17.12.2009
Duras en Prime
Marguerite sur TF1.
Dernière occasion : ce soir. 20h45 Grey's Anatomy (Remember)
MEREDITH: [pauses] "I have a dog."
DEREK: "You have a dog."
MEREDITH: "My point is, I have a dog."
DEREK: [smiles] "You have a dog. Oh, and you know what? I love dogs."
MEREDITH: "I've moved on, so don't give me that look."
DEREK: "What look?"
MEREDITH: "That look. Our look. I'm over you."
DEREK: "I'm over you, too."
MEREDITH: "You are?"
DEREK: "No."
MEREDITH: "Oh. Well, I am. Over you."
DEREK: "I'm over you too."
MEREDITH: "You just said... shut up."
Elle : « Ecoute-moi. Comme toi, je connais l'oubli. »
Lui : « Non, tu ne connais pas l'oubli. »
Elle : « Comme toi, je suis douée de mémoire. Je connais l'oubli. »
Lui : « Non, tu n'es pas douée de mémoire. »
Elle : « Comme toi, moi aussi, j'ai essayé de lutter de toutes mes forces contre l'oubli. Comme toi, j'ai oublié. Comme toi, j'ai désiré avoir une inconsolable mémoire, une mémoire d'ombres et de pierre. J'ai lutté pour mon compte, de toute mes forces, chaque jour, contre l'horreur de ne plus comprendre du tout le pourquoi de se souvenir. Comme toi, j'ai oublié... Pourquoi nier l'évidente nécessité de la mémoire ? »
Alex (to Izzie): Listen. You had that heart patient and it reminded you of Denny and how bad you felt when you were lying on that bathroom floor. I get that! I get that you're scared. But you're not going to have to feel like that again. Because I'm not going to die, Izz. And I'm not gonna cheat on you, and I'm not gonna go anywhere! 'Cause, I think you're my best shot at... I think with you... you make me better. You make me wanna BE better. You make me want to be good. And I think I can. With you. I think I can. So I'm not going anywhere, and you can stop hiding. And if you wanna be scared that's okay just be scared with me. Be scared while you scrub in with me on my first solo surgery. Okay?
She: Four times at the museum in Hiroshima. I saw the people walking around. The people walk around, lost in thought, among the photographs, the reconstructions, for want of something else, among the photographs, the photographs, the reconstructions, for want of something else, the explanations, for want of something else.
IZZIE: [to George] "I am an optimist. I am a fool. I am not sure. Because I'm your best friend, because I love you, if what you want is to be with Callie then I will do everything in my power to support you and help you make your marriage work. But because I'm your best friend, because I love you, I also have to say... that I'm in love with you. I'm in love with you. I can't promise a future, I can't promise perfection, because we're us, I'm me and you're you. no one knows what will happen. But in my heart, I am sure. I'm in love with you George. And I hope you're in love with me too."
« Contre qui, la colère des villes entières ? La colère des villes entières qu'elles le veuillent ou non, contre l'inégalité posée en principe par certains peuples contre d'autres peuples, contre l'inégalité posée en principe par certaines races contre d'autres races, contre l'inégalité posée en principe par certaines classes contre d'autres classes. »
IZZIE: "No! I get it, okay? I get it! You'll be okay, you'll be fine, but what about me?! Don't do it for yourself, do it for me! Please? Please, Denny! Please do this for me! Because if you die... Oh, God! You have to do this! You have to do this for me, or I'll never be able to forgive you!"
DENNY: "For dying?"
IZZIE: "No! For making me love you! Please? Please, do this-"
DENNY: "Come here."
IZZIE: "Please do this for me? Okay? Please? I can't do this if you don't... please! Do this for me! Please!!"
DENNY: "Okay, okay, I'll do it."
Dévore-moi. Déforme-moi jusqu'à la laideur. Pourquoi pas toi ? Pourquoi pas toi dans cette ville et dans cette nuit pareille aux autres au point de s'y méprendre ? Tu me tues. Tu me fais du bien... Dévore-moi. Déforme-moi à ton image afin qu'aucun autre, après toi, ne comprenne plus du tout le pourquoi de tant de désir. La nuit ne va pas finir. »
C'est de l'ANAPHORE : Répétition d'un mot ou d'un groupe de mots au début de plusieurs phrase successives, pour insister sur une idée, produire un effet de symétrie.
Ou encore, "procédé d'insistance sémantique et de création rythmique"
Genre Corneille, dans Le Cid :
Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N' ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?
Mon bras qu'avec respect tout l'Espagne admire,
Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire,
Tant de fois affermi le trône de son roi, Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
ou dans Horace :
Rome, l'unique objet de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant !
Rome qui t'a vu naître, et que ton cœur adore !
Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore !
Mais je jurerais que l'un des auteurs de Grey's est surtout fan de Hiroshima mon amour.
A moins que ce ne soit de Rimbaud ?
Je sais les cieux crevant en éclairs [...] ;
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir ! [...] ;
J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques, [...] ;
J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies, [...] ;
J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs, [...] ;
J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides [...] ;
J'ai vu fermenter les marais énormes, [...] ; etc.
MEREDITH: [narrating] "The early bird catches the worm; a stitch in time saves nine. He who hesitates is lost. We can't pretend we haven't been told. We've all heard the proverbs, heard the philosophers, heard our grandparents warning us about wasted time, heard the damn poets urging us to ‘seize the day'. Still sometimes we have to see for ourselves. We have to make our own mistakes. We have to learn our own lessons. We have to sweep today's possibility under tomorrow's rug until we can't anymore, until we finally understand for ourselves like Benjamin Franklin meant. That knowing is better than wondering, that waking is better than sleeping. And that even the biggest failure, even the worst most intractable mistake beats the hell out of never trying."
Comme d'habitude avec notre hyper-président, il a aussi son avis sur la question.
11:14 Publié dans La culture pour les excellents | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : série télé, marguerite duras, littérature, grey's anatomy
04.12.2009
Vis, meurs et ressucite (Lévi Strauss acte III)
Claude L.S. mérite le même traitement que Yves S.L (one, two, three). Il aura donc sa trilogie ici (one, two).
Après ses théories, place à son enterrement.
Les familles Jackson et Lévi Strauss nous ont pris par surprise.
Les Jackson en nous invitant à la cérémonie, les Lévi Strauss en nous en privant. La mort de Claude L.S. n'a été dévoilée qu'après la tenue des funérailles.
Cet homme était-il tant aimé que ses proches craignant la foule médiatique (N.S. se serait-il déplacé ?) ont ainsi rusé ?
Claude en avait-il fait la demande à sa famille? En passant, "n'annoncez ma mort qu'après mon enterrement, s'il-vous-plaît.
- T'es sûr papi ?
- Oui".
(Though he was the best anthropologist daddy in the wolrd)

