08/10/2012

Y a-t-il trop d’Énarques à la tête de l'Etat ?

Il ne faut pas toujours se refuser à aboyer avec les loups. Ca fait de la compagnie.

Alors, La Bienveillante, pose le débat.

A SA FACON AHAHAHAHAHAHAHAHA !

Il faut pouvoir maîtriser les rouages de l'Etat, ses circuits de validation, ses Institutions intriquées, son calendrier, ses domaines de compétences, des choses chiantes.

De même, de même que notre styliste à la tête d'une maison de couture devra connaître sur le bout des doigts patrons, coupes, drapés, tissus, modélisme, couture , plissés, imprimés pour faire des robes.

La messe est dite, un écolier en administration est le mec idéal à mettre aux têtes de l'Etat.

Comme notre styliste en sera passé par l'école de la Chambre syndicale de la haute couture à Paris (Yves Saint Laurent, André Courreges, Issey Miyake, Valentino), l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers ou le Central Saint Martins College of Art and Design de Londres.

Raisonnement proprement invalidé par Raf Simons, architecte diplomé en design industriel à la tête de la Maison Dior. 

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Soit une "activité géométrique créatrice dont le but est de présenter les multiples facettes de la qualité des objets, desprocédés, des services et des systèmes dans lesquels ils sont intégrés au cours de leur cycle de vie" (si le style wikipedia est maintenant reconnu dans les hautes sphères littéraires, un modeste blog peut bien lui aussi en user, bien qu'avec l'appui de guillemets), le design industriel. 

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Puis, par Hédi Slimane pour Saint Laurent Paris, ancien élève de l'Ecole du Louvre. 

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L'Ecole, si on en croit son intitulé et si cet intitulé est aussi crédible ou prémonitoire, que celui de l'Ecole Nationale de l'Administration qui vous ouvrira grandes les portes du Louvre, ses cimaises ou ses bureaux ce n'est pas précisé.

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Eh bien : même si vous n'êtes pas un fanatique de la mousseline noire qui laisse transparaître les seins, les jambes ou pour les plus pudiques les avants-bras, laissez-moi vous dire que tous les professionnels de la mode s'accordent à dire que "La fashion week parisienne a été stimulée par l'effet Simons et Slimane".


Tirez-en votre conclusion, en ce qui concerne notre vie politique, après tout, je ne suis tout au plus que votre conseiller technique.

01/10/2012

Pourquoi je n'aime pas la Gauche Populaire

Parce qu'elle me le rend bien.

Parce que si vous titillez le Gauche-Pop, il vous menace de vous outer : révéler votre "vraie" identité (à qui ?) sous le pseudo choisi pour arpenter les réseaux sociaux (j'ai des exemples et des preuves si souhaité). Une mentalité de collabo ? A se demander. A priori, à cette ligne, y en a un qui est déjà en route pour le commissariat.

Je ne les aime pas parce que mettre l'accent sur la situation des zones péri-urbaines abandonnées était salutaire et que nous les en remercions. Je les visite à l'occasion, c'est pas folichon, il y rêgne une tristesse que l'habitant de Colombes dont l'escalier de secours est régulièrement recouvert d'excréments ne connaît pas.

Je ne les aime pas parce qu'il leur faut opposer ces zones aux banlieues, alors qu'on ne peut décemment pas laisser des gens dans la peur de la balle perdue (ni trébucher dans un escalier couvert de merde). Les uns, contre les autres, bizarre pour des défenseurs d'une République une et indivisible.

Parce que sous couvert de protéger le "commun" des citoyens français, toute leur énergie est mobilisée à moquer le "bobo", ce type à la bourse bien garnie qui ne craint pas de vivre entouré d'Africains ou de Maghrébins. Ahahahahahah ! Coupable, je la fais courte, d'exciter la haine raciale des petites gens, de par son cosmopolitisme. La cible privilégiée de la Gauche Pop' qui gentiment comprend si bien l'électeur du Front National. Un peu de symétrie, mes amis, soyez aussi indulgents avec ces gens qui consacrent leurs dimanches à transformer une zone feuillue et morbide d'un quartier populaire en jardin partagé ouvert aux gamins qui traînent un peu trop dehors.

Parce que pour le Gauche Pop, le mariage homosexuel (qu'on soit pour ou contre) n'est pas une question de société, qui peu à peu s'est imposée dans le débat politique, en France mais aussi à l'étranger, fruit d'une longue histoire, Act Up, le PACS, le divorce, le Sida, la procréation médicament assistée, mais un coup des socialos pour faire passer leur impuissance face aux problématiques économiques. Vous l'apprendez, la théorie du mini-complot n'est jamais loin, à la gauche pop'.

Parce qu'en privé, ils font des blagues limites, très limites, qu'on ne le dit pas, qu'on le cache, parce qu'il faut toujours respecter les gens qui vous accueillent mais que trop c'est trop, le "Les gens pensent que j'ai des lunettes mais c'est parce que j'ai de grosses narines", énoncé à la Leeb est laid et je l'ai entendu dans la bouche de l'un des sois-disant "gentlemen" du mouvement.

