05.10.2009

A grippe moi si tu peux

Quand je pense que pendant des années on a traité les japonais de chochottes misanthropes.

Alors qu’eux, tout ce temps, ne pensaient qu’à épargner leurs concitoyens.

 

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Ils nous rappelaient Jackson, les Japs.

On était sans pîtié.

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On devrait en prendre acte et attendre l'explication, avant de railler ces grapes de tokyoites affublés d'énormes appareils photos (que ceux qui ont en tête le film  "la prisonnière espagnole" de David Mamet se fassent connaître).

Ce pourrait être un geste poétique.

 

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Un truc que j'aime bien, à l'heure actuelle, c'est me laver les mains.

A la chirurgien.

Tchouk, tchouk, même entre les doigts.

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Le jour où j'ai écrit ça, une affichette est apparue dans ma boite, dans les WC de ma boite, ouais j'ai une boite maintenant, et des tickets restaurant payés par la boite, je bouffe chez Cojean dorénavant, bon une affichette du gouvernemant, nous enjoignant à FERMER LE ROBINET AVEC L'ESSUI-MAIN UTILISE POUR S'ESSUYER LES MAINS AFIN DE NE PAS SE REPRENDRE UNE FOURNEE DE MICROBES EN FERMANT LE ROBINET.

C'est très désespérant, il faut aller très vite car c'est un calvaire d'entendre de l'eau couler pour rien.

Enfin, évoquons "Ze problème ouiphe ze monde moderne"

Plus on parle de la Grippe, plus nous sommes précautionneux, alertes, avertis, ainsi moins le risque de pandémie est grand ce qui nous conduit tout droit à penser qu'on en fait décidément trop avec la grippe A, débilos de médias, archiconne Bachelot.

Scénario inverse : on minimise, on ne s'inquiète pas, on serre la main des inconnus après avoir copieusement éternué dans la notre, notre entourage tombe comme des mouches. Et nous insultons ce gouvernement morticide et les journalistes qui couchent avec des hommes politiques.

Rien n'est simple.

 

ps : mémo.

Dans le langage courant, les virus et les bactéries sont assimilés à la même chose et regroupés sous le terme de microbes.

Le virus ne fait pas partie du monde vivant car, contrairement à la bactérie, il ne respire pas, ne peut avoir de mouvement propre, il ne grandit pas et ne peut se reproduire seul. C'est une sorte de modèle frontière entre le vivant et le minéral.   A la différence du virus, la bactérie n'a pas nécessairement besoin d'une cellule pour survivre ou se multiplier.

En médecine, la grande différence entre virus et bactéries réside dans le traitement : les virus sont insensibles aux antibiotiques, ceci explique que la seule arme contre les plus dangereux réside dans la vaccination.

Ils ne peuvent se répliquer qu'à l'intérieur d'une cellule vivante en utilisant la machinerie de cette dernière. Le virus utilise les propriétés de la cellule pour se reproduire : comme un coucou qui place ses petits dans le nid d'autres oiseaux, le virus confie sa propre reproduction à la cellule qu'il attaque ! Dès lors, le virus se multiplie et peut attaquer d'autres cellules de l'organisme. L’infection s’étend... 

Parmi les maladies humaines relativement courantes, on trouve le rhume, la grippe, la varicelle, la rougeole, la mononucléose infectieuse. Les virus sont aussi à  l'origine de maladies plus sévères comme le SIDA, le SRAS, Ebola, la grippe aviaire, la variole, la polio, l'hépatite C.

Les virus provoquent la destruction des cellules cibles qu'ils parasitent, à plus ou moins long terme. Les effets directs du virus sont liés à cette destruction de cellules. Selon la catégorie de cellules concernées, les conséquences sont plus ou moins graves.

L'attaque par un virus, ou infection, est détectée par l'organisme. Il met alors en place des mécanismes de défenses immunitaires, lesquels peuvent induire des effets tels que la fièvre, des maux de tête, des troubles digestifs, des courbatures... La fièvre est à part entière un moyen de défense.

Le système immunitaire, véritable perle de sophistication, détecte les intrus et fabrique des agents spécifiques, les anticorps, pour enrayer l’infection. En inoculant une forme amoindrie de ce virus, on s'assure que l'organisme peut mettre en place ses défenses sans succomber à l'attaque. Par la suite, dans le cas d'une infection réelle, le système immunitaire reconnaît le virus et peut donc réagir beaucoup plus rapidement : il sait déjà fabriquer les anticorps adéquats !

Le virus de la grippe affecte les voies respiratoires (constituées de l'ensemble des organes qui permettent de respirer : du nez à la gorge et aux sinus, jusqu'à la trachée et aux poumons).

Il faut distinguer trois causes de la mort par grippe : la mortalité directe due au virus lui-même (syndrome de détresse respiratoire aiguë SDRA), la mortalité due à des surinfections bactériennes que les antibiotiques peuvent combattre, et la mortalité chez des patients âgés ou souffrant de maladies chroniques.

