05.11.2009
Dis Dis Dis (Say Say Say)
Nous naissons tous à l'age de 0 an. L'age de notre mort est bien plus divers.
Lorsque Jackson a disparu, j'ai pensé à Levi Strauss, au fait qu'il lui survivait. Pas tellement longtemps finalement.
L'un part à 51 ans, l'autre à 101 ans.
Lévi-Strauss monte sur la dernière marche du podium à l'âge de 51 ans, en accédant à une chaire au Collège de France (la plus haute distinction pour un chercheur en sciences humaines je l'affirme et ne devrais pas être contredite).
L'apogée de Michael : l'album Thriller, il a 24 ans.
La paire a gravi les échelons jusqu'à la moitié de sa vie et est descendue de l'échelle plus ou moins calmement pendant l'autre partie. Ils n'ont plus créé de rupture ensuite mais qui peut s'enorgueillir d'en avoir créé une seule dans la vie de l'humanité ?
Les deux sont des inventeurs majeurs et je n'en ai compris aucun.
Relativement indifférente au chanteur, je n'ai pris la mesure de mon goût pour ses mélodies qu'en juillet dernier, en écoutant une radio du Poitou-Charentes diffuser son oeuvre une nuit durant. "C'est de lui ? J'adore !". Je ne suis pas non plus à l'origine de la prédilection de Bambi mon chien pour la MoonWalk. Il l'exécute assez élégamment, un mouvement vers l'arrière légèrement saccadé. Où a-t-il donc chipé la chorégraphie ?
Les théories de Lévi Strauss ne se sont jamais imposées à mon esprit. Infoutue de les digérer. Aurai-je plus de chance aujourd'hui ? Vais-je enfin réaliser, par la grâce de son déces, que "j'adore" son système de pensée ? Ferais-je du structuralisme sans le savoir ?
Sans doute l'une de ses plus grandes influences sur nos manières de penser consiste dans l'abandon de l'idée de primitifs à la pensée prélogique: les bororos qui prétendent être des perroquets contre toute logique ne sont pas des cons. La pensée sauvage n'est pas mère de la pensée civilisée (il reste encore un peu de chemin à faire).
Mais pour résumer en peu de mots le structuralismes, je m'avoue fort empotée. Essayons-nous.
1 Les processus sociaux sont issus de structures fondamentales qui sont le plus souvent non conscientes, implicites. Et ces structures sont les mêmes pour tous les esprits, anciens et modernes, primitifs et civilisés.
2 Prenons une institution sociale qui serait la famille, le processus social que sont les relations de parenté. Quelle est sa structure inconsciente ? Quelle est la raison pour laquelle nous distinguons les couples que sont le mari et la femme, le père et le fils, le frère et la soeur, l'oncle maternel et le fils de sa soeur ?
3 Derrière tout cela : l'obligation de céder des sœurs ou des filles contre des épouses, obligation qui est la forme première du contrat social. La loi valable en tous temps et tous lieux : la réciprocité de l’échange des femmes. La société naît de la circulation des femmes.

4 Pour que circulation il y ait, il faut que chaque homme donne sa sœur (avec qui il s’interdit donc de se marier) à un autre homme, afin que ce dernier lui donne en échange sa propre sœur. La prohibition de l'inceste interdit moins d'épouser mère, soeur ou fille qu'elle n'oblige à donner mère, soeur ou fille à autrui.

5 Or, la prohibition de l'inceste nécessite d'identifier ceux qui sont touchés par l'interdiction. De distinguer ceux qui nous sont apparentés des autres. De créer des formes élémentaires de la parenté.

