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03/09/2011

UPDATE : Un blanc sait courir

Et c'est une très bonne nouvelle pour les noirs.

Christophe Lemaitre savait qu'il le ferait, courir en moins de 10' un 100m :

"Je sais qu'avec une concurrence, un bon niveau à côté de moi, je peux essayer de prétendre à descendre sous les 10 secondes. C'est uniquement un cap à passer, une limite à franchir pour entrer dans le monde des meilleurs sprinters. C'est un passage obligé mais pas un objectif en soi. Dès que je l'aurais fait, je serais un peu libéré et après, le chrono pourra descendre plus facilement. Si ce n'est pas cette année, je n'en ferai pas un drame" Sports.fr. Mai 2010.

Le pauvre bonhomme, on l'a ensuite emmerdé avec la couleur de sa peau. Super blanche. Je le soupçonne d'avoir même des tâches de rousseur. Pour dire.

Car messieurs vous ne pouvez l'ignorer, un mec aussi incolore n'avait jamais passé les 10'. Fallait auparavant une sacrée dose de mélanine pour y arriver.

(Les puristes voudront saccager notre plaisir en précisant que Woronin l'avait déjà fait. En 9.992.)

Alors on va se coltiner la question.

Et pas de frilosité, on plonge carrément.

Il n’y a rien de mensonger ou de contraire à l’éthique que d’expliquer que des déterminants génétiques interviennent – par exemple — dans le fait que les Suédois sont en moyenne plus grands et plus costauds que les Pygmées. Et c'est Axel Kahn qui le dit. Tous mes délires sont permis.

 

Ca s'avère super chiant.

Au début, c'est simple :

"Toutes les études sur le sujet démontrent que les noirs n'ont pas plus de fibres rapides, ajoute Zoran Denoix. Les seules différences morphologiques observées concernent la hauteur du bassin et la longueur des muscles… »" Le Progrès.

Les questions de longueur de muscle, je capte.

Si on ne rajoute dans la tambouille qu'un seul gêne, je marche aussi :

"Récemment, des recherches ont mis en lumière le rôle de l'ACTN3, un gène qui enclenche la production d'une protéine dopant les fibres musculaires et favorisant les performances de haut niveau des sprinteurs. Ce gène peut être actif (RR ou RX) ou silencieux (XX).  Une analyse de l'ADN de 200 Jamaïquains de niveau olympique montre que 80 % disposent du variant RR". Les études prouvent en outre que seulement 1 à 2 % des Africains de l'Ouest disposent du variant XX, le variant faible, contre 18 % des Américains, 20 % des Européens et 25 % des Asiatiques." Le Monde

Je commence à flancher quand on me cause lactates et périmètre des genoux :

"A vitesse égale, les Africains aurait une production de lactates largement inférieure. Au niveau morphologique, ils présenteraient aussi des périmètres de chevilles et de genoux plus réduits d'où des « extrémités plus légères » : « Ces caractéristiques (...) permettent aux Sénégalais de soutenir la même vitesse de course élevée tout en développant une puissance musculaire moindre, en fournissant à chaque foulée un travail d'accélération des extrémités beaucoup plus réduit »" Le Progrès

Le coup de grâce, maman, est donné par la graisse sous-cutanée et le réflexe rotulien mixés à de la testostérone plasmatique à la sauce d'enzymes anaérobies :

"Les Noirs originaires d'Afrique de l'Ouest – dont la plupart des Noirs nord-américains se considèrent les descendants – se caractérisent généralement par une quantité plus faible de graisses sous-cutanées au niveau des bras et des jambes, une masse musculaire proportionnellement plus élevée, des épaules plus larges, des quadriceps plus volumineux et une musculature générale plus développée ; une cage thoracique plus petite ; un centre de gravité plus haut ; un réflexe rotulien plus rapide ; une densité corporelle plus élevée ; un taux de testostérone plasmatique légèrement plus élevé, qui a un effet anabolisant, c'est-à-dire qu'il contribue théoriquement à accroître la masse musculaire, à faire baisser la quantité de graisse et à permettre des efforts plus intenses avec un temps de récupération plus court ; enfin, un pourcentage plus élevé de fibres musculaires à contraction rapide et d'enzymes anaérobies, qui peuvent se traduire par un surcroît d'énergie explosive" Le Monde

Si ça continue, je vais basculer vers le côté social de la force.