On ne meurt généralement pas de la grippe elle-même mais d'une complication bactérienne (pneumonie par exemple) ou parce qu'on est déjà fragile et que la grippe aggrave une autre maladie qu'on a déjà (diabète, maladie cardiaque ou respiratoire).

 

20.01.2009

Africa, Baby! (Investiture / Investissement)

Il y a moyen de ne pas être seul et de boire des coups en regardant Barack (Michelle, Malia, Sasha et peut-être le chiot) :

Une recension des lieux à Paris

J'y ajoute :

dorothy's gallery / 27 rue Keller / Bastille

"Retransmission de la cérémonie d’investiture sur écran TV à partir de 17:00 jusqu'à 20:00

Cocktail et ambiance conviviale"

Et nous dans tout ça ? Sommes heureux.

On boycottera la lecture des blogs en tête du classement Wikio, spécialistes es pessimisme, qui ne manqueront de démontrer que CA NE CHANGERA RIEN.

Ah, la blasitude du blogueur...

Tout a déjà changé, le 4 novembre.

Pour autant, nous n'endosserons pas le costume de Pom-Pom Girl, fidèle à notre devise.

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Mais ça nous donne des envies, comme celle d'explorer le capitalisme.

Pas le libéralisme, malheureux, nous tenons à nos droits civiques.

(un truc efficace pour distinguer les deux, c'est de penser à la Chine, capitaliste mais non libérale).

Comme pour toutes ces choses en isme, nous repartons au Mali.

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Comment capitaliser ? Ce n'est pas gagné.

1 Le capitalisme prospère lorsque quelques garanties concernant l'avenir existent.

Une connaissance idiote, travaillant dans l'aide au développement, m'avait un jour tenu ce discours :

"Tu donnes une brebis et un bélier à un Africain, cet imbécile n'attend pas qu'ils fassent des petits. Cet imbécile les bouffe illico".

Ca paraît logique pourtant, si cet imbécile crève de faim et craint que ses bêtes ne succombent très vite à une maladie.

L'argent meurt, avant d'avoir eu le temps de faire des petits.

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2 Le capitalisme prospère quand tu n'es pas saigné par ta famille élargie.

Parmi tes proches, si tu es malien, il y a toujours quelqu'un à dépanner.

Une facture d'électricité, un traitement pendant une crise de Malaria, de la bouffe tout simplement.

Je connaissais un jeune chercheur plutôt bien payé, au Mali.

Le 10 du mois, c'était déjà fini pour lui.

Et c'est le cas de tous les salariés.

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Il y a bien une solution, pour un malien qui voudrait s'en sortir.

Surtout pas immigrer en Europe.

Ceux qui sont restés au pays t'imaginent blindés de fric et ne sont que plus demandeurs.

Ton sens de l'honneur te ramène illico chez Western Union et Dieu sait que leurs commissions sont exorbitantes.

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S'exiler dans un pays africain, voilà le seul moyen.

Ta famille minimisera ses demandes, ne t'imaginant pas nageant dans l'or.

Plus stratégique, rencontre ta femme dans ton pays d'origine.

Et fuyez.

Célibataire, tu succomberas à une jeune ivoirienne...

Lestée d'une famille qui te demandera ton aide.

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Oui, ça n'a rien de très palpitant, comme projet.

Et nous les européens, on n'aimerait pas suivre ton chemin.

On donne pas non plus notre argent comme ça "Mais bordel, prends-toi en main", et faisons grande confiance à l'assistante sociale.

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Alors Barack ne changera pas cela, ton destin d'Africain.

06.11.2008

Pourquoi pas le Mali ?

Des souvenirs oubliés de mes deux incursions au Mali ont reflué.

J'y suis allée par opportunisme, parce qu'une amie vivant aux Etats-Unis y passait 3 mois.

C'était moins loin pour se voir, de se retrouver à Bamako plutôt qu'à New-York.

C'est snob.

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Dès l'aérogare, je me suis sentie chez moi.

L'aérogare de Roissy.

Ca ne ressemble même pas à un aéroport, c'est un terminal miteux, un hangar.

Les règles y sont souples. Les tours avaient déjà explosé.

Devant le personnel chargé d'enregistrer les valises et pas mal de cartons d'électroménager, un gars m'a demandé s'il pouvait m'emprunter quelques uns de mes 20 kilos de bagage autorisés, ayant épuisé sa ration.

La fille a fait semblant de ne rien entendre, j'ai bien sûr accepté.

Oh, ne vous inquiétez pas... Qui pourrait avoir une raison de faire exploser un avion rempli de maliens et de burkinabés pour la plupart musulmans ?

La géo-politique, c'est pas pour les chiens.

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Dès l'arrivée sur la piste d'atterrissage de l'aéroport de Bamako, je me suis sentie chez moi.

Ambiance Grace Kelly.

Je veux pas dire ambiance ambassadrice de l'UNICEF avec un fichu sur la tête pour aller parler aux enfants mutilés.

Grace Kelly ne faisait pas ça.

On lui demandait juste de descendre de l'avion gracieusement.