C'était révolutionnaire, d'enlever à la famille son caractère naturel, inné et d'en faire le produit d'une jeu social, n'est-il pas ?
C'est tombé dans l'oreille d'un mélomane. Jackson a eu ses raisons d'en tirer des conséquences pratiques.
Sa famille est une créature qu'il a conçue de ses mains, il n'a plus voulu échanger de femme avec quiconque, au besoin il les a louées.
Etait-il un grand lecteur de Lévi Strauss ? La parole est à la jeunesse: "Pas besoin de connaître les formes élémentaires de la parenté pour affirmer : « mes vieux me gavent … » "
10:17 Publié dans La culture pour les excellents | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : michael jackson, claude levi strauss, structuralisme, lisa marie presley, elvis, funérailles
27.10.2009
Jamais de total look / consigne N°2
Vous avez eu une nuit pour me mépriser.
"Pfeuh, on le savait déjà"
Vous admettez sans difficulté que le costume Paul Smith réclame un cabas en cuir H&M ligne Homme. Vous mariez easy cardigan Agnès b. années 90 et mini Maje en cuir. Le V Neck American Apparel s’embellit au contact d’une veste Cardin vintage. Les boots Maison Martin Margiela Ligne 1 ne dévoilent leur finesse qu’accompagnées d’un bon jean Wrangler brut.
Sinon ça fait déguisement.

Et pourtant, pourtant…
CERTAINS D’ENTRE VOUS PERSISTENT A PENSER QU’ON PEUT APPRECIER ANNA KARENINE SANS LA LECTURE REGULIERE DE VOICI.
Or, nulle part ailleurs pourrions-nous rencontrer des Madame (ou Melle ?) Karenine contemporaines.

Prenez moi. Un de ces soirs, j’ai commencé par un documentaire sur l’Allemagne vaincue de 1945 parcourue par l'écrivain Suédois Stig Dagerman (auteur de Notre besoin de consolation est impossible à rassasier) . J’ai du interrompre le programme parce que cela angoissait trop Bambi (si vous voulez en savoir plus sur sa vie, je l'ai déjà évoquée ici).

Pas de souci, Bambi, j’lui ai dit. On a zappé sur Bordeaux-Bayern. En douceur. Ca m’a permis de continuer à deviser dans ma petite tête sur l’âme allemande.

Exemple: si on accepte l’idée selon laquelle le foot allemand a certaines caractéristiques culturelles propres à leur nation (comme « ils mettent des mines » ou « ils n’abandonnent jamais »), on comprend éventuellement pourquoi ce pays s'est relevé d'un traitement qualifié d'inhumain par Dagerman.
Ou alors, s'étant relevé du nazisme et de l'après-guerre, les allemands ont-ils développé une croyance phénoménale dans l'idée que rien n'est jamais fini, foutu ? Croyance magnifiquement exemplifiée par leur foot (ils ont perdu ce soir-là, mais ils y ont cru jusqu'au bout) ?
La culture aussi exige le mélange des genres.
M6 et le Monde Diplomatique en marinière Chanel et sac en daim Pimkie.
ps : un vieu truc sur le débat Durkheim-Tarde Versus Jane-Kate.
09:18 Publié dans La culture pour les excellents, Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ligue des champions, seconde guerre mondiale, football, littérature, look, magazine, tolstoi, dsk
26.10.2009
Jamais de total look / consigne N°1
C’est vulgaire, la panoplie.
Ca signe son manque d’imagination.
Prenez moi. Aujourd’hui je porte une robe Zara mini-prix, un manteau Monoprix, un sac Anna Corinna acheté à une blogueuse, des collants achetés aux Puces de Montreuil (pourtant neufs), un gilet H&M, des boots Et Vous venues d’Ebay.
Si jamais, si jamais j’étais en total look Autre Ton pour Monoprix, vous n’auriez plus aucun respect pour moi.
Si par malheur, par malheur, je n’étais vêtue qu’en Chloé by Hannah MacGibbon (On s'y attendait. Les collections n'étaient pas à la hauteur, la qualité des matières faisait jaser... Paulo Melim Andersson a été remercié par la maison Chloe) vous seriez consterné.

Prenez la photo du milieu.
Autant aller s'acheter direct un costume de majorette.

En revanche, si je mariais, disons Erotokritos et Monoprix.