S'est-il privé d'un bain de jouvence médiatique ? Sans doute. De toute façon, Lévi Strauss n'était pas un vrai intellectuel français.
Pas un as du commentaire contemporain.
Ne vous laissez pas avoir par ses vieux propos sur l'Islam et sur l'héritage que Guaino revendique.
Il s'est tenu à l'écart des débats. Sa mort aussi s'est tenue à l'écart des combats.
Il a bien eu droit à sa nécrologie par (Bernard-Henri) Lévy.
Des mots paisibles.

Rien à voir avec le même sur le décès de Bourdieu : "Et puis la cause me semblait entendue depuis longtemps. Sur ce mandarin parlant au nom de la " basse intelligentsia ", sur ce pur produit de l’élite dénonçant la " distinction ", sur cette star des médias théorisant inlassablement son allergie à la " télévision ", je ne me posais qu’une vraie question : était-il Alceste ou Tartuffe ?"
(Un autre : "L'activité de feu Pierre Bourdieu me faisait davantage songer à celle de Mike Tyson qu'à celle de Michel de Montaigne". Un autre : « l'unanimité de l'hommage posthume traduit son échec éclatant… ce n'était que ragréage à frais nouveaux de concepts empruntés aux meilleurs auteurs… son discours populiste devient simpliste, naïf, moralisateur… ».)