C'était pareil, à la sortie de l'avion on n'avait pas à s'engouffrer dans un boyau en plastique, il y avait un escalier.

On arrivait directement sur la terre rouge comme celle de Tara.


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Dans le petit bus qui rejoignait la ville de Bamako j'ai attendu que se manifeste une ville.

Que cessent les grandes allées de terre avec des femmes assises vendant des mangues, des types tirant une petite charrette avec des bricoles, des gens qui marchent calmement, langoureusement, doucement, ondulant, des milliards de petits enfants.

Car c'est quelque chose de difficile, pour le touriste ambulant, ces abords d'aéroport qui ressemblent trait pour trait à ceux qu'on vient de quitter.

Surtout quand on est accompagné, "waouh c'est super", "je suis hyper contente d'être ici", "t'as vu le petit bonhomme du feu rouge?", "putain leurs pubs pour les tampons hygiéniques c'est hallucinant", "ah ils ont Carrefour aussi ici".

Là ce n'était pas le cas, on était ailleurs, j'ai jamais trouvé de supermarché au Mali.

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Je me suis sentie PSYCHOLOGIQUEMENT chez moi. Pas SOCIOLOGIQUEMENT chez moi.

Imaginons que vous ayez fait de la sociologie, on vous lancera parfois "ah tu peux m'analyser alors, faut que je fasse attention".

Là, on répond gêné : 'non je peux analyser la société, pose-moi une question, mais pas ta personnalité".

Le pays seyait à ma psychologie, pas à mes habitudes de vie concernant la circulation, l'alimentation, la boisson, l'habitation etc...

Pour être franc, je n'ai pas songé à m'y installer.

Pour résumer, j'ai cessé de me sentir "folle", "secouée", "bizarre".

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Je n'agis pas toujours comme mes compatriotes.

Si l'épicier veut aller s'acheter des clopes je garde sa boutique, j'avise les hommes dans le métro pour leur faire porter des poussettes, au cas où le voisin aurait refermé sa porte par mégarde je suis prête à enjamber nos balcons pour aller ouvrir de l'intérieur, si je tombe dans la rue j'en ris avec les passants , j'ai gardé un croisé rottweiler-beauceron 4 jours pour arranger un maître-chien qui vivait dans un foyer où Belle (c'était son nom) était interdite de séjour. Afin qu'il ne dorme pas dehors le temps de trouver une solution.

Je fais d'autres choses moins sympas aussi, dans ce genre, je crie fort si un monsieur mate mes seins dans les transports publics.

C'est un comportement social inadapté.

La définition même de la folie, avoir un comportement social inadapté.

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Je me réfrène.

Je me réfrènais.

Au Mali, j'ai vu des millions de gens agir comme ça.

Comme je ne crois pas à la psychologie des foules, style "les allemands ont tous un complexe de castration"...

J'en ai conclu que les maliens ne souffraient pas tous d'une maladie psychologique, celle que j'ai.

Celle que je croyais avoir.

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C'est un peu comme avec les camélidés.

Ca ressemble de près à des animaux préhistoriques.

Ca n'en reste pas moins un mammifère tout ce qu'il y a de plus commun.

 

05.11.2008

Casser la baraque

Je remets une couche de couleur*.

Les noirs, les noirs, les noirs... Ne sont pas identiques les uns aux autres.

Le caucasien maladroit s'en tient à l'Ahhhhhhhhfrique.

Pourtant, nous aimons distinguer l'Italien de la Danoise, identifier les Maltais et les Hongrois, différencier la Chypriote et le Letton.

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(by Solenn, mon amie)

Le Black-American, de même, n'est pas un.

En résumé, moins vous êtes un descendant d'esclaves noirs importés aux USA, plus vous avez des chances de réussir.

Colin Powell ? Ses parents sont Jamaïcains.

Barack Obama ? Son père est Kényan.

Le président national des jeunes démocrates ? Il est arrivé du Sénégal vers 20 ans.

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C'est plus simple pour tout le monde, notamment pour les blancs, ainsi que l'analyse Sylvie Laurent dans Homérique Amérique.

"Un Barack africain est bien plus acceptable qu’un Obama issu du ghetto... 40 % des Africains qui émigrent aux Etats-Unis ont un diplôme universitaire et leur revenu moyen, une fois installés, est supérieur de 30 % à celui des Afro-américains [4]. Obama apparaît donc comme l’« autre Noir », non pas celui qui réclame des réparations pour l’esclavage et la ségrégation mais comme l’Africain éduqué et travailleur, comme on en rencontre de plus en plus dans le pays. Candidat « purple » [5], plus proche de l’immigré que du Noir, il serait rassurant pour des Blancs qui ne craignent rien tant que leurs propres descendants d’Africains."

