05.03.2012

Vacances victoriennes

Je me suis délabrée pendant 7 jours.

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Surmenage, reconstitution de mes forces vives, trop d'aller-retours en Province les yeux rivés sur la montre pour calculer la probabilité de rater le seul Paris-Arras direct de la matinée et le degré de gravité afférent à mon retard, un corps qui se démène pour me contrarier de mille petites façons, jamais assez pour être déclarée inapte mais dans un tir concentré suffisamment nourri pour faire de toute journée une gageure.

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Je suis restée dans ma tanière cependant me fallait m'évader du pays, des actualités, du temps présent alors j'ai plongé dans Quelle époque !

Un gentilhomme des postes britanniques, Anthony Trollope en est l'auteur, contemporain de Dickens, Thackeray et George Eliot, connu en sa contrée, boudé en France, traduit tardivement.

Lui voyageait aussi régulièrement en train à travers l'Irlande mais se réservait de 5h du matin à 8h un temps d'écriture. Homme industrieux, 47 romans au compteur, plus que Voltaire, se plaisait à dire le bonhomme.

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On y cherche du fric, dans cette société, le moyen de paraître sans avoir à trimer, tout n'est qu'argent, prêts, arrangements, dettes et crédit.

Alors on y prend en pitié ces Lords désargentés aussi bien que désoeuvrés, sommés de chasser l'héritière fortunée même de bien piètre extraction, malheureuse la fille de commerçant, convoitée autant que méprisée.

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Il y aurait des raisons de faire à Trollope le procès intenté aux cinéastes français, chroniqueurs des peines de coeurs de la bourgeoisie parisienne universitaire insensibles au contexte social.

La classe laborieuse et ses bouleversements interviennent peu dans ce qui est néanmoins une peinture de l'époque victorienne et de sa nouvelle reine, la City.

Les montages financiers y sont bien compliqués, les chemins de fers n'ont pas besoin de se construire pour que le cours de leurs actions monte, monte, monte.

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La presse, oui, comme nous, tel ce journal "censé informer tous les jours ses lecteurs de tout ce qu'avaient dit et fait jusqu'à 2 heures de l'après-midi tous les gens importants de la capitale et prophétiser avec une précision prodigieuse ce qu'ils diraient et ce qu'ils feraient pendant les 12 heures à venir", Le Monde, tiens par exemple.

La justice des forts et des faibles, on l'exprimait autrement la différence, "même si un Napoléon peut fort bien exterminer des tribus entières pour réaliser ses projets, on ne peut le juger avec la même loi que celle qui punit un jeune lieutenant pour sa cruauté envers quelques nègres", pas super politiquement correctement. Aurait-on traduit Bonaporte au TPI ? Les G.I pissent bien sur des cadavres.

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Je passais de l'époque contemporaine à la victorienne au fil de la semaine, tranquillement au lit, ménageant mon corps pour lui permettre vers la fin de choper une crève proprement afin de débuter mon labeur de nouveau fébrile.

Mais, tournant les dernières pages du roman, je tombais sur cette assertion troublante :

"On prétend que si l'on prenait un homme de qualités moyennes pour en faire un Premier ministre, du jour au lendemain, il pourrait vraisemblablement s'en tirer aussi bien que d'autres Premiers ministres, car la hauteur de la fonction élève l'homme à son niveau".

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C'est pas comme un créateur de papier-peint. Si on me propulsait créatrice de papier-peint, je ne ferais rien de bien.

Mais si, le 7 mai, se déroule un tirage au sort et que je suis élue Premier ministre, ne tremblez pas.

J'administrerai probablement mon pays dans la posture de Frida Kahlo, une sorte de Roosevelt en plus désarticulée, pourtant bien.

C'est ma morale, aujourd'hui boulot.

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Commentaires

De Galliano à William Morris, grand écart.

(signifiant évident et peu flatteur pour les 2 dépeints)

Écrit par : PhilippeC | 05.03.2012

J'aime Thackeray, Vanity fair, c'est amusant et fin. A Londres, où j'ai enterré ma jeunesse, j'ai lu, outre Lady Susan d'Austen, La reine des lectrices de Benett, dans lequel il en parlait.
En première ministre, je pense que tu pourrais tout à fait déchirer! Tailleur à épaulettes, talons vertigineux, ordre juste et croissance relancée. De temps en temps, un petit rhume, justement, pour avoi le nez légèrement rouge et l'oeuil humide sous le brushing impeccable, pour émouvoir le citoyen à qui tu auras imposé un rabotage drastique des niches fiscales et une dizaine de TVA sociales.
Pour les papiers peints : bien sûr que si, tu assurerais quand m en trempant les pattes de Bambi dans l'encre, ce qui donnerait un merveilleux motif "fleur de king Charles". 

Écrit par : Lord de Winter | 05.03.2012

Je vote pour toi, ema, sans élections ; sûr que tu mettras de la rumba dans nos kawas.

Écrit par : MHPA | 05.03.2012

Grand écart ? Assomante continuité oui.

Tu seras chef de cabinet, Lord. Ce qui sera sous mon "règne" un dressing. Donc tu seras chef de dressing. Ce qui n'aura rien à voir avec personal stylist. J'ai promis ce job à Laurent. Il n'y a pas depanouissement sans concurrence.

Mhpa, non on boirait du thé à tous les goûts possible. Y aurait même du thé bigout

Écrit par : Ema | 06.03.2012

Ah ben voilà, on chasse ma tête.
J'ai quelques questions avant d'accepter :
- la juridiction comprend-elle la bibliothèque ? (il faut savoir avoir le bon livre à la main sur les photos - par exemple "Pierrot mon ami" pour un voyage officiel sur la lune)
- la concurrence avec le chef de dressing implique-t-elle des intrigues de palais ? (par exemple une bataille sans merci pour l'exclusivité des places de front row)
- est-ce que le budget recherche et développement couvre de nombreux voyages au Japon et en Arizona ?
- quel est le rythme des rencontres protocolaires avec le Premier Chien ?

Écrit par : laurent | 06.03.2012

Oh j'adore déjà l'ambiance de mon cabinet !
Il y aura tout ce que vous voulez et plus encore Laurent. Je me fais fort d'obtenir les moyens qui vous seront nécessaires, le président n'est pas toujours accommodant et bien moins prompt au ema culpa qu'on ne le souhaiterait - vous l'avez reconnu, notre Sir Phil - mais le Premier chien est un allié de poids dans cette entreprise

Écrit par : Ema | 07.03.2012

"ema culpa" Yahoo !!! sed ema pulchra est !

Écrit par : PhilippeC | 07.03.2012

Ce qui est bien avec ema, avec le recul et plusieurs lectures attentives de ce post, c'est que ça les justifie.

(le 1er § à lui seul justifierait une nomination)

Écrit par : PhilippeC | 08.03.2012

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