09.12.2009
Fais de ton mieux / Make Up

Taylor Momsen, 16 ans, star interplanétaire, il est interdit de vomir sur cette page.
Rien ne nous a préparé à nous maquiller.
Tout nous a préparé à nous tartiner.

Nicolas de Staël
Des doigts pour tâter la couleur et l'étaler ? Première année de maternelle, souvenir vivace, les mains toutes rouges ou toutes vertes ou toutes bleues, seules nuances perceptibles à notre regard assez fruste.
A l'âge de l'adolescence, on a plongé dans le make up, avec une jubilation proche de celle d'une carrosserie prête à recevoir sa première couche.
On aimait les gommettes, on s'initie aux paillettes, qui promettent d'apporter un peu de night à la boum.
L'irisé est aussi prisé, vernis glamour d'une bouche qui suçote sa Kronenbourg.

Nicolas de Staël
Au fil de la vingtaine, on délaisse les apprêts trop évidents. Le mascara en cake se craquele sous notre indifférence. Les poudres s'évaporent. Le rouge bleuit.
Plus question d'avoir la gueule enfarinée.
Quoi, tu me prends pour une Honda volée ?
La carlingue vogue au naturel, brute.
C'est bien, ça.

Nicolas de Staël
Quand...
Quand tout d'un coup...
Quand sans crier gare et de fait sans égards, la trentaine nous terrasse.
Passons complètement sur ce qu'est une femme de 30 ans, l'âge des presque-plus-rien-n'est-possible.
Concentrons-nous absolument sur la peau d'une femme de 30 ans. Minable. Éminemment Rattrapable.
Tout désapprendre. Ne plus se colorier. Pas masquer, pas tricher, pas recouvrir.
Aller de De Staël à Rothko.

Le meilleur anti-cernes du monde ne se met pas sur les cernes.
Prenez la couleur noire, là.
Comment la dénoircir ?
Une couche de blanc par-dessus ? Pour faire du caca gris ?
Tu vaux mieux que ça.
Détourne notre regard, aspire-nous ailleurs, donne de la lumière intérieure au noir.


Laisse tes cernes vivre leur vie, paisiblement.
Mets du lemon aid sur tes paupières.
Ne sois pas suspicieuse, ça encourage les rides, je ne suis pas payée pour te donner le meilleur conseil de ta vie.
La preuve je peux écrire : "ces connards de chez Benefit te disent que c'est un correcteur ou une base POUR les paupières, quels abrutis chez Benefit ils connaissent pas la valeur de leurs produits, c'est un anti-cerne qui ne se met pas sur les cernes. Les autres produits Benefit c'est de la grosse daube hors de prix" Convaincu ?
Un anti-cernes à la Rothko, c'est tout.

08:54 Publié dans Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : maquillage, anti-cernes, art contemporain, taylor momsen, gossip girl, benefit, lemon aid
16.11.2009
Ne pas aller au bureau nu (idée n° 3)
Gossip est une option plus actuelle qu'Ally pour trouver l'inspiration "Look de Bureau".
Plus inventive aussi ?
Oui.
Mais.
Laissons la collégienne au japonais lubrique.

Non aux chaussettes hautes, aux bretelles rouges sur polo blanc.
Le mini-kilt avec stilettos tu abhorrereras
Le style Sex and the City, ciao bella.

Le bonnet en crochet tricolore à rayures, oublie.
Le collant chair tirant vers le blanc sur tailleur-jupe blanc, passe ton tour.
Que penser de l'option collant de couleur rouge ?








Au cas où l'achat d'un manteau sans manches vous paraitrait un poil superfétatoire.
Un top flou gris
Une ceinture rouge.
Des mocassins à talon
J'avais prévenu que ce serait décevant.
08:26 Publié dans Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gossip girl, série télé
09.11.2009
Emmanuelle Alt - One moment please
Qui ? Qui serait mon Olivier Zahm ?
Oui, qui j'avais choisi pour franchir les obstacles humains menant à la joie [une soirée FIP au Pavillon de l'Arsenal par exemple] ?
Une fille aux cheveux longs foncés, suffisamment connue pour être dans les tablettes, assez pointue pour être inconnue des videurs.
J'avais jeté mon dévolu sur Emmanuelle Alt.
Qui ?
Quelques fans sur la planète blog (une-telle la proclame égérie du chic parisien, une autre se déclare toujours à son affût).
A légèrement frappé les esprits cet été, maîtrisant l'art du sarouel, jusqu'à lui conférer une urbanité évidente.
Quand d'autres sont plus aptes à conférer de la ruralité aux habits (ci-dessous sa patronne, M'ame Roitfeld).