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Elle poursuit en notant que les Black-Americans ont des petits soucis avec les "vrais africains":

"On rit en Afrique de ces Américains portant ces dashikis colorés qui les distinguent immédiatement et les désignent comme touristes. Dans les rues des grandes métropoles américaines, les « vrais » Africains reconnaissent instantanément ces militants déguisés du « Black Power », qui se disent « Afrikans » avec le « K » de Kemet [10] ou « Nubians » [11] pour signifier leur indéfectible africanité et leur retour aux glorieuses racines [12]. Ce « recours à l’Afrique » leur permet à bien des égards de garder leur distance à l’égard de leur propre américanité [13]. Mais le souhait d’une recomposition de la famille noire originelle apparaît illusoire, les Africains se sentant parfois plus proches des Blancs ou des autres minorités que de ces frères lointains."

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Je me suis fadée un Black-American en Afrique et ça a failli dégénérer.

Venue rejoindre une amie blanche au Mali, celle-ci a dû à la dernière minute accueillir et guider un professeur de son université américaine.

Le conduire jusqu'à Tombouctou, un voyage auquel je me suis greffée.

Elle n'a pas prise, la greffe.

Tukufu était son nom africain (né Antonio McQuelque chose).

Toukoufou m'a vite détestée.

Un seul incident a suffit.

Nous étions arrêtés à un barrage quand il s'est exclamé, apercevant une petite cérémonie du thé, entre homme alanguis, se dérouler à quelques mètres de nous : "People always complain but if these guys worked the situation of Mali would be different".

Eh, ces gros paresseux de maliens ne pouvaient s'en prendre qu'à eux-mêmes si leur pays était l'un des plus pauvres au monde.

Ca a fusé de mon côté.

"That's so American to say that !"

Il n'a pas aimé, il ne voulait pas revendiquer l'Amérique. Mon sort était scellé.

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(3 électeurs pour Obama / 8 pour McCain)

Son objectif fut alors de faire de moi une raciste.

Le Zimbabwe ? Mugabe avait eu bien raison de foutre les fermiers blancs dehors.

"Ah oui ? Mais ça a profondément déséquilibré l'économie du pays, notamment sur le plan alimentaire".

Il a hurlé "Si Paris était occupé, tu voudrais pas foutre tous les occupants dehors !!!"

 

Le problème de Toukoufou, néanmoins, c'est que nous étions dans un pays francophone.

Alors oui, les habitants du Mali se sentaient plus proche de la blanche que de l'américain, si noir soit-il.

Et puis c'était sa faute aussi, il les regardait et leur parlait à tous comme à des débiles.

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(Remarque, la plupart des non-africains considèrent les africains comme des imbéciles, dans le fond.

La faute à des métaphores imagées ?

Des accents prononcés quand ils parlent français ? Car l'Africain n'est pas considéré comme bilingue et souvent trilingue. L'Africain parle mal sa langue, le français, qui n'est pas maternelle.

Un truc drole : un Malien ne peut faire la différence entre le F et le P. Vous pouvez commander un Panta, on vous l'apporte, j'ai tenté.

Ce qui est un peu dommage, pour les enfants maliens, c'est qu'ils maîtrisent pas toujours hyper bien le français, donc, mais que leurs exercices de maths mince sont en français.

Tiens, imaginez vos enfants étudiant les fractions en anglais.

 

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c'est terrible comme Hortefeux fait fin de race)

(11 électeurs pour Obama / 13 pour McCain)

Alors Toukoufou.

Un malien qui l'approchait voulait forcément l'entuber. Toujours sur ses lèvres trônait un sourire ironique et un grand rire.

La peur de se faire avoir.

L'inévitable peur du touriste riche dans un pays pauvre.

Parce que Toukoufou était riche, faut dire. Ses enfants n'allaient pas à l'école, un précepteur les éduquait "at home".


(77 électeurs pour Obama / 34 pour McCain)

Là n'est pas le problème.

Ca se passe mal entre ceux qui sont restés et ceux qui sont partis, il y a bien longtemps.

Sylvie Laurent encore, dans Homérique Amérique

"Oui, les Américains découvrent que les Africains ont participé à la traite et ils réalisent que la couleur de leur peau ne vaut pas grand-chose face à l’immensité océanique qui les sépare culturellement. Le ressentiment et l’incompréhension président à ces rencontres que l’on espérait être des retrouvailles.

« Vous nous avez vendus ! » est le reproche que certains Noirs américains expriment à demi-mot."

Ce truc incroyable m'avait déjà été dit, à l'occasion de ce voyage.

J'avais parlé avec des gens de Tombouctou, de Toukoufou.

Ils ont rigolé "souvent, quand ils viennent, ils nous accusent de les avoir vendus".

Ce n'est pas dit à demi-mot, c'est exprimé.

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(81 électeurs pour Obama / 34 pour McCain)

Je l'ai emmerdé Tukufu.

Il allait donc à Tombouctou étudier les manuscrits des universités dâtant du 13ème siècle.

Sur le chemin, il s'excite.

"Ah ah, alors qu'on dit qu'il n'y a qu'une tradition orale en Afrique, eh bien c'est faux. L'Afrique maîtrisait l'écrit".

C'était facile : "Mais, Tukufu, peut-on vraiment dire ça alors que la plupart de ces manuscrits sont en arabe?".