Ah non ça c’est vraiment trop laid.
En tout cas, toute personne normalement constituée interrogée sur ses petits trucs secrets pour être à la mode vous confiera : « Mixer ».
La clef d’une allure personnelle c’est le cheap and chic.
Je vous apprends quelque chose ? Je souhaite que cette recommandation vous semble totalement superflue. Limite insultante. Un bon lecteur de blog est un lecteur exquisément exigeant.
Dans votre grande majorité, vous l’êtes.
Et pourtant, pourtant… la suite
09:04 Publié dans La culture pour les excellents, Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mode, littérature, hype
23.10.2009
Une autre vie que la mienne
Je vous la fais courte : par un heureux hasard, nous tombons sur TIM ETCHELLS.
Son blog est foutraque. Parfois, il s'interroge sur les règles de notre reality show. Où est le confessionnal dans nos maisons ? Fait-on encore partie du show lorsqu'on part en vacances 2 semaines ? Est-ce une ruse de la production ? Les tâches assignées ne sont-elles pas trop dures et potentiellement dangereuses ? Certains acteurs du show meurent pendant son cours. La structure de notre jeu semble trop dissemblable de celle de Secret Story. Tout cela semble nébuleux. A moins que les spectateurs du Reality Show disposent de plus d'informations que nous, ses acteurs.
Ce qui est plaisant, c'est son travail d'artiste performer.
Il travaille sur la peur, l'urgence, l'insécurité, la terreur. A ces situations désespérées, il oppose une quiétude oppressante.
Un téléphone d'urgence qui, lorsqu'on le décroche, diffuse des sons d'oiseaux, c'est tout.

"Attends, je suis allé chercher de l'aide". Un message intime mais obscur, car l'imminence du danger est paralysée par la lourdeur du dispositif d'information.

Les mesures de sécurité invitent chaque visiteur du musée, à adopter une attitude protectrice. Soit en feignant de porter une arme, soit en souriant à tout le monde, soit en buvant beaucoup d'eau. Chacun dispose ainsi de son propre système de défense.

Un autre de ses projets consiste à demander à des inconnus d'écrire à propos de "la chanson qui les protège" (protective song). Puis, il a créé un orchestre composé des membres d'une compagnie de sécurité. Ils ont joué des fragments de ces chansons, sous-titrés des mots expliquant la vertu protectrice du morceau. Il appelle cela le MUR DU SON.
Tim est friand d'interactions. Si vous l'acceptez, il guidera votre comportement pendant 5 jours, à raison de 75 SMS vous enjoignant à effectuer divers actes.


C'est overly moderne, pas révolutionnaire, mais plaisant.
pj : Il nous envoie aussi sur d'autres routes.
Le travail d'Hannah Kozak, doublure des actrices de Lynch.

09:16 Publié dans La culture pour les excellents | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tim etchells, sophie calle, performance, littérature
21.10.2009
Gala me fait tiquer (galactique, ouaf ouaf ouaf)
"Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas"
Ring a bell ? (ça tilte dans votre tête ?)
Vous pensez que je vais ENCORE évoquer la seconde guerre mondiale, obsession à mon sens tout à fait normale pour quelqu'un de moderne, comme moi et vous.
Cette pensée est sensée.
Car l'un des grands mystères du siècle est de savoir qui savait quoi pendant cette période, par exemple qui savait quoi de l'extermination des juifs.
Si par malheur tout le monde savait tout de l'extermination des juifs c'est à désespérer de l'humanité, pense-t-on.
L'hypothèse généreuse et consolatrice à laquelle nous avons décidé d'adhérer est que personne ne savait rien
"On ne savait pas. Du moins, les gens simples comme moi qui était fils d’un artisan, qui n’était pas d’une famille de journaliste ou d’homme politique ou de gens qui appartenaient à la société éclairée. On ne savait rien. La preuve qu’on ne savait rien, c’est que ma mère avait été déportée parce qu’elle était juive. Et moi, en mai 1945, à la fin de la guerre, j’ai été l’attendre à la gare plusieurs jours." Interview de Marc Ferro.
Or, lorsqu'on ne sait pas, on ne peut pas...
... peut pas agir.
Et pas seulement commenter comme ces fiottes de journalistes vautrés la journée durant dans leur fauteuil Chesterfield à émettre des critiques au kilomètre sans jamais (et blablabla et blablabla).
On s'égare.
En fait non.
On est sur le bon chemin.
Parce que pour agir, bougre de Dieu, il faut bien être au courant, informé, il faut savoir si oui ou non les juifs sont exterminés, si oui ou non le fils Sarkozy fait son trou.