Pas un enragé du débat public.
On peut s'en chagriner.
L'enterrement comme une lecture publique où l'écrivain réussirait à faire de son décès sa dernière œuvre publiée
(Deise Quintiliano / Le mot comme cercueil)
08:52 Publié dans La culture pour les excellents | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : michael jackson, claude levi strauss, yves saint-laurent, ysl
19.11.2009
Viens espionner avec moi (un blog mucho cool)
J'aime les obsessionnels.
Ou plutôt, la répétition. C'est souvent ce qui m'hypnotise en danse contemporaine.
Un art où refaire la même chose est émouvant.
Peut-être en est-il de même en peinture ? La toile identique n'est jamais la même en raison de l'imperfection humaine, en raison du manque de fiabilité de l'humain (les noirs de Soulages, les aplats de couleur de Rothko et que dire des tournesols, des chapeaux melons des uns et des autres...).
Décliner un principe, une idée, une technique picturale m'intéresse moins qu'en danse pourtant. La matière, l'énergie, changent sur une toile. Mais une fois qu'elle est finie, elle est figée. Le mouvement est évanescent, il est le contraire de la finitude.
Autant la lenteur et la contemplation au cinéma peuvent m'agacer, autant j'en suis friande en danse.
Prenez un geste et répétez-le, 10 fois, 20 fois s'il le faut, à force j'y verrai une intention.
Voilà ce que m'évoque le blog de L'espionne.
Elle rassemble de belles collections de photos dont elle n'est pas l'auteur, sur un mini-thème, accompagnées de très peu de texte.
Sa plus-value (eh, eh, on dirait que l'auteur de ces lignes est devenu un tantinet matérialiste) : partager ses trouvailles de collectionneuse fureteuse.
Là, les léopards.
Ici les collants

Lui vient une envie de déco 70. Puis, elle fait un point sur la lascivité :

Pas inspirés pas Lady Di ? Je vous suis. Mais quand elle nous propose Lou Doillon sous toutes les coutures, j'approuve.
Et au fait, les tâches de rousseur, c'est beau ou c'est pas beau ?

On se met à la combi-pantalon ou pas ? Joli, les femmes pendues au téléphones.

Ca vous intéresse, les coiffures pièce montée ? Moi oui. Ah, vous c'est plutôt les lunettes de vue ? Y en a.
J'ai aussi retrouvé une de mes photos préférées, dont je n'avais pas la référence, dans cette série consacrée aux masques.

Le principe est infini.
Ceux qui m'aiment, qu'ils prennent le train ou préfèrent l'avion, ne peuvent être insensibles à son goût de la déclinaison.
ps : vous aviez déjà envisagé que Laetitia Casta avait un air de famille avec Lady Diana ?