Du genre, si les africains ne sont pas bons nageurs c'est qu'il n'y a pas de piscine Olympique à Dakar.

Ou, si les petits français devaient faire 20 km par jour à pied pour aller à l'école, Gebreselassie n'en dormirait pas la nuit.

Style, le jour où les chinois domineront le Jumping International n'est pas loin.

J't'assure.

Je veux pas vivre ça.

25/07/2011

Des Schleck en bois

Y a 3 camps.

Celles et ceux qui s'affrontent

Les coopèrants

Les derniers prospèrent chacun de leur côté, à la Guetta.

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Les Schleck, première catégorie, clairement, devraient se foutre sur la gueule.

Et ne s'y résolvent pas.

"Evans, assez énervé sur la ligne, a dévoilé ce qu’il a dit en substance aux Schleck pendant la course : «Merde, je ne comprends pas que vous me demandiez encore une fois de vous tracter ! Débrouillez-vous et choisissez enfin celui de vous qui va prendre le jaune. C’est à vous d’assumer maintenant. Vous savez pas choisir, c’est votre problème…» Le problème des Schleck, c’est qu’ils n’arrivent pas à trancher."

"Après toi", on les entend se murmurer, en course.

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On imagine l'intensité d'un match de tennis entre les deux : "Mon service ne t'a pas trop gêné ?".

Les deux nigauds osent même s'en vanter  "Nous sommes très fier, on a écrit l'histoire. Bien sûr on n'a pas gagné le Tour, mais on n'a pas de regrets. Deux frères sur le podium, c'est magnifique."

Quand Henri Pelissier gagne le Tour en 1923, c'est aidé du cadet Francis terminant sans honte 23ème après avoir joué la mule pour le frangin.

Ca tombe sous le sens, du moins comme du beurre frais sur une tartine.

« On ne peut pas gagner tous les deux le Tour la même année », ont-ils réalisé tardivement, nos bienheureux.

En v'là une belle paire de manches, préférant perdre ensemble plutôt que de gagner seul.

 

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C'est comme Toby et Yvan.

"Ils sont inséparables et se laissent mourir s'ils ne sont plus ensemble. Ils sont donc à adopter ensemble."

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Faut se mettre au Tandem, mes anges.

05/05/2011

Le journal d'un homme de foot

"Sa mère vit chez lui. Quand elle ne s’occupe pas du fiston, elle fait de la peinture abstraite."

On dirait du sous-Houellebecq ?

C'est du Grégory Schneider.

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Journaliste sportif. Ouhhhhhhhhhh !

"Sa mère vit chez lui. Quand elle ne s’occupe pas du fiston, elle fait de la peinture abstraite."

La mère d'Higuain.

Footeux du Real Madrid aux émoluments approximativement supérieurs à 4 millions d€ par an. Bon, bruts.

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Schneider sait croquer une ambiance, avec quelque culture.

"La neige et l’hiver paralysaient la Ligue 1 et, par une sorte d’expressionnisme inversée (le décor déteint sur les personnages), on avait senti à son apparition comme un souffle glacé" 

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 "Sauf à jouer les matchs armés, on a vu samedi un niveau d’engagement et d’agressivité quasi indépassable ; le décor tourmenté - éclairage faiblard, pelouse pourrie, mistral glacé et violent - ajoutant encore au chaos."

 Le monsieur est joueur :  

 "L’arbitre du match de samedi, Olivier Thual, a mis un terme à la partie horrible que l’AS Monaco et ses huit défenseurs (sur dix joueurs de champ) venaient d’arracher". 

Prédomine chez lui la consternation :

"Il faut écouter ce que les joueurs ont à dire d’eux-mêmes, mais parfois il nous en coûte."

Les joueurs sont de grands malades, si on le lit :

"Le mode d’expression ne dit pas ses 23 ans : assuré, caustique, distant. Son tee-shirt valait 10 sur 10 : une grande blonde torse nu et de profil, une main posée sur le sein droit. Kevin Gameiro s’est éclipsé avec une petite brune."