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(102 électeurs pour Obama / 34 pour McCain)

Alors, Barack ?

Les Noirs-Américains le soutiennent.

Les Noirs-Africains le soutiennent.

C'est suffisant pour que ça me plaise.

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(Michelle est black-american)

Aussi, Obama ne peut me décevoir.

Je n'attends rien de lui, ni qu'il calme les Chiites, ni qu'il copie notre merveilleuse sécurité sociale, je ne lui en voudrai pas s'il refuse la taxe Tobin et réclame leurs arriérés aux pays africains...

(102 électeurs pour Obama / 43 pour McCain)

... ça me suffit, qu'un type venant du Kénya et du Kansas, né à Hawaii, avec un peu de sang Cherokee et Alsacien, éduqué en Indonésie, un peu musulman un peu chrétien...

(174 électeurs pour Obama / 49 pour McCain)

... soit Président du plus puissant pays du monde.

 

Ca me rendrait très optimiste (même si les chasseurs tuent la mère de Bambi).

(174 électeurs pour Obama / 64 pour McCain)

 

* J'ai déjà évoqué les couleurs de vêtements et de peau, ce que c'est que d'être une blanche au Mali, et le caractère des cliniciens noirs dans les séries télés.

04.08.2008

Sea and the city / New York

C'est ma seule collection.

Les villes au bord de la mer.

Pas les villes DE bord de mer, toutes vides et qui ne vivent que de cette étendue d'eau. Où la moitié des habitants tiennent un commerce de maillots de bain.

Non, les villes qui tournent le dos à leur mer, la méprisent et la dénigrent.

La première d'entre elles... NY

Cette ville ne peut être celle du stress alors qu'elle n'est qu'entourée d'eau.

La pointe de Manhattan, bien sûr.

Mais surtour la Promenade Riegelmann de Coney Island, pour se baigner à Brighton Beach.

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Wally Gobetz

Ce lieu est ampli de nostalgie, ce que tous ses visiteurs plus ou moins occasionnels évoquent : Away on business, The Dissident News, A Brooklyn Life, Pomgranatesandpaper...

 

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Roman Virdi

 

Il y a d'autres lieux au bord de la mer à New York. Fran l'exprime ainsi : En regardant une carte de New York, ça saute aux yeux : cette ville est une station balnéaire ! Elle décrit exactement la raison pour laquelle il est délicieux d'aller à la plage : Le soir, arpenter Broadway avec du sable entre les orteils et du sel dans les cheveux a alors une saveur toute particulière…

Le jour où j'y suis allée, j'ai continué la journée en rejoignant des poètes de Trinidad lors d'un vernissage arty.

Me trotte encore dans la tête l'un de ces poêmes déclamés :

It feels like

I have been in love

With you

Forever

 

The days have splitted

Into weeks

And now we

Are one month away

From claiming

Our first year, together

 

We have lived a lot

And I have learnt a lot

But somewhere in there I lost

The ease of loving you

 

There was a time

When I believed

Nothing could happen to me

Because you loved me

I still believe you love me

But I no longer believe

I am invincible.

 

Puis nous avons fini la soirée au Bar de feu le World Trade Center.

C'était plaisant parce que nous revenions de l'innocence de la plage.

Il est merveilleux de porter des vêtements de plage dans la ville, une apparence simplement améliorée par un coup de couleur sur les lèvres OU les yeux et un sautoir.

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Coney Island a peut-être disparu depuis lors.

C'est pourtant le seul lieu où je sentais un lien avec le passé de la ville. Magnifié par ces photos de la galerie Bond Street Gallery.

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Snake Lady Attracting Attention - Harold Feinstein

Il y avait également un énorme serpent, le jour où je suis venue.

Un rappeur noir, une pin-up des années 50, deux juifs.

Y manger un Hot Dog.

Ce n'était pas en été, il n'y avait pas foule.

 

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Trevorlittle

Mais savoir que la mer est accessible d'un coup de métro est si réjouissant.

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Kris Arnold

Plongée dans une atmosphère à la Martin Parr (fasciné par la mer, il a pour sa part photographié... New Brighton !).

Je suis étonnée que le potentiel de la mer n'ait jamais été vraiment exploité au cinéma.

Un petit bout d'océan dans Recherche Susan désespérément.

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Une petite scène dans le gendarme à NY, les Leningrad Cowboys meet Moses. Dans Les Affranchis peut être ?

Mais surtout ANNIE HALL. L'enfance d'Alvy se déroule en effet à Coney Island.

Alors en hommage, à la place de la Sundress, adoptez la Diane Keaton attitude.

Le pantalon large, le gilet d'homme, pas forcément la cravate.

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Un peu monochrome chez Kate, mais la copie de son pantalon se trouve sur ASOS.

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Il y a également Little Odessa, de James Gray. Nom d'un quartier russe de Coney Island. Je ne suis pas sûre qu'on y voit la plage. Mais cela me rappelle les restaurants russes de la ville, là encore une plongée dans un univers parallèle.