08:18 Publié dans La culture pour les excellents | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, come psy with me, magazine, photographie
12.11.2009
Le mythe de Strauss
Je continue cranement ma comparaison entre MJ et CLS.
A la mort de Jackson, Michael, j'ai pensé qu'il partait au bon moment. Et que Lévi Strauss avait trop attendu. Je ne parle pas de leur personne de chair, aimée, mais de leur personne publique, virtuelle, irréelle, holographique.
"Quelques-uns meurent trop tôt, quelques autres trop tard. Meurs à temps. C'est ce qu'enseigne Zarathoustra »
M.J. n'avait pas été suffisamment oublié pour que sa mort ne soit pas explosive. Avant son décès, personne ne s'enthousiasmait à l'idée de son retour sur scène. Après, nous avons tous eu le sentiment que nous avions été prêt à nous endetter sur 5 ans pour obtenir une place.
Personnellement, j'aurais pu me contenter d'une simple soirée d'hommage sur France 5 comme pour Claude L. S.
La déferlante médiatique a réveillé mon intérêt pour Monsieur Jackson et je ne l'ai pas regretté. Cela m'a permis d'oublier l'image de bonhomme maléfique que je lui associais et de REVENIR AUX FONDAMENTAUX, sa musique.
L'engouement pour M.J. a été porté par le réveil de ses fans alors cryogénisés. Comme si leurs pleurs avaient hydraté nos souvenirs lyophilisés des sons inventés par Michael. La dégustation de ces morceaux ressucités fut délicieuse.
Cela ne se passe pas ainsi pour Claude Lévi Strauss. Evidemment, les nécros sont fournies, déjà écrites depuis des décennies. Les journalistes n'ont pas été pris de court, le dossier "mort de C.L.S." était au pire un peu jauni. Mais les fans se sont résolus à sa mort depuis longtemps. Sclérosés, ils ne nous proposent pas de nous retrouver au Musée du Quai Branly pour une veillée. Spontanément, nous regrettons sa perte, certes, mais ravalons nos larmes (sauf les vraies sensibles).
Cela s'explique. Michael Jackson était un mythe. Claude Lévi Strauss les étudiait (il y a ceux qui agissent et ceux qui commentent).
Que sont-ils, les mythes ? La théorie de Strauss expliquée par Pierre-Henri Tavoillot est lumineuse. Je cite :
"La fonction principale des mythes est de raconter et de mettre en scène la différence entre la nature et la culture...

... Le message mythologique n'est plus du tout anecdotique ou seulement pittoresque; il est essentiel, voire vital: la vie humaine et sociale doit se préserver de deux dangers également menaçants: celui d'une nature sans culture (où tout serait voué au pourrissement) et celui d'une culture sans nature (où les ressources se tariraient ou brûleraient du feu de la technique)".
Voilà pourquoi Lévi Strauss l'air de rien nous a permis de cesser de voir les non-européens comme des idiots : selon lui, toutes les sociétés, modernes ou anciennes, ont besoin de mythes pour comprendre, penser, ce rapport entre nature et culture. Nous, on le fait avec Michael Jackson. Les autres, ils le font avec autre chose. Pour ce que ça change...
08:57 Publié dans La culture pour les excellents | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : michael jackson, claude levi strauss, structuralisme, mythologie
05.11.2009
Dis Dis Dis (Say Say Say)
Nous naissons tous à l'age de 0 an. L'age de notre mort est bien plus divers.
Lorsque Jackson a disparu, j'ai pensé à Levi Strauss, au fait qu'il lui survivait. Pas tellement longtemps finalement.
L'un part à 51 ans, l'autre à 101 ans.
Lévi-Strauss monte sur la dernière marche du podium à l'âge de 51 ans, en accédant à une chaire au Collège de France (la plus haute distinction pour un chercheur en sciences humaines je l'affirme et ne devrais pas être contredite).
L'apogée de Michael : l'album Thriller, il a 24 ans.
La paire a gravi les échelons jusqu'à la moitié de sa vie et est descendue de l'échelle plus ou moins calmement pendant l'autre partie. Ils n'ont plus créé de rupture ensuite mais qui peut s'enorgueillir d'en avoir créé une seule dans la vie de l'humanité ?
Les deux sont des inventeurs majeurs et je n'en ai compris aucun.
Relativement indifférente au chanteur, je n'ai pris la mesure de mon goût pour ses mélodies qu'en juillet dernier, en écoutant une radio du Poitou-Charentes diffuser son oeuvre une nuit durant. "C'est de lui ? J'adore !". Je ne suis pas non plus à l'origine de la prédilection de Bambi mon chien pour la MoonWalk. Il l'exécute assez élégamment, un mouvement vers l'arrière légèrement saccadé. Où a-t-il donc chipé la chorégraphie ?
Les théories de Lévi Strauss ne se sont jamais imposées à mon esprit. Infoutue de les digérer. Aurai-je plus de chance aujourd'hui ? Vais-je enfin réaliser, par la grâce de son déces, que "j'adore" son système de pensée ? Ferais-je du structuralisme sans le savoir ?
Sans doute l'une de ses plus grandes influences sur nos manières de penser consiste dans l'abandon de l'idée de primitifs à la pensée prélogique: les bororos qui prétendent être des perroquets contre toute logique ne sont pas des cons. La pensée sauvage n'est pas mère de la pensée civilisée (il reste encore un peu de chemin à faire).
Mais pour résumer en peu de mots le structuralismes, je m'avoue fort empotée. Essayons-nous.
1 Les processus sociaux sont issus de structures fondamentales qui sont le plus souvent non conscientes, implicites. Et ces structures sont les mêmes pour tous les esprits, anciens et modernes, primitifs et civilisés.
2 Prenons une institution sociale qui serait la famille, le processus social que sont les relations de parenté. Quelle est sa structure inconsciente ? Quelle est la raison pour laquelle nous distinguons les couples que sont le mari et la femme, le père et le fils, le frère et la soeur, l'oncle maternel et le fils de sa soeur ?
3 Derrière tout cela : l'obligation de céder des sœurs ou des filles contre des épouses, obligation qui est la forme première du contrat social. La loi valable en tous temps et tous lieux : la réciprocité de l’échange des femmes. La société naît de la circulation des femmes.