"Et Ribéry est apparu : le mec à part, sûr de lui, un peu vicieux, qui vit manifestement à plein-temps dans un monde extravagant (voir l’affaire Zahia) que la plupart de ses coéquipiers ne verront même pas en rêve. Une star fuck off qui balance sur la complicité entre certains joueurs (dont lui) et des journalistes, qui sort du champ lexical imposé quand bon lui semble  et qui trouve une puissance expressive incomparable à force de s’en foutre. Or, les mecs à part font les joueurs à part, l’ego constituant une sorte de tronc commun entre l’homme et le joueur : Laurent Blanc pense ça, Raymond Domenech le pensait avant lui et si un coach comme Claude Puel agit comme s’il pensait l’inverse, on répète partout que l’entraîneur de Lyon ne gagne jamais rien. Dit autrement : sur le terrain, le football appartient aux emmerdeurs."

 

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"«J’ai envie d’être la solution, pas le problème.» En voilà une que le défenseur de Manchester a dû réchauffer depuis de semaines : le pendant post-apocalypse du «on ne vient pas au Mondial sud-africain pour faire un safari» qui lui servait d’antienne avant le crash."

"Nenê, dans l’Equipe : «On peut viser le titre.» Le truc, c’est que Nenê s’était ensuite fait ramasser par son entraîneur, Antoine Kombouaré. Plutôt que de faire le malin (ce qui est dans sa nature) et de mettre une pression supplémentaire sur ses coéquipiers qui n’ont rien demandé, le Pauliste a été prié de se concentrer sur son métier."

 

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La satire vaut surtout pour les entraîneurs :  

"Le sélectionneur a repeint la soute : un jeune de 20 ans auquel on donne les clefs du milieu (Yann M’Vila), un défenseur central plus tout frais qui se trimbalait une fâcheuse réputation de dilettantisme et de préciosité (Philippe Mexès) et un stoppeur aux semelles de plomb qui, il y a quatre ans, évoluait encore sous licence amateur (Adil Rami)"

Après les défaites ou les nuls foireux, le vestiaire lensois joue à chat perché : un coup c’est un gamin de 17 ans expédié devant la presse, un coup c’est un remplaçant qu’on a vu trois minutes, un coup c’est un gamin de 17 ans qu’on a vu trois minutes. Samedi, c’était l’attaquant David Pollet, seize minutes sur le pré, zéro titularisation cette saison : livide, terrorisé."

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Domenech, lui, a ses "fantaisies managériales"

"Voilà le Paris-SG nouveau : discret, smart. Elégant. Là, forcément, on pense à Louis Nicollin. Ça tombe bien ; deux heures après la victoire parisienne, le président de Montpellier faisait un raffut de tous les diables dans un vestiaire du stade du Ray à Nice, où ses hommes ont arraché une victoire (1-0) qui leur vaut à leur tour la première place. Nicollin triple la prime de match et débute son show : «Ceux qui diront que la Ligue 1 est faible parce que Montpellier est leader, je leur pisse à la raie."

"L’entraîneur lensois, Laszlo Bölöni, roumain et à ce titre adepte de ces propos liminaires - on parle avant que tombe la première question, donc on maîtrise - qui faisait le charme glacé du sport soviétique"

Raphaël rappelle le caractère profondément popu(liste) du sport :

"Martel a tous les droits sur son club. Il y a laissé sa maison, sa chemise et la maison de sa belle-mère. Il peut passer une demi-heure avec une supportrice qui se paye son abonnement en tribune avec la pension qu’elle touche parce que son mari est mort de la silicose il y a vingt ans."

Mais je chéris aussi mon Schneider quand il me cause Tournoi de Polo.

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Chabal ? "Le fait de jouer les matchs et de se prendre des types de 120 kilos lancés dans le buffet lui donne à la fois une sensibilité et un point de vue qui méritent d’être exprimés". 

Et quand il me conte la chûte d'une homme, le Daf, là c'est sûr, c'est du Olivier Adam.

20/01/2011

L'amour est-il un triple saut ?

C'est-à-dire  : "le couple est-il un triple boucle piqué à passer ?"

(l'ami d'une amie compositeur du magnifique thème de D'Artagnan pour Candeloro, L'A JOUE SUR MON PIANO UN JOUR - je ne m'en remets pas)(je connais des gens).

Soit la rencontre fortuite un entraînement et une relation pleine de sérieux une compétition internationale, faut-il s'obstiner à vouloir passer le double axel aux Jeux Olympiques et récidiver aux Championnats d'Europe alors qu'on l'a raté et le ratons systématiquement ?

