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05/11/2008

Casser la baraque

Je remets une couche de couleur*.

Les noirs, les noirs, les noirs... Ne sont pas identiques les uns aux autres.

Le caucasien maladroit s'en tient à l'Ahhhhhhhhfrique.

Pourtant, nous aimons distinguer l'Italien de la Danoise, identifier les Maltais et les Hongrois, différencier la Chypriote et le Letton.

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(by Solenn, mon amie)

Le Black-American, de même, n'est pas un.

En résumé, moins vous êtes un descendant d'esclaves noirs importés aux USA, plus vous avez des chances de réussir.

Colin Powell ? Ses parents sont Jamaïcains.

Barack Obama ? Son père est Kényan.

Le président national des jeunes démocrates ? Il est arrivé du Sénégal vers 20 ans.

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C'est plus simple pour tout le monde, notamment pour les blancs, ainsi que l'analyse Sylvie Laurent dans Homérique Amérique.

"Un Barack africain est bien plus acceptable qu’un Obama issu du ghetto... 40 % des Africains qui émigrent aux Etats-Unis ont un diplôme universitaire et leur revenu moyen, une fois installés, est supérieur de 30 % à celui des Afro-américains [4]. Obama apparaît donc comme l’« autre Noir », non pas celui qui réclame des réparations pour l’esclavage et la ségrégation mais comme l’Africain éduqué et travailleur, comme on en rencontre de plus en plus dans le pays. Candidat « purple » [5], plus proche de l’immigré que du Noir, il serait rassurant pour des Blancs qui ne craignent rien tant que leurs propres descendants d’Africains."

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Elle poursuit en notant que les Black-Americans ont des petits soucis avec les "vrais africains":

"On rit en Afrique de ces Américains portant ces dashikis colorés qui les distinguent immédiatement et les désignent comme touristes. Dans les rues des grandes métropoles américaines, les « vrais » Africains reconnaissent instantanément ces militants déguisés du « Black Power », qui se disent « Afrikans » avec le « K » de Kemet [10] ou « Nubians » [11] pour signifier leur indéfectible africanité et leur retour aux glorieuses racines [12]. Ce « recours à l’Afrique » leur permet à bien des égards de garder leur distance à l’égard de leur propre américanité [13]. Mais le souhait d’une recomposition de la famille noire originelle apparaît illusoire, les Africains se sentant parfois plus proches des Blancs ou des autres minorités que de ces frères lointains."

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Je me suis fadée un Black-American en Afrique et ça a failli dégénérer.

Venue rejoindre une amie blanche au Mali, celle-ci a dû à la dernière minute accueillir et guider un professeur de son université américaine.

Le conduire jusqu'à Tombouctou, un voyage auquel je me suis greffée.

Elle n'a pas prise, la greffe.

Tukufu était son nom africain (né Antonio McQuelque chose).

Toukoufou m'a vite détestée.

Un seul incident a suffit.

Nous étions arrêtés à un barrage quand il s'est exclamé, apercevant une petite cérémonie du thé, entre homme alanguis, se dérouler à quelques mètres de nous : "People always complain but if these guys worked the situation of Mali would be different".

Eh, ces gros paresseux de maliens ne pouvaient s'en prendre qu'à eux-mêmes si leur pays était l'un des plus pauvres au monde.

Ca a fusé de mon côté.

"That's so American to say that !"

Il n'a pas aimé, il ne voulait pas revendiquer l'Amérique. Mon sort était scellé.

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(3 électeurs pour Obama / 8 pour McCain)

Son objectif fut alors de faire de moi une raciste.

Le Zimbabwe ? Mugabe avait eu bien raison de foutre les fermiers blancs dehors.

"Ah oui ? Mais ça a profondément déséquilibré l'économie du pays, notamment sur le plan alimentaire".

Il a hurlé "Si Paris était occupé, tu voudrais pas foutre tous les occupants dehors !!!"

 

Le problème de Toukoufou, néanmoins, c'est que nous étions dans un pays francophone.

Alors oui, les habitants du Mali se sentaient plus proche de la blanche que de l'américain, si noir soit-il.