Je pourrais disserter des heures... Coney Island, baby !

 

31.07.2008

Que ramener d'Israel ? Le guide

Bilan.

- Une carte illisible de la Cirjordanie. En marron les arabes, en rouge les juifs. Gratuit.

 

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- La chemise à carreaux comme Liv Tyler et Kate Moss. Elle vient de Bethleem mais a été produite en Chine. 15 euros. Ma façon de soutenir l'économie locale, je me suis volontairement faite avoir.

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- Un mini-sachet de boue de la mer morte (6 euros ?) où je ne suis même pas allée. Une copine m'avait prévenue qu'il y avait que des russes bedonnants et dégueux là-bas. Je ferai probablement un pazapa de comment l'utiliser. J'ai acheté le film alimentaire pour en rentrant (moins de 2 euros). Keep connected.

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- Un crayon MAC pour les yeux, couleur Bleu Prusse, du Duty Free de Budapest (c'est sur le chemin quand on a des moyens limités). Je me suis pas encore renseignée mais je vois pas trop ce que j'ai gagné à l'avoir acheté 15 euros. Merde, consciencieusement j'ai voulu faire mon boulot pour le blog et voilà que j'apprends qu'il coûte 14 euros. Et en terme de long lasting, il se pose là. Il migre. See ?

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- Pour mon peti-copain, ce T-Shirt.

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Just kidding. J'en ai pas.

What else ?

- Mon chapeau en paille de fermier australien (6 euros) je l'ai paûmé* à l'aéroport Ben Gourion. En même temps que mes clopes Duty Free et mon corset pour le dos. C'est ironique. Exactement à l'endroit du monde où il est le moins indiqué d'abandonner un paquet. Je veux dire, tout ça à dû être détruit à la dynamite. C'est à cause de l'heure passée à être interrogée. A expliquer que cet objet sert à enlever les poils d'animaux pas à autre chose, on en trouve chez H&M. J'étais pas franchement fraîche ce jour-là.

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Avec ce chapeau, il m'est arrivé un truc dément. Dans les rues d'Acre.

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Je caresse un cheval tout fin. Qui vient à peine de cesser d'être un poulain. Je l'ai poursuivi dans les ruelles après l'avoir aperçu pour pouvoir le caresser. Et lui, il a attrapé mon chapeau dans mon dos et a commencé à le machonner. J'ai explosé de rire en ayant un flash sur une pièce de théâtre**. Sans être sûre que cette pièce existe. Naturellement, je me mets à expliquer en anglais au gars qui tient le cheval pourquoi je ris.

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Revenant, j'ai voullu lire pour comprendre la situation. Gil me conseille 2 bouquins. Mouais.

- La Question de Palestine tome II. Il vaut mieux déjà savoir que les élites palestiniennes en 1920 sont partagées entre partisans de Husseini et Nashashibi pour s'y retrouver. Pas mon cas. Gratuit à la bibliothèque.

- Le bouquin de Barnavi que je viens d'acheter (8 euros) ça ne me va pas non plus. Je veux tout savoir avant 1948. Pas après.

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- Le dernier truc à ramener d'Israël ? 50% de réduction sur du dissolvant Revlon en dur, utile en voyage. 4 euros.

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- Le plan du musée de Yad Vashem. 2 euros. C'est le musée de l'Holocauste et c'est extrordinairement beau. Le jour où j'y étais, je nageais entre les jeunes soldats israéliens venus en groupe le visiter.

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Total : 58 euros.

 

* J'ai pas de correcteur orthographique automatique sur le blog. A priori je fais pas trop de fautes mais j'ai la fâcheuse habitude de coller des ^ partout. Y en a-t-il à paumé ? A la réflexion non. C'est mon costé vieille France.

** Le pitch d'Un chapeau de paille d'Italie, de Labiche : C’est le matin du jour où Fadinard va se marier et que son cheval mange le chapeau de paille d’une jeune femme, Anaïs, en tendre conversation avec un militaire. Ce couple le suit jusque chez lui, et refuse de quitter les lieux tant que Fadinard n’aura pas remplacé le chapeau par un autre identique, car Anaïs est mariée à un mari jaloux, qui s’étonnerait de cette disparition.

 

28.07.2008

Le déluge

Lors de ce gentil trip en Israel, mon ami et moi avons tenté de définir la frontière entre RESISTANCE & TERRORISME.

A distinguer : Le BUT et les MOYENS.

        Quel est le but de l'ETA ? Une nation basque.

        Quel est le moyen ? Tuer des représentants de l'Etat espagnol.

 

1ère question à se poser : Ce but est-il légitime ?

Pour que l'action puisse être qualifiée d'action de résistance, il convient de savoir si le combat nous semble légitime.

        Les Corses ? Plutôt non !

        Les palestiniens ? Plutôt oui !

 

Si le but est légitime, se pose alors la question des moyens utilisés. 

Ces moyens sont-ils acceptables ?

        Est-il acceptable de tuer des soldats ? Plutôt oui.