(Parfois, je vous l'accorde, on agit sans savoir. Ca s'appelle la guerre préventive ou préemptive c'est selon).
Pour cette fois, c'est-à-dire pour la seconde guerre mondiale et l'extermination des juifs, on veut bien croire qu'on ne savait pas, l'excuse peut servir de refuge pour cette fois, on baissera les yeux pour cette fois, ça passe, pour cette fois.
Mais que l'on ne nous y reprenne plus.
"On ne pourra pas dire qu'on ne sait pas ... puisqu'on sait"
Eh bien les Zinzins de chez GALA, le magazine, c'est le slogan qu'ils ont élu, pour leur précieuse campagne de publicité à la télévision.
Avec Gala, on ne pourra plus dire qu'on ne savait pas.

pj : c'est vraiment trop chouette, les pubs à la télé.
14:21 Publié dans La culture pour les excellents | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, publicité, télé
09.10.2009
Les gens nouveaux
Ici, nous aimons les mal barrés. Remember Who Killed Bambi ?






08:26 Publié dans La culture pour les excellents | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
30.09.2009
La Roux ? Non, Le Rousse
Il y a les éléments de la vie.
Et il y a le point de vue dessus.
L'endroit d'où on regarde, au choix : notre famille, amis, animaux de compagnie, compagnon, la maison, nos hanches, les souffrances diverses, les rdv professionnels, le transport collectif, Nöel, nos croyances religieuses.
Il faut se mettre pile à la bonne place pour que tous ces trucs s'alignent.
Ou forment une forme.


10:52 Publié dans La culture pour les excellents | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : anamorphose, maison européenne de la photographie, art
18.02.2009
Bobo - La vraie histoire
Vis une crise de bourgeoisie aïgue.
A cause de tous ces trucs sur le style Preppy.
On s'y essaie en France, avec plus ou moins de bonheur.
Passés 26 ans, je ne cautionne pas la jupe plissée tartan courte.
Ici, je m'accorde 10/10.
Le blason est en place. Les mocassins sont de sortie. Mais y a du jean.

Néanmoins, si mon interpréation de collégienne vieillie revient à être BCBG, quel pas en arrière !
C'est pourtant bien ce qui m'arrive.
Du marron à toutes les sauces.
Et après quelques étapes intermédiaires...

Devenir Joey Potter à l'Université de Boston.
Joey est cool et casual mais dès qu'elle passe les portes de l'université, elle ne porte plus que du beige et du tweed.

J'ai laissé s'envoler tout le côté bohème qui était en moi.
Et pourtant, on est les rois de cette catégorie, nous les français.
On a toujours eu de la bourgeoisie bohème, de la gauche caviar.
On porte des pulls en cachemire avec écrit IMAGINE au dos. Depuis toujours.

L'idée de Bobo, elle est venue des USA, quand un journaliste malin, David Brooks, a repéré que ses concitoyens adoptaient les moeurs européennes.
C'est-à-dire que dans le vieux monde, il était admis d'avoir de l'argent, un revenu confortable et de développer des idées progressistes, gauchistes éventuellement, enfin d'avoir un mode de vie plutot à la cool.
Et cette façon de vivre n'existait pas aux Etats-Unis avant les années 80, 90.
Les gens qui avaient de l'argent devaient tenir leur rang.
Mais au lieu de s'intéresser à l'argenterie, on les a vus passer de plus en plus de temps dans les magasins de sport pour acheter des sacs à dos très compliqués.