4 Pour que circulation il y ait, il faut que chaque homme donne sa sœur (avec qui il s’interdit donc de se marier) à un autre homme, afin que ce dernier lui donne en échange sa propre sœur. La prohibition de l'inceste interdit moins d'épouser mère, soeur ou fille qu'elle n'oblige à donner mère, soeur ou fille à autrui.

5 Or, la prohibition de l'inceste nécessite d'identifier ceux qui sont touchés par l'interdiction. De distinguer ceux qui nous sont apparentés des autres. De créer des formes élémentaires de la parenté.

C'était révolutionnaire, d'enlever à la famille son caractère naturel, inné et d'en faire le produit d'une jeu social, n'est-il pas ?
C'est tombé dans l'oreille d'un mélomane. Jackson a eu ses raisons d'en tirer des conséquences pratiques.
Sa famille est une créature qu'il a conçue de ses mains, il n'a plus voulu échanger de femme avec quiconque, au besoin il les a louées.
Etait-il un grand lecteur de Lévi Strauss ? La parole est à la jeunesse: "Pas besoin de connaître les formes élémentaires de la parenté pour affirmer : « mes vieux me gavent … » "
10:17 Publié dans La culture pour les excellents | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : michael jackson, claude levi strauss, structuralisme, lisa marie presley, elvis, funérailles
27.10.2009
Jamais de total look / consigne N°2
Vous avez eu une nuit pour me mépriser.
"Pfeuh, on le savait déjà"
Vous admettez sans difficulté que le costume Paul Smith réclame un cabas en cuir H&M ligne Homme. Vous mariez easy cardigan Agnès b. années 90 et mini Maje en cuir. Le V Neck American Apparel s’embellit au contact d’une veste Cardin vintage. Les boots Maison Martin Margiela Ligne 1 ne dévoilent leur finesse qu’accompagnées d’un bon jean Wrangler brut.
Sinon ça fait déguisement.

Et pourtant, pourtant…
CERTAINS D’ENTRE VOUS PERSISTENT A PENSER QU’ON PEUT APPRECIER ANNA KARENINE SANS LA LECTURE REGULIERE DE VOICI.
Or, nulle part ailleurs pourrions-nous rencontrer des Madame (ou Melle ?) Karenine contemporaines.

Prenez moi. Un de ces soirs, j’ai commencé par un documentaire sur l’Allemagne vaincue de 1945 parcourue par l'écrivain Suédois Stig Dagerman (auteur de Notre besoin de consolation est impossible à rassasier) . J’ai du interrompre le programme parce que cela angoissait trop Bambi (si vous voulez en savoir plus sur sa vie, je l'ai déjà évoquée ici).

