28.06.2008

Sur la plage, les pavés

Les pavés ça me connaît.

Me suis enfilée Les frères Karamazov et L'idiot un mois d'août consécutif à une rupture amoureuse.

Revigorant. 

Mais il y a plus léger 

 

Je les ai lus et j'approuve grandement.

A vous d'en faire autant.

 

Une saga longue et virevoltante, 3 tomes sur Les Dukay, un régal.

De l'Empire Austro-Hongrois à la seconde guerre mondiale. 

Quand Budapest n'était que Buda et Pest.

Romantique, lyrique et historique. 

 

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Une autre saga mais en Chine.
 
Plus austère, of course. 
 
Au début du 20ème siècle, l'histoire d'une famille traditionnelle.
 
Quatre générations sous un même toît, le bien nommé. 
 
Attention, le risque est grand de détester les japonais...
 
 
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Pour s'en remettre, lire Soseki.
 
Mon préféré reste Clair Obscur.
 
L'histoire d'un couple 
 
A éviter néanmoins si l'on est un peu down.
 
La mélancolie japonaise est inégalée.
 
Le Voyageur est sur le même ton, plus dur encore. 
 
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Pour rigoler un peu.
 
Se plonger dans la vie d'un homme de 80 ans que sa femme vient de plaquer.
 
Il entreprend alors Le Voyage vertical. 
 
Par un auteur espagnol merveilleux, Enrique Vila-Matas.
 
Un autre de ses bijoux : Loin de Veracruz. 
 
Mais uniquement si on aime l'absurde. 
 
 
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Romans noirs victoriens ?
 
J'appelle Wilkie Collins.
 
Un pote de Dickens.
 
Sans nom, La dame en blanc.
 
Je concède que c'est un peu lourdingue et très facile à lire.
 
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Petit détour par le monde contemporain.
 
Les Campus Novels.
 
J'ai adoré celles de David Lodge.
 
Mais me suis ennuyée avec le dernier de Zadie Smith.
 
Deux gros bouquins sympas :
 
Le maître des illusions, de Donna Tartt.
 
Moi, Charlotte Simmons par Wolfe.
 
Le premier est plus gothique, le second plus cynique. 
 
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 Vous aimez Jim Harrisson mais connaissez trop ses ficelles ?
 
Découvrez Wallace Stegner. 
 
Il écrit toujours sur des vieux ronchons. 
 
Il y a Vue cavalière. 
 
Mais mon préféré reste La vie obstinée.
 
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 Glaçant et utile : comment un jeune garçon en vient...
 
... à massacrer ses camarades de collège.
 
Il faut qu'on parle de Kevin.
 
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 Vous êtes en pleine dépression ?
 
Vous souhaitez en sourire ?
 
Herzog est fait pour vous.
 
Saul Bellow est l'équivalent d'un Philip Roth
 
Qui écrirait de manière agréable !
 
Plus désespéré, tout aussi fort, La vie en suspens. 
 
 
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Un couple chouchou.
 
Lire les deux l'un à la suite de l'autre.
 
Non, non, pas Auster et sa Siri.
 
Mais Nicole Kraus et son Histoire de l'amour.
 
Puis son mari Jonathan Safran Foer.
 
Pas Tout est illuminé, dont je n'arrive pas à dépasser les 10 premières pages. 
 
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Fan de Thomas Mann ?
 
L'affaire Maurizius est pour vous.
 
Par Wassermann, incroyablement peu connu.
 
Un roman d'initiation à l'injustice. 
 
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Autres placebos délicieux :
 
Barbara Pym, si on aime Jane Austen.
 
Un seul reste en tête, cependant.
 
Une demoiselle comme il faut.
 
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 Molly Keane en est la version irlandaise, plus âpre.
 
L'un de ses romans est particulièrement réussi.
 
Un beau mariage.
 
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Assez des mièvreries ?
 
Passons aux déboires amoureux d'un cinquantenaire.
 
Anglais. 
 
D'où very funny !
 
La mer, la mer d'Iris Murdoch.
 
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 Sous la canicule, se rafraichir.
 
Avec Smilla ou l'amour de la neige.
 
Un roman noir qui finit dans les glaciers. 
 
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A déguster si on est à Ibiza.
 
Toutes, je dis bien toutes, les nouvelles de Fitzerald.
 