Leurs signes extérieurs de richesse ont changé.
Nos aristos à nous avaient le titre, de quoi se distinguer aisément de la populace.
La populace, sauf dans les contes de fées, avait peu de chance de s'y intégrer.

Mais les grandes familles américaines, c'est auitre chose, il fallait pouvoir instaurer une barrière bien étanche pour ne pas se laisser envahir par les gens de peu.
Dans les bouquins d'Edith Warton, notamment Le temps de l'innocence (transposé au cinéma par Scorsese), l'importance des signes sociaux de respectabilité est patente.

Faut dire aussi que les colons du Mayflower, veus d'Angleterre en 1620, n'étaient pas des joyeux drilles : "Calvinistes anglais aux mœurs puritaines, ils ont quitté un pays qu’ils jugeaient peu orthodoxe, avec la ferme volonté de créer une communauté totalement fidèle aux enseignements de la Bible".
Rien à voir avec les joyeux drilles qui se sont installée en Australie, 150 ans plus tard.
Bon, tout ça est bien, parfait, mais je veux me récupérer. Si, quand j'étais fun, quand je défiais Rumi et Agyness.
Faut que j'arrête de m'embourgeoiser.
| |
08:02 Publié dans La culture pour les excellents, Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : katie holmes, dawson, séries télé, csp, bourgeoisie
16.02.2009
J'ai été "personnal shoppée" / tre
Grâce à l'ange noir du Grand Magasin, j'ai acheté un très joli pantalon hyper pas cher.
Grâce aux conseils avisés de mon personnal coach j'ai appris comment on se faisait une silhouette printemps-été 2009.
C'est bien, ça.
Ensuite, entre nous, ce fut : "Non, pas ça" (cliquez, regardez, per favore).
De la mousseline qui traîne dans les saucières, j'en veux pas.

J'ai déjà donné, les manches de Mousquetaires, ma maladresse n'est pas faite pour.

(ces manches sont constellées de petites tâches de vin rouge)
D'ailleurs, j'éprouve toujours un certain plaisir lorsque, lors d'un dîner ou d'une soirée, une personne renverse, qui un verre de vin, qui une assiette de pattes.
Tout ce que je pourrai bien faire par la suite passera inaperçu après le scandale provoqué par ce premier forfait.
J'exulte tellement que mes hôtes peuvent en être blessé, tout du moins interloqués.
Le vrai problème qu'on a rencontré dans notre relation, la coach et moi, c'est qu'on ne me voyait pas pareil.

J'ai trop de hanches pour un short bouffant.
Non, elle trouve mes hanches toutes petites.

J'ai de jolies jambes et je suis petite donc le court avec des chaussures qui ne montent pas trop haut c'est parfait pour moi.
Non, elle me dit que j'ai intérêt à mettre des bottes hautes pour cacher le fait que mes genoux se rejoignent.
Bêtement, je la crois pour le coup des jambes mais trouve toujours mes hanches aussi larges.
J'ai retenu que le négatif, en somme.
Ca continue de me troubler.
Pour comprendre mon désarroi, il faut lire Un, Personne, Cent mille, de Luigi Pirandello.
(le titre en italien est : Uno, Nessuno, Cente Mille)
Après des années de vie commune, le mari apprend de sa femme qu'il a le nez légèrement de travers "il est tordu, une légère déviation à droite".
Son monde s'écroule :" la pensée que je n'étais pas pour autrui tel que je me l'étais figuré jusqu'alors, me devint une vraie obsession".
Il réalise notamment qu'il ne peut jamais se voir tel que les autres le voient car dès qu'il s'observe dans un miroir, il devient le Moi qui lui est familier.
Il ruse pour s'observer sans "se penser", fugacement, dans les miroirs : "je cherchais à me surprendre dans la spontanéité de mes actes".
On peut, un peu, se voir sans se voir quand on se prend en photo dans des doubles miroirs.