        Est-il acceptable de tuer des civils ? Plutôt non.

        Est-il acceptable de kidnapper des soldats / des civils ?
 

Si le but est légitime et que le moyen est acceptable, alors il ne peut être question de terrorisme mais de résistance.

 

MAIS 

Dans le cas où le but est légitime et que le moyen n'est pas acceptable, se pose éventuellement la question de l'efficacité du moyen

Imaginons que ce moyen non acceptable soit efficace pour parvenir à des fins légitimes ?

        Si des attentats de civils allemands avaient permis de stopper l'holocauste ?

 

That's a tricky one.

 

Quelle est le nombre de civils qu'il est acceptable de tuer compte tenu du nombre de ceux qui seront sauvés par ce geste ?

        1 tué pour 2 de sauvés ?

       

Imaginons que des attentats tuant 1000 enfants allemands aient permis de sauver 5 millions de juifs.

Le rapport est ici de 1 / 5 000.

Devrions-nous qualifier le mouvement à l'origine de ces attentats de mouvement TERRORISTE ou de mouvement de RESISTANCE ?

 

OUI MAIS

Autant il existe une certitude quant au fait que ces 1000 enfants vont être tués.

Autant les conséquences de cette action sont, elles, incertaines.

Rien ne garantit que cette tuerie aura l'effet d'empêcher la mort de 5 millions de juifs.

 

Il faut donc prendre en compte la probabilité que cette action soit efficace.

        Faut-il y aller si les chances sont de 50% ?

 

26.07.2008

La même

J'ai beau avoir passé je ne sais combien de checkpoints.

Sitôt home, sitôt les mêmes obsessions.

Comme, savoir que, à Madrid, où je suis allée l'année dernière : "Le quartier de Chueca dispose de nombreux Outlet dont un stock Chie Mihara (c/ Augusto Figueroa) qui ne propose quasi exclusivement des 37 et 38 des saisons précédentes à 99€ ou 120€ selon les modèles".

I hate myself.

Je ne connaissais pas Chie Mihara, l'année dernière.

Je me suis prise pour la reine des terroristes à l'aéroport de Tel Aviv. Enervée par une longue heure de fouille, j'en ai oublié mes cigarettes Duty Free.

La veille, 2 bouteilles de vin rouge avec mon pote Anglais m'avaient achevé. Tony*, il s'occupe des malades mentaux de Gaza. Je l'avais rencontré la semaine dernière, chez les humanitaires. On était à Jérusalem, chez T'Mol. Là-bas il y a deux serveuses tops. Mor et Maya.

Maya, elle a pas d'argent. Elle médite. Mais elle a ramassé un chaton dans la rue avec un oeil crevé et l'autre exorbité. Elle l'a fait opérer, ce qui n'est pas gratuit. Et lui cherche maintenant un maître.

 

J'ai pris aucune photo. Aucune. C'est croyable ?

Parce que EINMAL IST KEINMAL.

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Une fois, ce n'est aucune fois. Une fois, ce n'est rien. Et croire que le photographier pour le garder, ce rien, changera quoique ce soit. Pfuhhhh.

 

(entre parenthèses, un livre extraordinaire de wim wenders, paru il y a longtemps, mais dont je vous reparlerai au moment des cadeaux de Noël).

Pour ceux que mon chien intéresse, il faut savoir qu'il a détesté ces 15 jours. Sans moi. Il s'est fait une plaie à la patte. Il s'est mangé de douleur.

* Il avait prévu de se suicider à Jericho avant de me rencontrer.

23.07.2008

Ma valise bête

Toute cette préparation en vain.

Deja, amener des shorts dans un pays peuplé d'autant d'intégristes.

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Ce n'était pas malin.

La robe très très longue ? A moitié transparente et au décolleté bustier. Elle ne sert à rien. Je lui ai juste fait faire un tour à l'American Colony. Le lieu luxueux de Jerusalem est, où ont séjourné Tony Blair, Sarkozi, mais aussi Saul Bellow. J'ai essayé de faire croire que cette horreur en provenance directe de la banlieue de Shanghai pouvait être une "robe de soirée".

 

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Dans la journée, un bijoutier du souk de la vieille ville m'avait créé en direct une parure cheap. Ca lui faisait plaisir. J'ai du la porter. Des cailloux verts principalement.

Là-bas, dans le jardin du restaurant, nous avons fumé un joint, quand a débarqué un type important de l'Autorité Palestinienne. Bon, il n'a pas moufté.

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Pour ma seconde apparition dans les hauts lieux de Jerusalem, le bustier Vanessa Bruno rouille a, en revanche, été formidable. C'était une fête aux quartiers généraux des Nations-Unis. Mes B.O. papillons bien longues m'arrangeaient bien. Tous les humanitaires de tout bord qui maintiennent à bout de bras la rive ouest du Jourdan étaient présents.

