28.06.2008
Sur la plage, les pavés
Les pavés ça me connaît.
Me suis enfilée Les frères Karamazov et L'idiot un mois d'août consécutif à une rupture amoureuse.
Revigorant.
Mais il y a plus léger
Je les ai lus et j'approuve grandement.
A vous d'en faire autant.
Une saga longue et virevoltante, 3 tomes sur Les Dukay, un régal.
De l'Empire Austro-Hongrois à la seconde guerre mondiale.
Quand Budapest n'était que Buda et Pest.
Romantique, lyrique et historique.























14:38 Publié dans Lu Lu | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : playlist, romans, été, littérature étrangère, livre
25.05.2008
(Lou Doillon) / 2
Son bref passage à Cannes, Mes 3 réflexions :
La petite Doillon ne sait pas tenir en place, tenir sa place.

Elle sait pas trop si elle est célèbre et pourquoi.
Ca me rappelle Higelin. Il passait son temps avec les techniciens de la salle de concert.
Genre "on est pareil".
Ce n'était pas du tout vrai. Ils étaient flattés et essayaient d'être à la hauteur. Ca les stressait pas mal, finalement.
La France est coupée en deux.
Moi et le reste du monde.
Et voilà ce que le monde dit de Lou :
bambouseraie - Elle fait un peu "Amy Winehouse",désolée pour elle...
chouchou - Elle est moche et c vraiment un sac d'os, aucune classe. Elle à la machoir drolement en avant. Beurk faudrait avoir faim pour coucher avec.
lula - je trouve qu'elle a l'air d'une clocharde en robe du soir...
lillie - Belles robes mais tête de droguée ...désolé je dis ce que je pense !
Begaudeau m'avait fait hurler de rire
(pourquoi on dit avoir le cafard ? / parce que les cafards c'est noir / alors pourquoi on dit pas avoir le corbeau ? / parce que les cafards ils sont petits ils font rien... / alors pourquoi on dit pas avoir les fourmis ? / non, non, au Maroc j'ai vu des fourmis hyper grosses
and so on...)
J'adule Cantet, ses ressources humaines et son emploi du temps
Alors j'exulte !
18:36 Publié dans Kill your idols, Lu Lu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lou doillon, cannes 2008, charlotte gainsbourg, people, entre les murs, françois bégaudeau, laurent cantet
18.05.2008
Détruire l'humanité : une obsession
Parfois, je fais le compte.
Mes connaissances concernant les crimes contre l'humanité, génocides et crimes massifs s'accumulent. Un aspect de la modernité, en être obsédé.
Sans doûte parce que j'ai écouté cette semaine Le pays des tigres disparus. Sur le Cambodge.
Ceux qui sont revenus
Lire L'espèce Humaine de Robert Antelme et ensuite La Douleur, de Marguerite Duras. Elle dit d'Antelme "Il a écrit un livre sur ce qu'il croit avoir vécu en Allemagne". L'espèce humaine donnerait foi en l'humanité, conservant une solidarité dans les pires extrémités. Je ne l'ai pas lu ainsi, malheureusement.
Etre sans destin ne décrit pas d'horreurs. Il est pourtant le plus effroyable. L'oeil d'un adolescent qui voit quelques avantages à la déportation. Les 20 premières pages sont étouffantes. Le jeune garçon s'accomode de l'étoile jaune. En ressort un adulte qui ne cessera d'être en colère. Imre Kertesz dit : "« Quand je pense à un nouveau roman, je pense toujours à Auschwitz. ».
Si c'est un homme de Primo Levi. Les souffrances de l'hiver, le froid, se transforment quand vient l'été. C'est la faim qui alors s'impose comme insupportable. La fin des premières douleurs est immédiatement remplacée par de nouvelles. Il s'étonne de ne pouvoir apprécier cette fin de l'hiver.
Refus de témoigner. Ruth Kluger aussi est en colère. Jeune à Auschwitz, comme Imre. Son problème, c'est d'avoir survécu. Elle ne s'en remet pas. Et que faire des touristes éreintés dans le camp d'Auschwitz ?
Il y a aussi les bourreaux
Un été infernal. 2006. Ecouter jour après jour le Procès de Nuremberg sur France Culture. De pire en pire. Non pas ce qui est dit. Mais au fil des jours il est de plus en plus éprouvant de l'écouter. Le dernier plaisir de Göring : ridiculiser le prêtre qui s'entretient avec lui. Après son départ, il se suicide.
Je n'ai pas compris le livre d'Hanna Arendt. Eichmann à Jérusalem. Sa position par rapport à Israël est complexe. On a retenu La banalité du mal. Je ne sais pas ce que cela veut dire. Juste que Le grand Mal n'existe pas mais après? Lire ça.
Les Bienveillantes. La controverse est stupide. Intéressante mais tant de mauvaise foi. Lanzmann parce que la Shoah lui appartient. Les Inrockuptibles obsédés par le classicisme du roman. La jalousie des écrivains. Le personnage principal ne m'intéresse pas plus que ça. Il y a plusieurs façons d'être un bourreau, d'être convaincu de ce que l'on fait, de s'en accomoder. Jonathan Littell est d'accord : 'Les lecteurs se focalisent beaucoup sur Max, mais pour moi tous les autres, tous ceux que Max décrit, étaient aussi importants. Que ce soit Eichmann, que ce soit Rebatet, que ce soit les gens que j'ai inventés, j'ai essayé de montrer toute la gamme des nazis qu'il pouvait y avoir. Du petit nazi de base jusqu'à Himmler. Et Max comme figure me servait à ça'. Lu dans une sorte de transe, en 15 jours. Je me réveille dans la nuit pour poursuivre ma lecture.
Les familles
Les Disparus. De Daniel Mendelsohn. Poussif. Il entendait enfant : «Les Allemands sont mauvais, les Polonais plus encore, mais les Ukrainiens sont les pires.». Un passage marquant, cependant. Le seul survivant juif d'un petit village sollicite l'Allemagne pour la construction d'un monument aux morts sur le site de l'extermination. Très volontiers, répondent les autorités allemandes. Mais suggère au demandeur de conduire une souscription auprès de la communauté juive du village. Oui mais, répondit-il, tous les autres membres de la communauté sont sous l'endroit où doit être érigé le monument.
Les Témoins vivantsL'Ukraine dans La shoah par balles. Les sourires des Ukrainiens font penser à ceux des polonais interrogés par Lanzmann dans Shoah. Nous avons imaginé avec des amis agrémenter ainsi nos samedis soir, en regardent ce dernier documentaire semaine après semaine. Ceux qui l'ont vu ont en tête Le Coiffeur. Abraham Bomba.
La trilogie de Hatzfeld. De la poésie. Le rwandais, une langue extraordinaire. Un coupeur de bras, de jambes, de têtes, admet : "Pour son for intérieur, c'est plus risquant de se souvenir que d'oublier".
Voyeurisme, Fascination, ou Sidération ? Je n'ai pas fini.
Un intellectuel Israelien a dit : C'est à vous de vous charger de cette histoire, pour nous en dégager, pour qu'on puisse penser autre chose.
21:01 Publié dans Avis autorisé, Lu Lu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : shoah, holocauste, rwanda, jonathan littell, daniel mendelsohn, jean hatzfeld, imre kersetz