Pour moi, elle avait juste un visage suffisamment banal pour que j'ose tromper le monde.

J'aurais rentré la tête dans les épaules.
C'était il y a très longtemps. En réalité, je n'ai jamais tenté l'astuce. Je n'ai aucune idée de sa vie nocturne, peut-être aurais-je été rembarrée, démasquée. Horrifiés, mes voisins de queue se seraient vivement écarté de moi, je me serais tué d'être si sotte.
Aujourd'hui, en me demandant qui elle était, j'ai appris que cette femme au look de bikeuse régnait sans partage sur les garde-robes de centaines de millions de filles.
Dixit et démonstratit par MODE OPERATOIRE et Café Mode (jour 2 et jour 3)
L'épaulette-mania ? C'est elle. Les clous. Sarouels. La panthère. The glitter.
(Photos by Café Mode :)


Faut dire, consultante, c'est un boulot génial.
Ca consiste à crier : "MAIS VOUS FAITES DE LA MERDE". Non, faut aussi donner des caresses aux clients. Leur trouver des ATOUTS. Leur balancer aussitôt leurs POINTS DE VIGILANCE et si on veut frapper un plus gros coup, leurs FRAGILITES.
Puis il faut se débrouiller pour leur faire oublier qu'on n'a pas de solution de rechange.
Alt, on ne peut pas lui enlever ça, elle en a fait des préconisations. En toute franchise, ça me fait plaisir de l'accueillir dans ma penderie. Je râle pour la forme mais l'affirme haut et forme : L'élève a dépassé le maître.

08:55 Publié dans Kill your idols, Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : emmanuelle alt, épaulettes, vogue, magazine, presse, isabel marant, balmain, carine roitfeld, christophe decarnin
27.10.2009
Jamais de total look / consigne N°2
Vous avez eu une nuit pour me mépriser.
"Pfeuh, on le savait déjà"
Vous admettez sans difficulté que le costume Paul Smith réclame un cabas en cuir H&M ligne Homme. Vous mariez easy cardigan Agnès b. années 90 et mini Maje en cuir. Le V Neck American Apparel s’embellit au contact d’une veste Cardin vintage. Les boots Maison Martin Margiela Ligne 1 ne dévoilent leur finesse qu’accompagnées d’un bon jean Wrangler brut.
Sinon ça fait déguisement.

Et pourtant, pourtant…
CERTAINS D’ENTRE VOUS PERSISTENT A PENSER QU’ON PEUT APPRECIER ANNA KARENINE SANS LA LECTURE REGULIERE DE VOICI.
Or, nulle part ailleurs pourrions-nous rencontrer des Madame (ou Melle ?) Karenine contemporaines.

Prenez moi. Un de ces soirs, j’ai commencé par un documentaire sur l’Allemagne vaincue de 1945 parcourue par l'écrivain Suédois Stig Dagerman (auteur de Notre besoin de consolation est impossible à rassasier) . J’ai du interrompre le programme parce que cela angoissait trop Bambi (si vous voulez en savoir plus sur sa vie, je l'ai déjà évoquée ici).

Pas de souci, Bambi, j’lui ai dit. On a zappé sur Bordeaux-Bayern. En douceur. Ca m’a permis de continuer à deviser dans ma petite tête sur l’âme allemande.