Je ne me connais pas cette expression.
Est-ce qu'elle existe uniquement quand j'essaie de me prendre en photo, apparaît-elle aux autres et en quelles occasions ?
Je ne saurai certainement jamais si mes jambes sont jolies ou cagneuses*, ni si mes hanches sont trop larges ou d'une taille idéale.
Il n'y a aucune réponse à cela, ou cent mille.
*Qui a les jambes tournées en dedans, rapprochées au niveau des genoux et écartées au niveau des pieds.
08:43 Publié dans La culture pour les excellents, Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nathalie sarraute, printemps, galeries lafayette, coach
13.02.2009
On est toujours l'indien de quelqu'un ?
Au début de cette histoire furent les bottines à franges issues des indiens.
Puis, la jupe longue au motif cachemire des indiens.
Nos derniers indiens sont situés en Amérique du Sud.
Qu'allons-nous y dénicher ? Des blouses, pardi ! Des bagues et des colliers en argent et sertis de Turquoise ! Un bonnet péruvien aussi*. Des sacs en laine rugueux, des foulards colorés.

(photo prise par quelqu'un avec quelqu'un dessus)
A notre sauce.

Un port de tête.

Un corps corseté.

Un peu de tenue.

Pourquoi tant d'indiens, quand même, eux qui sont si différents et disséminés aux 4 coins du monde ?



Cette appellation commune semble être partie d'une obsession européenne au 15ème siècle : aller en Inde.
Inde, le nom serait dérivé de l'appellation en ancien persan du fleuve Indus ("Sindhi").
(Bien que le fleuve en question parcourt surtout le Pakistan. J'aime bien parler des conflits mondiaux. Cette précision n'était pas vraiment nécessaire sinon).

(Isabelle La Catholique, ma grande copine)
Pendant longtemps, les Égyptiens (vers - 2500) et les Mayas (vers + 700), ont ignoré leur commun plaisir à construire ce truc absurde qu'est une pyramide (toujours la grimper en zig-zaguant, pour ne pas se fatiguer, valable aussi lorsque l'escalier mécanique de la station Télégraphe est en panne).
Disons que si on partait à l'ouest de l'Europe, on devait tomber sur l'Inde ou Les Indes. Forcément.
Quoi d'autre / What else / Qué Otro ?

(Le monde vers 1450, tout à gauche, à la moitié de la carte, on repère la France et l'Espagne)
1492
A quel moment ce grand benêt de Colomb se rend compte qu'il n'est pas sur les côtes occidentales des Indes ?
Que les occupants de ce territoire ne sont pas à proprement parler des Indiens ?
Qu'il est à Cuba et pas au Japon ?
Jamais. Y retourne 3 autres fois.
Meurt en 1506.

La carte où figure le nouveau continent n'est établie qu'en 1507.
"Il avait largement sous-estimé la distance qui sépare l'Europe de l'Asie par l'Ouest" comme dirait Wikipedia.
Après, ça n'arrête plus, les Espagnols et les Portugais s'installent en "Amérique".
Ils déciment 90% des "Indiens" qui y sont présents (source : Le livre Noir du Colonialisme).
Parfois juste par la propagation involontaire de bactéries, microbes, contre lesquels les autochtones ne sont pas immunisés (soyons justes).
Mais subsiste l'artisanat. Artisanat bof, ça fait poterie.
L'inspiration ethnique ?


(Dries Van Noten)
Non, le terme que nous cherchons est Folk.
Les gens. Le peuple.
Quel est le mauvais esprit qui a pensé à la traduction allemande du terme ? Pas moi.

Le monde serait peut-être mieux vu, vu ainsi ?
* Une amie a passé des années à SYSTEMATIQUEMENT nous offrir des trucs péruviens. Le Pérou, c'était son grand magasin à elle. Genre les Galeries Lafayette.
09:05 Publié dans La culture pour les excellents, Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mode, folk, histoire, amérique du sud