Et puis c'était sa faute aussi, il les regardait et leur parlait à tous comme à des débiles.

Bamako3.jpg

(Remarque, la plupart des non-africains considèrent les africains comme des imbéciles, dans le fond.

La faute à des métaphores imagées ?

Des accents prononcés quand ils parlent français ? Car l'Africain n'est pas considéré comme bilingue et souvent trilingue. L'Africain parle mal sa langue, le français, qui n'est pas maternelle.

Un truc drole : un Malien ne peut faire la différence entre le F et le P. Vous pouvez commander un Panta, on vous l'apporte, j'ai tenté.

Ce qui est un peu dommage, pour les enfants maliens, c'est qu'ils maîtrisent pas toujours hyper bien le français, donc, mais que leurs exercices de maths mince sont en français.

Tiens, imaginez vos enfants étudiant les fractions en anglais.

 

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c'est terrible comme Hortefeux fait fin de race)

(11 électeurs pour Obama / 13 pour McCain)

Alors Toukoufou.

Un malien qui l'approchait voulait forcément l'entuber. Toujours sur ses lèvres trônait un sourire ironique et un grand rire.

La peur de se faire avoir.

L'inévitable peur du touriste riche dans un pays pauvre.

Parce que Toukoufou était riche, faut dire. Ses enfants n'allaient pas à l'école, un précepteur les éduquait "at home".


(77 électeurs pour Obama / 34 pour McCain)

Là n'est pas le problème.

Ca se passe mal entre ceux qui sont restés et ceux qui sont partis, il y a bien longtemps.

Sylvie Laurent encore, dans Homérique Amérique

"Oui, les Américains découvrent que les Africains ont participé à la traite et ils réalisent que la couleur de leur peau ne vaut pas grand-chose face à l’immensité océanique qui les sépare culturellement. Le ressentiment et l’incompréhension président à ces rencontres que l’on espérait être des retrouvailles.

« Vous nous avez vendus ! » est le reproche que certains Noirs américains expriment à demi-mot."

Ce truc incroyable m'avait déjà été dit, à l'occasion de ce voyage.

J'avais parlé avec des gens de Tombouctou, de Toukoufou.

Ils ont rigolé "souvent, quand ils viennent, ils nous accusent de les avoir vendus".

Ce n'est pas dit à demi-mot, c'est exprimé.

esclavage.gif

(81 électeurs pour Obama / 34 pour McCain)

Je l'ai emmerdé Tukufu.

Il allait donc à Tombouctou étudier les manuscrits des universités dâtant du 13ème siècle.

Sur le chemin, il s'excite.

"Ah ah, alors qu'on dit qu'il n'y a qu'une tradition orale en Afrique, eh bien c'est faux. L'Afrique maîtrisait l'écrit".

C'était facile : "Mais, Tukufu, peut-on vraiment dire ça alors que la plupart de ces manuscrits sont en arabe?".

01_tombouctou_unesco_432.jpg

(102 électeurs pour Obama / 34 pour McCain)

Alors, Barack ?

Les Noirs-Américains le soutiennent.

Les Noirs-Africains le soutiennent.

C'est suffisant pour que ça me plaise.

michelle-obama_678374c.jpg

(Michelle est black-american)

Aussi, Obama ne peut me décevoir.

Je n'attends rien de lui, ni qu'il calme les Chiites, ni qu'il copie notre merveilleuse sécurité sociale, je ne lui en voudrai pas s'il refuse la taxe Tobin et réclame leurs arriérés aux pays africains...

(102 électeurs pour Obama / 43 pour McCain)

... ça me suffit, qu'un type venant du Kénya et du Kansas, né à Hawaii, avec un peu de sang Cherokee et Alsacien, éduqué en Indonésie, un peu musulman un peu chrétien...

(174 électeurs pour Obama / 49 pour McCain)

... soit Président du plus puissant pays du monde.

 

Ca me rendrait très optimiste (même si les chasseurs tuent la mère de Bambi).