Je ne les aime pas parce qu'ils ont les armes intellectuelles pour réfléchir finement aux questions de "repentance", car comment fait-on, en tant que fils de, pour apaiser la colère d'enfants dont les pères et mères ont été méprisés et humiliés par nos propres pères (pas le mien ! enfin !) ? Ils préfèrent passer un coup d'éponge sur le passé, "la colonisation, petit, t'étais même pas né, ne nous fait pas chier", alors qu'il s'agit d'un défi bien réel, naviguer entre notre respect, leur pardon et un futur qui ne serait pas plombé par les crimes d'antan.

Parce qu'ils ne voient pas le problème à s'exprimer dans les organes d'info du Bloc Identitaire, si c'est pas pour dire pareil, introduire des nuances mais quand même être approuvé par ledit courant. Ils vous rétorqueront que Le Pën s'exprime bien dans Le Monde. Pas faux, restons-en là si cela vous convient.

Parce qu'ils sont incapables de comprendre comment un ouvrier blanc au chômage dans l'impossibilité de payer les traites de sa maison de Chanteloup-les-Vignes et dont le budget est grêvé par sa facture d'essence continue à tolérer les étrangers sur son territoire. ALORS QUE LE BOBO DU MARCHE BIO RASPAIL LE NARGUE AVEC SA VESTE BURBERRY EN WAX.

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Parce que le communautarisme je suis bien d'accord avec eux c'est flippant mais ne reconnaître ni genre, ni origine ethnique ou couleur de peau et les possibles conséquences de ces caractéristiques est au mieux naïf. Donc bête.

Parce qu'ils ne supportent pas d'être "objectivés" et qu'on leur fasse remarquer que Tadam ils sont blancs, mâles, aisés, habitent plutôt de beaux quartiers parisiens et qu'ils vous feront immédiatement la liste des étudiantes paumées qui comptent pour des femmes des noirs et des provinciaux engagés dans le mouvement. Mais, à leur tête, il y a quand même des mâles, blancs, aisés qui habitent les beaux quartiers parisiens. Et les conditions sociales de production de leur discours ne sont pas anodines. On attendrait d'un universitaire qu'il fasse preuve d'un peu de réflexivité. On l'attend encore.

Parce que ce serait si simple s'il fallait tout bonnement choisir entre une explication économique ou raciale pour comprendre les phénomènes d'exclusion, de stigmatisation, de domination. A la gauche pop', on ne chausse qu'une paire de lunettes pour décrypter le monde, avouez que c'est limité. 

Parce qu'ils ont beau répéter que "Dans la République, la seule identité commune, c’est la citoyenneté",   je trouve ça charmant, mais pas l'ombre d'une proposition politique pour fabriquer ce commun. Incantation ? Incantation.

Alors on a quoi ? Un courant protestataire ennemi de la subtilité, focalisé sur les éditoriaux de Libé, dont les membres vous expliqueront bientôt qu'ils cultivent des amitiés inter-raciales.

Et tout ça va diriger le centre de recherches politique (CEVIPOF) de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris.

Applaudissez.

21/09/2012

Sévère (la politique d'austérité enseignée aux fashionistas)

A première vue, quand on me parle de politique d'austérité, je pense Calvin Klein. Circa les 90'.

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Sévérité et dépouillement.

Absence de superflu.  Lignes basiques.

 

En profond décalage avec la tendance du moment pour les habits : baroque !!

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Cet hiver c'est fils d'or. Casse ta cagnotte.

 

A moins, à moins que l'orthodoxie budgétaire ait des liens de parenté avec l'église... Orthodoxe !

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Pas connue pour sa grande sobriété

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Pas vrai mes poulets ?

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On les croirait sur un podium Dolce & Gabbana (men).

L'allégence à Mr Le Christ des uns vaut bien celle au grand capitalisme des autres (tentative).

Hum.

 

L'opulence de l'orthodoxie religieuse cadre mal avec les comptes d'apothicaires des austères économistes.

 

La rigueur, c'est pas fun.

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Et si t'es pauvre, tu finis en slip.

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Naaaaan...

C'était oublier LA JUSTICE SOCIALE !

Car nous, la gauche, on déshabille Bernard (Arnault) pour habiller (poor) Paul.

 

Elle est pas chouette, l'économie ?

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14/09/2012

Et moi suis sur Marilyn

La semaine se déroulait comme ci : journée, visite de gardiens, soirée, vie de Monroe.

joyce carol oates,littérature

Matin et après-midi on parlait de vomi et d'urine dans les ascenseurs – pas de chiens vue la hauteur du jet et, finalement, elle me l'a avoué, la gardienne, l'odeur, moins amère. Comment s'occuper de merde dans des escaliers de secours je connais aussi la technique. Je vous garde, lecteur, je ne développe pas.