Le chemin jusqu'à eux a failli m'être fatal. Je me suis retrouvée par inadvertance chez les arriérés. Un soir de Shabbat. J'ai couvert mes épaules, bras, je n'ai laissé que mes orteils dépasser. Il aurait dû neiger. Les types portaient des carrés de fourrure sur la tête, les femmes des perruques sur leur tête rasée. Aux murs des immeubles, d'immenses pancartes nous enjoignant de nous vêtir modestement. Je me glisse le plus discrètement possible dans les rues, mon casque sur les oreilles. Un type m'interpelle. J'enlève une oreillettes et je hurle "WHAT?". "Shalom Shabbat", répète-t-il.

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Enfin j'arrive chez les occidentaux. Je choisis mon camp. Me suis accrochée aux anglo-saxons, 3 gars cousins de John Cleese.

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300 dollars par tête de palestinien par an, dépense le monde. En Afrique, la somme est de 10 dollars. Déjà, ça, ça nous a fait rigoler pendant un bon moment. De plus en plus murgés, on a dérivé sur Eric Cantona, et sur comment une équipe de foot mi-arabe, mi-juive pourrait, well, you know...

La troisième sortie, plus facile. Un bar à Haifa. Alterman. Une vue magique, de là-haut.

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Légèrement déprimée, je rechigne à sortir. Pis, hop, je mets la robe BelAir. I'm in the modd for flirt.

Ce soir-là, je reviens à peine de la mer, une mer aussi chaude que mouvementée, une alliance délicieuse. Taquine, lorsque le mignon barmaid me demande pourquoi je suis là, je lui réponds que je suis venue visiter les checks-point de Cisjordanie. Nous avons l'occasion d'en savoir plus l'un sur l'autre. Rapidement, j'apprends que sa grand-mère, roumaine, est passée par un des camps de concentration. Je connais tous leurs noms, pas lui. Le grand-père s'est enfui in extremis d'un wagon. Ensuite, ils se sont mariés dans un camp de transit, à Chypre, attendant d'atteindre la terre promise.

Au fait, dans un de mes tee-shirts American Vintage, il y a 8% de cachemire. Du coup, il refuse de passer à la machine. Et je ne sais pas ce que ces petits bouts de cachemire lui apportent.

20.07.2008

AbsurdLand

Une visite des points de contrôle en Palestine.

Il existe plein de sortes de checkpoints. Ceux du mur sont les plus classiques. On entre facilement dans les territoires occupés, du reste. Le problème est plutôt d'en sortir. Voilà pourquoi les habitants de Bethleem y sont coincés.

Le mur, il faut regarder son tracé. C'est un mur zig-zaguant, une membrane qui va chercher les colonies israéliennes loin dans les territoires. Les colonies on les reconnaît à leurs toîts. Des vrais toîts pentus. Les arabes préfèrent la version plate. Et leurs villages sont adossés aux colines. Les israéliens, en général, prefèrent s'implanter en haut des monts.

Ce sont des petits trucs utiles à savoir. Au cas où vous seriez là-bas.

Soit un village palestinien et une ville palestinienne, distants de quelques kilomètres. Entre les deux, notre fidèle checkpoint. Les villageois peuvent pénétrer dans la ville. Pas l'inverse. Ceux de la ville restent dans leur ville, en point c'est tout. L'israélien, lui, ne peut pénétrer dans la ville palestinienne. L'européen, IL VA PARTOUT. Disons, s'il est européen caucasien.

Il y a plusieurs types de personnes qui passent un point de contrôle. Les femmes et leurs enfants. Ces derniers, s'ils sont petits, peuvent être tentés de toucher la mitraillette du soldat israélien pendant qu'il inspecte les papiers de sa maman. L'homme a sa file. Il passe sous un portique. Les trucs qui sonnent dans les aéroports. S'il a de la chance, il n'enlève pas ses chaussures. La ceinture, il n'y coupera pas. Mais l'homme palestinien continue d'en porter. Et il ne l'enlève qu'à l'extrême limite. Pas en attendant dans la queue.

Si on a des paquets avec soi, bon, bah on montre ses emplettes. Les fruits et légumes, un coup d'oeil. Pour les plus gros trucs, un scanner sur roulette à quelques mètres.

Les soldats, on se demande. C'est un camp de scouts ? Des filles, des garçons. 18 ans et quelques années de plus. Toute la journée, certains pendant 3 ans, ils regardent des papiers.

Ainsi, le palestinien, s'il a la chance de pouvoir aller d'un endroit à l'autre, intègre dans son planning le temps pour passer les multiples mini-frontières qui jalonnent la Cisjordanie.

Il connaît bien son pays. Il n'a pas besoin de panneaux indicateurs. Les panneaux indicateurs n'indiquent que les colonies juives. Pas les endroits arabes. Mais le nom des colonies juives est traduit en arabe.

Il sait également que certaines routes qui parsèment son territoire lui sont interdites. Ce sont des routes pour israélien. Ce n'est pas écrit. Il le sait.

Avant de quitter les territoires occupés, ça vaut le coup d'y manger. Very cheap. Genre 1,5 euros pour 4 falafels. Celui de la rue des Rosiers, si. Tout pareil.

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