Dans Un diamant gros comme le Ritz.
 
A notez, je n'ai jamais pu me plonger dans l'un de ses romans. 
 
 
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J'ai aussi tâté des romans historiques.
 
Waltenberg de Kaddour est bien.
 
Mais ne pas se laisser avoir par les 50 premières pages, trop poétiques à mon goût.
 
Ensuite, on plonge dans l'univers de John Le Carré.
 
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Vie et Destin de Grossman.
 
La Russie soviétique.
 
Moins plaisant que Guerre et Paix, il faut l'avouer.
 
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Retour vers les sagas, cette fois-ci dans les pays nordiques.
 
Une trilogie de Wassmo.
 
Mais pas n'importe laquelle. 
 
Le livre de Dina.
 
Pas la trilogie de Tora, glauquissime.
 
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Un must, si on veut se plonger dans Henry James.
 
C'est Portrait de Femme.
 
Le moins alambiqué, et c'est dire, de ses romans. 
 
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Et pour Virginia Woolf, ce ne sont pas les plus connus.
 
Pas les plus inventifs, pas les plus avant-garde.
 
Mais les romantiques:
 
La traversée des apparences.
 
Une jeune fille y tombe amoureuse.
 
Ou encore Les années.
 
La saga découpée, morcelée, d'une famille anglaise.
 
Après, si on a aimé, on peut se lancer dans La promenade au phare.
 
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J'allais oublier.
 
Incroyable mais Salinger aussi, a un fils adoptif.
 
Dave Eggers.
 
Le titre en anglais est plus savoureux : You shall know our velocity.
 
Le pitch : comment faire du bien à l'humanité quand on gagne une grosse somme d'argent ?
 
Pas facile. 
 
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 De Salinger, vous ne connaissez peut-être pas Franny et Zooey.
 
Sur les 2 petits derniers de la famille. 
 
Aussi brillants, torturés et en quête de sincérité. 
 
 
Et pour finir, si on a envie d'un livre court.
 
Magistral.
 
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Le roman monologue qui a fait croire à toute une génération d'auteurs qu'écrire était facile.
 
 
J'attends vos réactions, avant, pendant, après les avoir lus ! 
 
 

25.05.2008

(Lou Doillon) / 2

Son bref passage à Cannes, Mes 3 réflexions : 

La petite Doillon ne sait pas tenir en place, tenir sa place.

 

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Elle sait pas trop si elle est célèbre et pourquoi. 

Ca me rappelle Higelin. Il passait son temps avec les techniciens de la salle de concert. 

Genre "on est pareil".

Ce n'était pas du tout vrai. Ils étaient flattés et essayaient d'être à la hauteur. Ca les stressait pas mal, finalement.

 

La France est coupée en deux.

 

Moi et le reste du monde.

Et voilà ce que le monde dit de Lou :

bambouseraie - Elle fait un peu "Amy Winehouse",désolée pour elle...

chouchou -  Elle est moche et c vraiment un sac d'os, aucune classe. Elle à la machoir drolement en avant. Beurk faudrait avoir faim pour coucher avec.

lula - je trouve qu'elle a l'air d'une clocharde en robe du soir... 

lillie - Belles robes mais tête de droguée ...désolé je dis ce que je pense !

 

Begaudeau m'avait fait hurler de rire

(pourquoi on dit avoir le cafard ? / parce que les cafards c'est noir / alors pourquoi on dit pas avoir le corbeau ? / parce que les cafards ils sont petits ils font rien... / alors pourquoi on dit pas avoir les fourmis ? / non, non, au Maroc j'ai vu des fourmis hyper grosses

and so on...)

J'adule Cantet, ses ressources humaines et son emploi du temps

Alors j'exulte !

 

 

 


 

18.05.2008

Détruire l'humanité : une obsession

Parfois, je fais le compte.

Mes connaissances concernant les crimes contre l'humanité, génocides et crimes massifs s'accumulent. Un aspect de la modernité, en être obsédé.

Sans doûte parce que j'ai écouté cette semaine Le pays des tigres disparus. Sur le Cambodge.

Ceux qui sont revenus 

Lire L'espèce Humaine de Robert Antelme et ensuite La Douleur, de Marguerite Duras. Elle dit d'Antelme "Il a écrit un livre sur ce qu'il croit avoir vécu en Allemagne". L'espèce humaine donnerait foi en l'humanité, conservant une solidarité dans les pires extrémités. Je ne l'ai pas lu ainsi, malheureusement.