Exemple: si on accepte l’idée selon laquelle le foot allemand a certaines caractéristiques culturelles propres à leur nation (comme « ils mettent des mines » ou « ils n’abandonnent jamais »), on comprend éventuellement pourquoi ce pays s'est relevé d'un traitement qualifié d'inhumain par Dagerman.
Ou alors, s'étant relevé du nazisme et de l'après-guerre, les allemands ont-ils développé une croyance phénoménale dans l'idée que rien n'est jamais fini, foutu ? Croyance magnifiquement exemplifiée par leur foot (ils ont perdu ce soir-là, mais ils y ont cru jusqu'au bout) ?
La culture aussi exige le mélange des genres.
M6 et le Monde Diplomatique en marinière Chanel et sac en daim Pimkie.
ps : un vieu truc sur le débat Durkheim-Tarde Versus Jane-Kate.
09:18 Publié dans La culture pour les excellents, Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ligue des champions, seconde guerre mondiale, football, littérature, look, magazine, tolstoi, dsk
26.10.2009
Jamais de total look / consigne N°1
C’est vulgaire, la panoplie.
Ca signe son manque d’imagination.
Prenez moi. Aujourd’hui je porte une robe Zara mini-prix, un manteau Monoprix, un sac Anna Corinna acheté à une blogueuse, des collants achetés aux Puces de Montreuil (pourtant neufs), un gilet H&M, des boots Et Vous venues d’Ebay.
Si jamais, si jamais j’étais en total look Autre Ton pour Monoprix, vous n’auriez plus aucun respect pour moi.
Si par malheur, par malheur, je n’étais vêtue qu’en Chloé by Hannah MacGibbon (On s'y attendait. Les collections n'étaient pas à la hauteur, la qualité des matières faisait jaser... Paulo Melim Andersson a été remercié par la maison Chloe) vous seriez consterné.

Prenez la photo du milieu.
Autant aller s'acheter direct un costume de majorette.

En revanche, si je mariais, disons Erotokritos et Monoprix.

Ah non ça c’est vraiment trop laid.
En tout cas, toute personne normalement constituée interrogée sur ses petits trucs secrets pour être à la mode vous confiera : « Mixer ».
La clef d’une allure personnelle c’est le cheap and chic.
Je vous apprends quelque chose ? Je souhaite que cette recommandation vous semble totalement superflue. Limite insultante. Un bon lecteur de blog est un lecteur exquisément exigeant.
Dans votre grande majorité, vous l’êtes.
Et pourtant, pourtant… la suite
09:04 Publié dans La culture pour les excellents, Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mode, littérature, hype
19.10.2009
Ne pas aller au bureau nu (idée 2)
Bien sûr, l'idée n'est pas nouvelle, presque ringarde.

Je crois que je vous déçois autant qu'ELLE.
Seulement, dites-moi vous, où trouver l'inspiration pour assortir le gris souris au gris perle ?
J'avoue le propos est un peu court.
Mais pour twister, splasher, wicher, un look de cadre morose, rien de tel que raccourcir la jupe.
D'autant de centimètres que nécessaires pour 1/ que ça ait l'air sage debout mais 2/ honteusement indécent une fois assise.

Voyez, de prime abord, vous êtes irréprochable ET audacieuse.
Puis la réunion commence. L'enfer aussi.
Un sourire crispé apparaît sur votre visage.

Un dilemne occupe toutes vos pensées.
S'occuper de votre jupe au risque d'attirer l'attention sur elle ou faire comme si, ah ah où est le problème ? oh elle remonte un peu sur les cuisses, mais franchement, qui ça intéresse ? hein, d'Arvor ? Jugez-moi sur mes actes, pas sur mes jambes, c'est le début du fascisme ici ou quoi (pour plus de précision sur ce qu'est le fascisme, vraiment, ne pas hésiter à laisser un petit commentaire à Yves Jégo, ce cher homme) ? Heil Monsieur le Directeur.
Revenons sans plus tarder au véritable défi et objet de cette note, pas aussi rigoureuse que je l'aurais (l'eusse ?) souhaité.
QUI A ENVIE RESSEMBLER A LA BLONDASSE DE GAUCHE AVEC SES JUPES SUR LE GENOU ?


08:18 Publié dans Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ally mcbeal, série télé, look, mode, elle
13.10.2009
Ne pas aller au bureau nu (idée 1)
En ces temps de rentrée, alors que nous devons laisser notre paréo au vestiaire, il est indispensable d'être intelligemment conseillé.
Sur le plan vestimentaire, j'entends.
On ne passe pas impunément de la tong à l'escarpin (toujours susceptible de se coincer dans l'escalator, comme les pattes des chiens)
(Quoique, dans la mesure où cette année on a réussi à fusionner basket et talons...