Pas de souci, Bambi, j’lui ai dit. On a zappé sur Bordeaux-Bayern. En douceur. Ca m’a permis de continuer à deviser dans ma petite tête sur l’âme allemande.

Exemple: si on accepte l’idée selon laquelle le foot allemand a certaines caractéristiques culturelles propres à leur nation (comme « ils mettent des mines » ou « ils n’abandonnent jamais »), on comprend éventuellement pourquoi ce pays s'est relevé d'un traitement qualifié d'inhumain par Dagerman.
Ou alors, s'étant relevé du nazisme et de l'après-guerre, les allemands ont-ils développé une croyance phénoménale dans l'idée que rien n'est jamais fini, foutu ? Croyance magnifiquement exemplifiée par leur foot (ils ont perdu ce soir-là, mais ils y ont cru jusqu'au bout) ?
La culture aussi exige le mélange des genres.
M6 et le Monde Diplomatique en marinière Chanel et sac en daim Pimkie.
ps : un vieu truc sur le débat Durkheim-Tarde Versus Jane-Kate.
09:18 Publié dans La culture pour les excellents, Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ligue des champions, seconde guerre mondiale, football, littérature, look, magazine, tolstoi, dsk
26.10.2009
Jamais de total look / consigne N°1
C’est vulgaire, la panoplie.
Ca signe son manque d’imagination.
Prenez moi. Aujourd’hui je porte une robe Zara mini-prix, un manteau Monoprix, un sac Anna Corinna acheté à une blogueuse, des collants achetés aux Puces de Montreuil (pourtant neufs), un gilet H&M, des boots Et Vous venues d’Ebay.
Si jamais, si jamais j’étais en total look Autre Ton pour Monoprix, vous n’auriez plus aucun respect pour moi.
Si par malheur, par malheur, je n’étais vêtue qu’en Chloé by Hannah MacGibbon (On s'y attendait. Les collections n'étaient pas à la hauteur, la qualité des matières faisait jaser... Paulo Melim Andersson a été remercié par la maison Chloe) vous seriez consterné.

Prenez la photo du milieu.
Autant aller s'acheter direct un costume de majorette.

En revanche, si je mariais, disons Erotokritos et Monoprix.

Ah non ça c’est vraiment trop laid.
En tout cas, toute personne normalement constituée interrogée sur ses petits trucs secrets pour être à la mode vous confiera : « Mixer ».
La clef d’une allure personnelle c’est le cheap and chic.
Je vous apprends quelque chose ? Je souhaite que cette recommandation vous semble totalement superflue. Limite insultante. Un bon lecteur de blog est un lecteur exquisément exigeant.
Dans votre grande majorité, vous l’êtes.
Et pourtant, pourtant… la suite
09:04 Publié dans La culture pour les excellents, Ne pas sortir nu | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mode, littérature, hype
23.10.2009
Une autre vie que la mienne
Je vous la fais courte : par un heureux hasard, nous tombons sur TIM ETCHELLS.
Son blog est foutraque. Parfois, il s'interroge sur les règles de notre reality show. Où est le confessionnal dans nos maisons ? Fait-on encore partie du show lorsqu'on part en vacances 2 semaines ? Est-ce une ruse de la production ? Les tâches assignées ne sont-elles pas trop dures et potentiellement dangereuses ? Certains acteurs du show meurent pendant son cours. La structure de notre jeu semble trop dissemblable de celle de Secret Story. Tout cela semble nébuleux. A moins que les spectateurs du Reality Show disposent de plus d'informations que nous, ses acteurs.
Ce qui est plaisant, c'est son travail d'artiste performer.
Il travaille sur la peur, l'urgence, l'insécurité, la terreur. A ces situations désespérées, il oppose une quiétude oppressante.
Un téléphone d'urgence qui, lorsqu'on le décroche, diffuse des sons d'oiseaux, c'est tout.