Etre sans destin ne décrit pas d'horreurs. Il est pourtant le plus effroyable. L'oeil d'un adolescent qui voit quelques avantages à la déportation. Les 20 premières pages sont étouffantes. Le jeune garçon s'accomode de l'étoile jaune. En ressort un adulte qui ne cessera d'être en colère. Imre Kertesz dit : "« Quand je pense à un nouveau roman, je pense toujours à Auschwitz. ».

Si c'est un homme de Primo Levi. Les souffrances de l'hiver, le froid, se transforment quand vient l'été. C'est la faim qui alors s'impose comme insupportable. La fin des premières douleurs est immédiatement remplacée par de nouvelles. Il s'étonne de ne pouvoir apprécier cette fin de l'hiver.

Refus de témoigner. Ruth Kluger aussi est en colère. Jeune à Auschwitz, comme Imre. Son problème, c'est d'avoir survécu. Elle ne s'en remet pas. Et que faire des touristes éreintés dans le camp d'Auschwitz ?

Il y a aussi les bourreaux 

Un été infernal. 2006. Ecouter jour après jour le Procès de Nuremberg sur France Culture. De pire en pire. Non pas ce qui est dit. Mais au fil des jours il est de plus en plus éprouvant de l'écouter. Le dernier plaisir de Göring : ridiculiser le prêtre qui s'entretient avec lui. Après son départ, il se suicide.

Je n'ai pas compris le livre d'Hanna Arendt. Eichmann à Jérusalem. Sa position par rapport à Israël est complexe. On a retenu La banalité du mal. Je ne sais pas ce que cela veut dire. Juste que Le grand Mal n'existe pas mais après? Lire ça.

Les Bienveillantes. La controverse est stupide. Intéressante mais tant de mauvaise foi. Lanzmann parce que la Shoah lui appartient. Les Inrockuptibles obsédés par le classicisme du roman. La jalousie des écrivains. Le personnage principal ne m'intéresse pas plus que ça. Il y a plusieurs façons d'être un bourreau, d'être convaincu de ce que l'on fait, de s'en accomoder. Jonathan Littell est d'accord : 'Les lecteurs se focalisent beaucoup sur Max, mais pour moi tous les autres, tous ceux que Max décrit, étaient aussi importants. Que ce soit Eichmann, que ce soit Rebatet, que ce soit les gens que j'ai inventés, j'ai essayé de montrer toute la gamme des nazis qu'il pouvait y avoir. Du petit nazi de base jusqu'à Himmler. Et Max comme figure me servait à ça'. Lu dans une sorte de transe, en 15 jours. Je me réveille dans la nuit pour poursuivre ma lecture. 

Les familles

 Les Disparus. De Daniel Mendelsohn. Poussif. Il entendait enfant : «Les Allemands sont mauvais, les Polonais plus encore, mais les Ukrainiens sont les pires.». Un passage marquant, cependant. Le seul survivant juif d'un petit village sollicite l'Allemagne pour la construction d'un monument aux morts sur le site de l'extermination. Très volontiers, répondent les autorités allemandes. Mais suggère au demandeur de conduire une souscription auprès de la communauté juive du village. Oui mais, répondit-il, tous les autres membres de la communauté sont sous l'endroit où doit être érigé le monument.

Les Témoins vivants 

L'Ukraine dans La shoah par balles. Les sourires des Ukrainiens font penser à ceux des polonais interrogés par Lanzmann dans Shoah. Nous avons imaginé avec des amis agrémenter ainsi nos samedis soir, en regardent ce dernier documentaire semaine après semaine. Ceux qui l'ont vu ont en tête Le Coiffeur. Abraham Bomba.

La trilogie de Hatzfeld. De la poésie. Le rwandais, une langue extraordinaire. Un coupeur de bras, de jambes, de têtes, admet : "Pour son for intérieur, c'est plus risquant de se souvenir que d'oublier".

Voyeurisme, Fascination, ou Sidération ? Je n'ai pas fini.

Un intellectuel Israelien a dit : C'est à vous de vous charger de cette histoire, pour nous en dégager, pour qu'on puisse penser autre chose.