(174 électeurs pour Obama / 64 pour McCain)

 

* J'ai déjà évoqué les couleurs de vêtements et de peau, ce que c'est que d'être une blanche au Mali, et le caractère des cliniciens noirs dans les séries télés.

Commentaires

Tout est bien qui finit Obama! :)
Il est tout de même flipant le Brice Von Hortefurher!

Écrit par : M1 | 05/11/2008

votre blog est intéressant et ce que vous écrivez sur votre voyage au Mali tellement vrai....on n'a pas fini de trimballer les préjugés des riches en pays pauvres et ce n'est pas le tourisme de masses tel qu'il est pratiqué aujourd'hui qui mettra fin à ça...

Écrit par : nicole | 05/11/2008

M1 : 2 jeux de mots en 2 lignes, tu es M'agnifique (bof)

Nicole : c'est bizarre, hein, mais mêmes les gens profondément humanistes regardent les habitants d'Afrique comme des arriérés.

mart : (je rosis)

Écrit par : Ema | 05/11/2008

Si bizarre que ça, l'humanisme condescendant ?

" Take up the White Man's burden--
Send forth the best ye breed--
Go bind your sons to exile
To serve your captives' need;
To wait in heavy harness,
On fluttered folk and wild--
Your new-caught, sullen peoples,
Half-devil and half-child.

Take up the White Man's burden--
In patience to abide,
To veil the threat of terror
And check the show of pride;
By open speech and simple,
An hundred times made plain
To seek another's profit,
And work another's gain.

Take up the White Man's burden--
The savage wars of peace--
Fill full the mouth of Famine
And bid the sickness cease;
And when your goal is nearest
The end for others sought,
Watch sloth and heathen Folly
Bring all your hopes to naught.

Take up the White Man's burden--
No tawdry rule of kings,
But toil of serf and sweeper--
The tale of common things.
The ports ye shall not enter,
The roads ye shall not tread,
Go make them with your living,
And mark them with your dead.

Take up the White Man's burden--
And reap his old reward:
The blame of those ye better,
The hate of those ye guard--
The cry of hosts ye humour
(Ah, slowly!) toward the light
"Why brought he us from bondage,
Our loved Egyptian night?"

Take up the White Man's burden--
Ye dare not stoop to less--
Nor call too loud on Freedom
To cloak your weariness;
By all ye cry or whisper,
By all ye leave or do,
The silent, sullen peoples
Shall weigh your gods and you.

Take up the White Man's burden--
Have done with childish days--
The lightly proferred laurel,
The easy, ungrudged praise.
Comes now, to search your manhood
Through all the thankless years
Cold, edged with dear-bought wisdom,
The judgment of your peers. "

The White Man's Burden, Rudyard Kipling, 1899.


Racisme, impérialisme culturel, philanthropie à marche forcée ...

Some things never really change.

Écrit par : Circé est malade, et se contente donc de citer (et réclame de l'affection au passage) | 05/11/2008

C'est super intéressant, ce distinguo expliquée par Sylvie Laurent, entre le Barack-African, plus acceptable que le Barack-Black-American...

Comprendre l'inconscient des nations, je trouve toujours cela fascinant, tous ces codes non-dits qui souvent nous échappent et qui pourtant façonnent la géo-politique bien visible...

Écrit par : la ch'tite | 05/11/2008

mart : je parlais tout le temps du fait d'être blanche, de notre relation historique, je plaisantais pour "travailler" cette position.
mais j'ai eu la pure photo de colon : moi jouant au baby-foot dans la rue avec 10 gamins.
et puis des moments de profonde détresse, quand on réalise que des relations personnelles sont biaisées par des rapports économiques qui les surplombent, les rendent impossibles.
mais je m'en fous, ça a changé ma vie en France. tiens, un nouveau sujet en perspective...