"Attends, je suis allé chercher de l'aide". Un message intime mais obscur, car l'imminence du danger est paralysée par la lourdeur du dispositif d'information.

Les mesures de sécurité invitent chaque visiteur du musée, à adopter une attitude protectrice. Soit en feignant de porter une arme, soit en souriant à tout le monde, soit en buvant beaucoup d'eau. Chacun dispose ainsi de son propre système de défense.

Un autre de ses projets consiste à demander à des inconnus d'écrire à propos de "la chanson qui les protège" (protective song). Puis, il a créé un orchestre composé des membres d'une compagnie de sécurité. Ils ont joué des fragments de ces chansons, sous-titrés des mots expliquant la vertu protectrice du morceau. Il appelle cela le MUR DU SON.
Tim est friand d'interactions. Si vous l'acceptez, il guidera votre comportement pendant 5 jours, à raison de 75 SMS vous enjoignant à effectuer divers actes.


C'est overly moderne, pas révolutionnaire, mais plaisant.
pj : Il nous envoie aussi sur d'autres routes.
Le travail d'Hannah Kozak, doublure des actrices de Lynch.

09:16 Publié dans La culture pour les excellents | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tim etchells, sophie calle, performance, littérature
21.10.2009
Gala me fait tiquer (galactique, ouaf ouaf ouaf)
"Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas"
Ring a bell ? (ça tilte dans votre tête ?)
Vous pensez que je vais ENCORE évoquer la seconde guerre mondiale, obsession à mon sens tout à fait normale pour quelqu'un de moderne, comme moi et vous.
Cette pensée est sensée.
Car l'un des grands mystères du siècle est de savoir qui savait quoi pendant cette période, par exemple qui savait quoi de l'extermination des juifs.
Si par malheur tout le monde savait tout de l'extermination des juifs c'est à désespérer de l'humanité, pense-t-on.
L'hypothèse généreuse et consolatrice à laquelle nous avons décidé d'adhérer est que personne ne savait rien
"On ne savait pas. Du moins, les gens simples comme moi qui était fils d’un artisan, qui n’était pas d’une famille de journaliste ou d’homme politique ou de gens qui appartenaient à la société éclairée. On ne savait rien. La preuve qu’on ne savait rien, c’est que ma mère avait été déportée parce qu’elle était juive. Et moi, en mai 1945, à la fin de la guerre, j’ai été l’attendre à la gare plusieurs jours." Interview de Marc Ferro.
Or, lorsqu'on ne sait pas, on ne peut pas...
... peut pas agir.
Et pas seulement commenter comme ces fiottes de journalistes vautrés la journée durant dans leur fauteuil Chesterfield à émettre des critiques au kilomètre sans jamais (et blablabla et blablabla).
On s'égare.
En fait non.
On est sur le bon chemin.
Parce que pour agir, bougre de Dieu, il faut bien être au courant, informé, il faut savoir si oui ou non les juifs sont exterminés, si oui ou non le fils Sarkozy fait son trou.

(Parfois, je vous l'accorde, on agit sans savoir. Ca s'appelle la guerre préventive ou préemptive c'est selon).
Pour cette fois, c'est-à-dire pour la seconde guerre mondiale et l'extermination des juifs, on veut bien croire qu'on ne savait pas, l'excuse peut servir de refuge pour cette fois, on baissera les yeux pour cette fois, ça passe, pour cette fois.
Mais que l'on ne nous y reprenne plus.
"On ne pourra pas dire qu'on ne sait pas ... puisqu'on sait"
Eh bien les Zinzins de chez GALA, le magazine, c'est le slogan qu'ils ont élu, pour leur précieuse campagne de publicité à la télévision.
Avec Gala, on ne pourra plus dire qu'on ne savait pas.

pj : c'est vraiment trop chouette, les pubs à la télé.
14:21 Publié dans La culture pour les excellents | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, publicité, télé
09.10.2009
Les gens nouveaux
Ici, nous aimons les mal barrés. Remember Who Killed Bambi ?






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