Même si on l'enchaîne parfaitement à l'abri des regards, faut-il s'obstiner ?

"Cette fois-ci, sera la bonne".

Je ne préconise pas d'arrêter d'aimer.

Ni de changer d'entraîneur, à ce compte-là les parents sont inamovibles (vous savez ça, n'est-ce pas ?).

Mais de changer de système métaphorique.

Bien sûr, pas de passer au système dit de l'enfumage :

(quelqu'un va être drôlement content)

Ce billet est tenté de s'interrompre (solution alternative = nada).

Et puis il le fait.

Ce billet s'interrompt.

 

Ce billet reprend.

/

 

Il s'agit plus de profiter que de réussir.

Le couple n'est ni une entité, ni un travail, c'est d'abord une situation.

Il y a des situations (surfer + planche + vague) qui portent pour toujours.

/ L'incroyable Laurent

22/11/2010

Il faut affronter affronter affronter

Est-ce que le Rugby pourrait servir de matrice à une philosophie de vie ?

Non je ne copie pas.

- Ni Houellebecq et sa belle manie de tout mettre en italique (ça devrait vous faire une petite distorsion de l'esprit, c'est amusant, lire italique en gras) : du genre "douche de sperme"

[notons que dans "Les particules élémentaires", contrairement à "Le carte et le territoire", la douche de sperme n'est pas en italique, c'est gang bang qui l'est - "il ne se sentait pas à la hauteur pour un gang bang ou une douche de sperme"]

[dans les deux livres, toutefois, le héros n'est pas à même de mettre en oeuvre cette pratique]

- Ni BG et sa tentative de me faire croire que le football américain (ersatz) peut fournir une telle leçon.

On notera une certaine évolution de ma pensée car jusqu'alors, seul le football était pour moi matière à mantra ou m'encourageait dans mes projets de vie.

 

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(Courtesy of my brother, la photo)

J'irai droit au but (un essai) : peut-on avancer sans regarder en arrière ?

Toute discipline, qu'elle soit corporelle ou intellectuelle, s'effectue grâce au mouvement contraire qui contraint pour libérer, qui fait le vide pour rendre possible l'appropriation... Reculer pour avancer, mains en arrière sur le côté et pieds en avant tout droit sculptant cette magnifique torsion du corps qui s'empare des joueurs à la passe.

Jouer au rugby est une expérience physique incomparable à ce titre.

Je n'en ai eu la chance qu'une fois, après avoir supplié mes compagnons de week-end à la campagne (cerise sur le gateau, dans une confrontation mixte, personne n'a le droit de plaquer personne).

Regarder derrière soi pour gagner du terrain.

Je voulais tester cette aberration.

"Pour jouer au rugby, il faut « être à la fois et en même temps courageux et inventif, élégant et combatif, percutant et dynamique, intelligent et engagé, généreux et contrôlé, explosif et concentré… Des réquisitions antagoniques pour une métamorphose exaltante» "

Psycho-motriciellement, c'est infaisable.

Le mouvement, l'envie, l'énergie vous portent vers le futur quand la règle vous prescrit de vous retourner vers les autres, les vieux compagnons d'infortune, les vieilles rancoeurs, les pires échecs, les douleurs, mieux placés, peut-être, pour pulvériser la défense.

Aucun "En avant !" guerrier n'est admis.

Il y a dans le rugby quelque chose que l’on ne trouve nulle part ailleurs : l’apprentissage du droit, le juridique. Tu pousses à l’extrême de la violence, mais tu t’arrêtes, et c’est essentiel dès que l’arbitre se manifeste.

En cela, agir en fonction du passé ne serait pas une passion molle - telle la nostalgie - mais une discipline exigeante.

 

[Conseillerions-nous à Houellebecq de faire un peu de sport pour taire certains de ses ennuis ?]

 

 

 

05/07/2010

Fute ball

Synthèse d'avant sacre

*Le plus beau gars s'appelle Kaka mais il a été éliminé

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*Palme du mauvais goût à la Fondation Motrice

 

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*J'ai une nouvelle pathie, la guayguaypathie, vous aurez reconnu la difficulté à distinguer l'Uruguay du Paraguay.

Un point commun, des Guaranis dans les deux pays, une peuplade. De là, en linguiste innocente à y trouver l'origine du Guay final...

