ah, ah, une parade : les noires en cuir seront plus SOLIDES.

Je tiens 10 minutes sur cet argument.

Puis vaincue je les prends... en beige ! 

Le GLAMOUR ne passera pas par moi.

 Oui, applaudissons à la société où plus de monde peut consommer !

 

 

* Je n'ai jamais acheté chez Sarenza. Mais c'est un outil incomparable pour comparer les hauteurs de talons. J'adore imaginer la paire de mes rêves en multipliant les critères et voir si elle existe. très sympa quand on n'a rien à faire.

 

 

 

20.06.2008

Etre unique

La mode, c'est toutes aimer les mêmes vêtements au même moment.

Autant dire que ce n'est pas très classe... 

YSL nous tacle par derrière :  "J'ai toujours cru que le style était plus important que la mode. Ils sont rares ceux qui ont imposé leur style, alors que les faiseurs de mode sont si nombreux" (1993).

Relisons : il parle de lui et des autres couturiers.

Les faiseurs de mode, dans son esprit, c'est peut-être Karl ou Marc ou Tom*.

Et Coco (la mode se démode, le style jamais) ?

Hypothèse basse : Se tenir à un style en faisant fi des modes.

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Hypothèse haute : Si l'on a du style, on pourra bien adopter toutes les modes.
 
 
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Conclusion : Avoir du style, c'est lancer les modes.

 

Et c'est en voyant les choses sur les autres qu'on en a envie...

Or, voilà qui est déplaisant.

Déjà à l'école, être une copieuse, c'est être une nulle.

Un exemple de suivisme récent : un pantalon carotte qui nous a rendu maboules.

Et pourtant.

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Maboules et gênées.

De ne pas être originales

De sombrer dans la fashion-victimisation totale, comme dirait une jeune fille pointue.

 

NE PAS ETRE COMME LES AUTRES.

Voilà notre revendication... A tous.

Comme le dit assez bien Ehrenberg.

Dangereux, car fatigant d'être soi. 

Absurde, car paradoxal : si l'on veut TOUS être UNIQUES, nous sommes TOUS PAREILS.

 

Eloge de l'Imitation 

 

La mode, est-ce une chape de plomb qui nous oblige ou un désir contagieux ?

On peut débattre sans fin**.

Ce serait bien de "penser par soi-même".

Malheureusement, les expériences de psychologie sociale montrent que nous avons tendance à suivre les autres. 

Une marque de faiblesse ? Ou d'intelligence ?

De même que les illusions d'optique sont aussi des hallucinations utiles.

Copier, c'est utiliser les expériences des autres. Un gain d'énergie.

 

ET SURTOUT 

Personne n'est pareil.

Betty en SarouelTokyioBanhbo en Sarouel

 

Nonobstant, il y a des moments où cela importe, de faire preuve d'initiative.



 

* En 1999, Tom Ford prend les clés de la maison Yves Saint Laurent et en 2002, lors de la présentation de sa dernière collection, Yves Saint Laurent déclarait, sans détour : “Pour moi, le “porno chic”, c’est de l’ignominie, c’est ce qu’il y a de pire. Des horreurs propagées par une petite clique, un petit milieu de la mode qui fait beaucoup de bruit, mais qui est loin de la vie”.

 ** 26 juin 2008 - Conférence contradictoire entre Gabriel Tarde et Emile Durkheim
Pour fêter la fin de l'année universitaire, la Direction scientifique vous invite à une rencontre exceptionnelle entre Gabriel Tarde, professeur au Collège de France & Emile Durkheim, suppléant à la chaire des sciences de l'éducation à la Faculté des lettres de Paris. Cette conférence contradictoire, qu'ils ont tenue en décembre 1903, à la demande du doyen Alfred Croiset de l'Ecole des Hautes Etudes Sociales, fondée par Madame Dick May,sera rejouée à Sciences Po par Dominique Reynié (le doyen), Bruno Karsenti (Durkheim), Bruno Latour (Tarde). Elle sera suivie d'un débat entre les acteurs et le metteur en scéne Frédérique Ait-Touatti. Amphithéâtre Jean Moulin 13 rue de l'Université, le jeudi 26 juin 2008 à 18h précises.

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