... Mais ce n'est qu'un mauvais souvenir. J'en ai d'ailleurs fait un symptôme de maladie mentale, d'oser porter ça. Une sorte de bipolarité, voyez)
En tout cas, un peu d'aide de la part de ELLE n'aurait pas été du luxe, pour adopter le déguisement Corporate.
Ah Ah Ah.
N'y comptez pas.
Elles ont tenté, les rédactrices de la vénérable maison, de nous suggérer Le bon "office look".
Mais d'emblée, une erreur de casting : plutôt que de se traîner dans le quartier disons... de La Défense,
elles se sont contenté de rassembler des vieilles photos de mannequins backstage.
Du coup, parmi leurs propositions de tenues pour aller au bureau, y a celles pour la Djette qui va au bureau, l'Ecrivaine qui va au bureau et l'Artiste qui va au bureau.
Ouais, ouais, ouais, ouais, ouais.
Y a tromperie sur la marchandise.
Soyons magnanime, admettons.
Mais ces femmes-là, les rédactrices de Elle, à part des mannequins, des mannequins et encore des mannequins, elles croisent d'autres femmes qui travaillent. Au moins l'instit de leur gosse ???
Bah les instits de leurs gosses, elles sont sapées comme ça :

Devraient l'être.
Pourraient l'être.
Dans l'idéal, pour faire preuve de style, sales fadasses.
C'est quand même "Une "formule daily wear" immanquable.
J'ai donc exploré une autre piste, pour mettre un peu de FUNK dans mon uniforme de CADRE AUTONOME RESPONSABLE SERIEUSE BORING BORING BORING
09:04 Publié dans Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mode, magazine féminin, daily wear
02.10.2009
Grazie mille
Au temps où je crevais la dalle (c’est relatif, pour une bourge, notez bien, me manquait l’argent de poche pour acheter quoi, de nouvelles fringues ?!?! chez Manoush ?!?! Pour du Vanessa Bruno ?!?!) j’ai pratiqué la réunion de consommateurs.
Ai planché sur le papier toilettes de couleur noire, une campagne de pub pour un sombre avionneur.
Les deux ont été validés et quelques mois plus tard sont apparus dans la réalité matérielle.

Il en a été de même pour GRAZIA.
Je ne l’aurais pas cru, si on me l’avait prédit, à l’époque. Qu'il sortirait.
Un féminin qui mixte l’esthétique Oops et vise l’élégance d’ELLE.


Un poil de Détective (pour ses histoires vraies) et des propositions d’accessoires avoisinant les 1000 euros, very VOGUE.
Une rubrique culture plutôt de bon niveau à la Nouvel Obs plus des photos de style chassé dans les rues assez dégueux.

La référence constante au Chic. L’Easy chic, le Radical Chic, le Mentally Chic, le Whore Chic, le Lesbian Chic, le Uber Chic, le Freudian Chic, l’Exotica Chic. Et un nouveau chic.
Irrémédiablement des looks de star un peu ratés décortiqués.
GRAZIA, c’est tout ça. Plus ?
45% d'actualité... ELLE aussi se fend d'articles de fond sur la misère planétaire. Superficielle (moi, pas Elle), je ne les calcule pas.
Des séries mode pas loin du cahier des charges La Redoute.

(j'en profite pour vous conseiller d'éviter les catalogues VPC, moi aussi j'aimerais bien gouter à Deauville en pleine semaine, mais ce n'est pas en commandant la chemise à carreaux que j'y serai transportée illico, à l'arrivée elle sera rêche, tombera mal et j'aurai perdu le prix d'un ticket SNCF pour Trouville)
Une équipe à l’écoute du people, prête à l’aider à surmonter ses « fashion blocage » (la boule à zéro comme miss Portman ? Zyva Beyonce).
(Cet article a été sponsorisé par GRAZIA - un rire diabolique se fait entendre...)
08:11 Publié dans Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : magazine féminin, biba, glamour, emmanuelle alt
20.02.2009
La menteuse

Je n'étais pas du tout pieds nus sur la terre sacrée de Jérusalem, cet été.
Mieux, mon petit sac dans lequel tenaient à peine un plan de la ville et mon fric.