Asuncion, Montevideo, qui appartient à qui ?

D'un côté la « Suisse de l'Amérique latine » (ça blanchit) , de l'autre un pays qui a connu la bigamie et les enfants soldats.

Dictatures, guerres civiles, torture n'ont toutefois épargné aucun des deux états.

Résumons-nous, avec ce simple indicateur, le PIB par habitant (de quoi de plus avons-nous besoins ?)

Paraguay : 1 553 $

Uruguay : 5091 $

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Une bonne chose de faite.

ps : Les plus thunés sont en 1/2 finale.

 

*Un questionnement : la fierté continentale est-elle une réalité ?

Je m'explique.

Suis-je heureuse qu'une équipe européenne atteigne les demi-finales alors que mon équipe à moi ma nation s'est vautrée ?

Rien à battre.

Pourquoi cela nous pourrait-il tout naturel que les Africains soutiennent le Ghana (that's over) ?

"L'équipe du Ghana porte sur ses épaules les derniers espoirs de l'Afrique" dit Le Monde.

Que l'équipe du Ghana en soit persuadée cela je peux le comprendre.

Mais pourquoi la Côte-d'Ivoire s'identifierait-elle au Ghana alors que je me fous du sort de la Pologne ?

Et que le Brésil ne se console pas de sa défaite par la victoire de l'Uruguay ?

Et pourtant, encore une fois, j'ai tort.

En Afrique Sud, le journal du Cap Week-End Argus titre en Une sur "l'agonie de l'Afrique", au Zimbabwe, le quotidien The Herald parle lui aussi en Une du "rêve brisé de l'Afrique", en Côte d'Ivoire, le journal Nord-Sud estime que "le rêve s'est transformé en cauchemar". "Le Ghana et toute l'Afrique ont encore les larmes aux yeux", poursuit-il. La presse nigériane revient peu sur cette élimination, seul le Saturday Sun l'évoquant en Une: "Le Ghana brise les espoirs de l'Afrique".

Le Ghana, un pays qui ne fait pas peur à l'Afrique ?

N'empêche, si ça pouvait permettre de mettre en avant ce plutôt gentil pays.

Morale provisoire : la solidarité est un sport de vaincus (l'Afrique).

 

*Vraie source de jouissance : les Boateng.

De vrais frères comme je les aime.

Demis, pour être exact.

Ennemis, pour être précis.

Un père du Ghana, des mères Allemandes.

Aussi, l'un jou(a) pour le Ghana, l'autre pour l'Allemagne.

Y a-t-il un fils préféré dans la famille ?

L'un s'appelle Jérome, l'autre Kevin Prince.

Il me semble que la réponse est évidente.

Le foot les a séparés et ce n'est pas une belle histoire que l'on raconte : Kevin a massacré la star allemande Ballack lors d'une rencontre de club, privant le Capitaine de la sélection allemande de Mondial.

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Jérome en haut.
Ils ne se parlent plus.
Kevin Prince en bas.
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Leur vie les a d'emblée séparés, notons, le tatoué a connu les ghettos berlinois quand le benjamin fréquentait les beaux quartiers.

Quoique, papa Boateng a fui maman Christine puis maman Martine aussi rapidement l'une que l'autre.

Les deux ont usé leurs crampons au Herta Berlin. Les deux auraient pu jouer pour la Mannschaft.

L'un sélectionnable, l'autre sélectionné.

Une belle et moche histoire, "Kevin was Jerome's idol" , petit, dit la Maman Martine, inquiète alors de l'influence néfaste du bad boy dans toute sa splendeur.

Un revanchard qui s'achètera (légende ?) Lamborghini, Hummer et Cadillac dans la même journée.

Alors, pourquoi le football ?

Le petit frère du papa Prince était dans l'équipe nationale du Ghana.

L'oncle de la maman de Kevin dans l'équipe nationale Allemande (Helmut Rahn).

C'est Jérome qui l'a intégrée.

Le 23 juin, ils se sont toisé sur la pelouse.

Et l'on témoigne qu'ils se sont serré la main à l'issue de la rencontre.

Si c'est suffisant...

 

Si l'on tient à tout prix à tout comprendre du monde en le simplifiant, on proposera que Kevin est à Jérome ce que le Paraguay est à l'Uruguay.