Écrit par : Ema | 05/11/2008

circé : m'enfin, tu pouvais pas nous trouver la traduction française. en vieil anglais en plus. au boulot.

la ch'tite : Sylvie Laurent je l'ai entendue plusieurs fois dans des émissions elle a l'air assez géniale comme chercheuse. elle nous fait découvrir des pans de l'Amérique qu'on croyait connaître.
(c'est cool d'être passée)

Écrit par : Ema | 05/11/2008

Merci et bravo pour ce très bel article Ema . Tu viens de démontrer très simplement que la couleur de sa peau ne faisait pas forcémment d' un noir un simple Africain, que ce n' est parce - que l' on est blanc que l' on est Hortefeux - Tukufu en est la preuve et tu es bien plus noire que lui .
Je lance immédiatement un buzz sur ton article chez moi .
Tu connais la Ch'tite ? Je viens de la rencontrer .

Écrit par : frannso | 05/11/2008

c'est tellement gentil Frannso.
C'est parce que c'est tellement compliqué, cette histoire d'origines, et qu'il y ait un consensus, aujourd'hui, sur cet homme, c'est extraordinaire.
"la transcendance des origines"
pendant ce temps, en France, le congrès sur l'immigration à Vichy se conclut...
vive la ch'tite, que je rencontre aujourd'hui !

Écrit par : Ema | 05/11/2008

Le Pen ?

Écrit par : Ema@mart | 05/11/2008

physiquement je veux dire... j'aime pas les comparaisons malhabiles.

Écrit par : Ema doucement | 05/11/2008

des hystériques...

Écrit par : eMA | 05/11/2008

Très intéressant ce billet, Frannso a fait du bon travail ;)

Écrit par : electromenagere | 05/11/2008

cette préférence des américains allant aux Blacks africains plutôt qu'américains est peut-être un prémice de ce qui nous attend avec la discrimination positive

Écrit par : Gaël | 05/11/2008

hum Gaël, Barack a pas eu besoin de discrimination positive pour s'en sortir. Et puis appelons ça de l'Action agissante, plutôt que de la discrimination.
Affirmative action... Action concrète ?
Je vote pour.

merci petite ménagère. je viens goûter tes frites.

Écrit par : Ema | 05/11/2008

c'était surtout pour réagir au début de votre billet :
"En résumé, moins vous êtes un descendant d'esclaves noirs importés aux USA, plus vous avez des chances de réussir."
et essayer de faire un lien avec la politique d'Hortefeux

j'essayais juste, hein, notez bien :)

Écrit par : Gaël | 05/11/2008

j'avais mal compris, désolée !
oui, oui, tu voulais parler des quota d'immigrants peut-être ? l'immigration choisie. on trouve pas toujours des clopes après 20h, si ils pouvaient nous prendre des chinois pour rouvrir des bureaux de tabac, ce serait cool.

Écrit par : Ema excuse-moi Gaêl | 05/11/2008

y a pas de mal... je découvre votre blog, faut bien que j'essaye :)

Écrit par : Gaël | 05/11/2008

oui gael, promène-toi, essaie tout, tutoie !

Écrit par : Ema | 05/11/2008

Les accents afro-américains dans le doublage de film sont - incompréhensibles. Bon : j'ai grandi en regardant des films me faisant prendre, peu à peu, conscience de cette étrangeté... ???

J'ai jeté des sorts. J'ai écrit de violentes saloperies. dans une autre vie blogistique [pour faire marcher au pas quelques sociopathes d'extrême-sinistre mémoire] & un peu dans celle-ci. Mais la phrase sur Brice All the Fire : c'est du C4. Je suis tout sourd. Ca me plait. Un peu de baume pour mes blessures : d'avoir guetté les résultats dans la nuit [c'est ma faute : je ne prends le temps que de France Info]. d'avoir, du coup, du ouïr les paroles de Rama Yade [je ne veux pas dire ce que je pense d'elle : à part que ses explications sur son échec à Bois-Colombes - je crois ? - sont consternantes] et du Président du CRAN [que je soupçonne de s'intéresser plus à prendre la place de l'homme-blanc-oppresseur-de-son-arrivisme-et-nanani qu'à faire en sorte que dans ce pays et ailleurs, la discrimination soit réduite à une sorte de vieil épouvantail dans un champ en terre Adélie : d'accord, ok, c'est un peu rêvé - mais Martin Luther aussi, il rêvait éveillé].