Le pazapa est très simple.
J'avoue donc que j'ai frangé... et vous aussi sûrement, vous n'être pas plus matures que moi.
Le pire, je le crains est à venir :

J'ai donc cédé à la Bleach-Attitude.
Bon, la bonne nouvelle c'est que J'ai économisé 200 euros par rapport au Maje que j'avais essayé.
Mais c'était ça ou une robe bustier imitation serpent.



Mais je n'ai pas cru à ce que me renvoyait le miroir.
Ma précédente expérience avait mal fini.
Alors que dès que j'ai mis mon Bleach, j'ai senti la garce qui sommeille en moi se réveiller.
09:31 Publié dans Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : minnetonkas, kate moss, icone, tatoosh
18.02.2009
Bobo - La vraie histoire
Vis une crise de bourgeoisie aïgue.
A cause de tous ces trucs sur le style Preppy.
On s'y essaie en France, avec plus ou moins de bonheur.
Passés 26 ans, je ne cautionne pas la jupe plissée tartan courte.
Ici, je m'accorde 10/10.
Le blason est en place. Les mocassins sont de sortie. Mais y a du jean.

Néanmoins, si mon interpréation de collégienne vieillie revient à être BCBG, quel pas en arrière !
C'est pourtant bien ce qui m'arrive.
Du marron à toutes les sauces.
Et après quelques étapes intermédiaires...

Devenir Joey Potter à l'Université de Boston.
Joey est cool et casual mais dès qu'elle passe les portes de l'université, elle ne porte plus que du beige et du tweed.

J'ai laissé s'envoler tout le côté bohème qui était en moi.
Et pourtant, on est les rois de cette catégorie, nous les français.
On a toujours eu de la bourgeoisie bohème, de la gauche caviar.
On porte des pulls en cachemire avec écrit IMAGINE au dos. Depuis toujours.

L'idée de Bobo, elle est venue des USA, quand un journaliste malin, David Brooks, a repéré que ses concitoyens adoptaient les moeurs européennes.
C'est-à-dire que dans le vieux monde, il était admis d'avoir de l'argent, un revenu confortable et de développer des idées progressistes, gauchistes éventuellement, enfin d'avoir un mode de vie plutot à la cool.
Et cette façon de vivre n'existait pas aux Etats-Unis avant les années 80, 90.
Les gens qui avaient de l'argent devaient tenir leur rang.
Mais au lieu de s'intéresser à l'argenterie, on les a vus passer de plus en plus de temps dans les magasins de sport pour acheter des sacs à dos très compliqués.

Leurs signes extérieurs de richesse ont changé.
Nos aristos à nous avaient le titre, de quoi se distinguer aisément de la populace.
La populace, sauf dans les contes de fées, avait peu de chance de s'y intégrer.

Mais les grandes familles américaines, c'est auitre chose, il fallait pouvoir instaurer une barrière bien étanche pour ne pas se laisser envahir par les gens de peu.
Dans les bouquins d'Edith Warton, notamment Le temps de l'innocence (transposé au cinéma par Scorsese), l'importance des signes sociaux de respectabilité est patente.

Faut dire aussi que les colons du Mayflower, veus d'Angleterre en 1620, n'étaient pas des joyeux drilles : "Calvinistes anglais aux mœurs puritaines, ils ont quitté un pays qu’ils jugeaient peu orthodoxe, avec la ferme volonté de créer une communauté totalement fidèle aux enseignements de la Bible".
Rien à voir avec les joyeux drilles qui se sont installée en Australie, 150 ans plus tard.
Bon, tout ça est bien, parfait, mais je veux me récupérer. Si, quand j'étais fun, quand je défiais Rumi et Agyness.
Faut que j'arrête de m'embourgeoiser.
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08:02 Publié dans La culture pour les excellents, Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : katie holmes, dawson, séries télé, csp, bourgeoisie