Et le soir, Chérie je me sens rajeunir, Rivière sans retour, Some like it hot et pourquoi Norma Jeane était pas heureuse malgré que tous les gars voulaient coucher avec elle sauf Tony Curtis qu'a un nez de cochon à mon humble avis.

Alors oui, pas mal des gardiens étaient passés par un cancer ou un opération des deux épaules, l'une et un an après l'autre et s'enorguissaient de ne pas avoir à présenter leurs papiers face aux jeunes cagoulés qui interdisaient l'entrée des halls aux « étrangers », mais Marilyn perdait ou détruisait ses bébés et je croyais pas qu'un seul d'entre eux était plus malheureux qu'elle l'avait été.

Dans Blonde, dans la mesure où c'était écrit par Joace Carol Oates, le plus grand écrivain contemporain (américain ?) mais tout le monde n'en a que pour l'impuissant, Roth, c'était formidable on la prenait total en pitié, avec sa chevelure « barbe-à-papa » qui s'accompagnait d'une décoloration à l'eau oxygénée du pubis, paie ton icône.

(j'écris en mangeant du steack haché à la main, mon style)

Incinérer un chien est cher, la crise, une des conséquences de la crise, par exemple, était, m'expliquait un gardien, que les gens jetaient leur chien mort dans les containers PAS PREVUS A CET EFFET.

Ils vivaient dans le même monde, le truc chouette, celui qui jetait son chien décédé dans le container (le mot professionnel pour « poubelle ») de son immeuble et celui (peut-être le même ?) qui adulait Mari-lyn et n'avait pas été insensible aux goodies commercialisés pour l'anniversaire de sa mort.

 

C'était ça que j'entendais depuis le début par « mini-vie moderne ».

04/09/2012

Le moment d'après

Bercy.

Table bleue, macarons orange. Safran ? Trucs verts. Thé matché ?

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Ai-je des questions ? J’AI PAS PREPARE DE QUESTION.

Mauvaise toi.

Installés, les codes wifi rentrés, les blogueurs ont ouvert la Vittel proposée pour décontracter la langue.

Dans 5 minutes Moscovici.

Regard ultra-fuyant. L’homme-ministre serre la main de ses convives.

Je n’entends rien. Plus de voix, plus d’énergie (lui, Pierre, susurre). On reprend une date.

 

Rewind.

Installés, la bouteille de Vittel ouverte, le macaron à portée de main et le wifi de Bercy qui ronronne dans nos ordi-minis.

Une urgence.

Le ministre décale-annule le rendez-vous.

 

Et là, j’admire la République. Ses ors.

Monsieur a une (des ?!?) banques à sauver. Qu’il nous écarte de son agenda me semble on ne peut plus compréhensible. Je m’incline gracieusement.

Mais ils (des communicants ?) ont brillamment orchestré notre éviction puisque l’hôte-ministre est venu EN PERSONNE nous débarquer.

Un mail 1h avant m’aurait épargné quelques suées. Rentrer les codes inutilement et la personne qui te donne les codes le sait fichtrement m’a chiffonnée.

Mais alors, j’aurais raté la mine contrite (désolée, épuisée, vidée) de Moscovici.

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Ce qui était, in fine : notre cadeau.

 

03/09/2012

Le moment d'avant

Il me manquait un grand sujet.

Cet homme-là l'est-il ?

 

Cet homme-là est-il à la hauteur de son sujet ?

 

Je voudrais bien interroger ma légitimité à me trouver, moi, face au ministre de l'économie et des finances - pourquoi pas d'autres, pourquoi pas quelqu'un qui pige bien l'effet de la hausse des taux d'intérêt en Chine sur mes points retraite - pour une causerie privilégiée en petit comité.

Edwy est sur le coup et par un jeu de chaises musicales on s'apercevra que ma présence est un effet kiss cool de la nomination de Pigasse...

 

Déliez-nous*.

 

Pourquoi les gens sont où ils sont ?

Cette question, je me propose de la poser plutôt à Pierrot, non, pas le bartender de l'Autobus, mais Moscovici.

Gravir les échelons de la hiérarchie du parti, être élu par la majorité des âmes votantes d'une circonscription, il en faut du talent, autant de volonté on dira.

 

Mais avoir en main le destin de 60 millions de personnes dont 3 qui crachent du CV, pratiquent assidument les rediffusions de Plus belle la vie sur France 4, baguenaudent en hoodie même pas American Apparel (leurs yogas pants !) et se « motiver, motiver, il faut se motiver »...

 

Te sens-tu à la hauteur ?

 

Cher Pierre Moscovici, jures-tu de répondre à ce défi sans me prendre pour une scout mal dégrossie qu'un retroussage de manches** suffit à exciter ?

Il me semblait que la situation de la France exigeait d'autres aptitudes que la construction d'un petit pont de bois.

 

Voilà : on ne s'en laissera pas compter, Mr le ministre. Même si en économie je touche pas ma bille.

 

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* Lazard / Lazare, Hasard ?

** Message de service à mon frère : pour des chemises pas chères, il faut essayer Tie Rack.