Un reportage, qui remonte à loin dans le temps : arte, megamix - grand messe d'alors pour de la culture et du bon son. Voyage au coeur de l'Amerique noir, muslim, et j'en passe. Un homme qui raconte comment des ballons de sondes envoyés par la Nation of Islam [sais pas si ça existe encore*] étaient venus l'entreprendre dans son quartier sur l'air de "Tu t'appelles comment ? [Genre] Jonathan Anderson ? C'est un nom d'esclave, ça !!! Ecoute, à partir de maintenant, tu vas t'appeler Jonathan X, c'est ton nouveau nom" et autres doucheries assez bloquantes...

Etre noir, ok. Une histoire douloureuse avec l'Afrique, j'entends bien. Des plaies ouvertes, réouvertes : c'est un fait. Mais Ils ne sont pas rares aux U.S.A. à emprunter un drôle de chemin : genre "plus noir que moi tu meurs" [ça existe un peu - beaucoup ??? - en France : ce qui donne, notamment, Kemi Seba - c'est dire la réussite, vu le rejeton] T'as pas lu Marcus Garvey ? Tu n'as jamais été en Sainte-Afrique ?" et autre "Ecoute-moi, je vais t'apprendre ton histoire" [ceci venant de la part de quelqu'un qui a peut-être, peut-être pas, mis du temps avant de découvrir ce qu'était un boubou et qui se pique, depuis qu'il le sait, de vouloir en affubler ses "frères & soeurs" qu'il aura pris grand soin de distinguer - chose inouïe - en "quarterons", "sang pur", etc...]. Et on est une personne. On est une personne noire. On ne prouve pas qu'on est noir : on l'est. Sans être pour autant réductible à une couleur de peau. C'est absurde de rivaliser en négritude. On ne joue pas un rôle. Bon : tout le monde ne se laisse pas aller à ce travers [comment ça casse des briques à mains nues, cette conclusion].

Jungle Fever, de Spike Lee. Un bon film [d'ailleurs primé à Cannes], pour une grave fracture - et un regard qui m'a étonné sur le rapport des Américains à leur origine : surtout - jusqu'où ça pouvait aller... Et, notamment : le meilleur rôle [selon lui] de Samuel L. Jackson, proprement incroyable. D'une manière générale, quelque chose que j'ai apprécié : pas de manichéïsme et... Enfin, voir c'est croire. [si ce n'est déjà fait]

Je suis un peu salopard, alors forcément : je me réjouis moins de la victoire d'Obama que de l'effet qu'elle peut produire [fuite du Ku Klux Klan vers l'hyper-espace ? Delirium tremens ad vitam eternam des Jeunes Identitaires ?] sur les ennemis de l'Internationale des Honnêtes Gens [qui, eux, s'en foutent de la couleur des autres sans pour autant y être aveugles].

Première visite ici. Alors - finir sur quelque chose de : léger... Un film, vu quelques jours avant le décés de James brown, qui y tenait un rôle [le sien]. Voir ce film, c'est découvrir quelle peut bien être - nom de dieu - la "Kryptonite de l'homme noir" [sic]. Je m'en amuse encore avec mes frères** tant, sur un simple trait d'humour parfait, on peut dire tant de choses...

[Doit arrêter là : ce qui doit sans doute être déjà bien long]

Bonne journée.



* La seule chose qui m'ait fait rire dans cette affaire, c'est une phrase de leur [ex?]leader, Louis Farakhan : "I won't play the funky nigger for you no mooooore !" Le reste ? Délire antisémite & associal.
** Ce qui est moins drôle ? Une conférence sur le thème "existe-t-il une communauté noire en France ?" [ou dans le genre] qui se tient bientôt [demain, je crois] près de chez moi. Les intervenants sont de qualité, m'a dit mon frère : mais si j'y vais, je pourrais bien perdre la tête si j'entends des "Nous les noirs". Parce que je commence à aimer un peu trop le bordel. Parce que j'assaille déjà mes amis de mes considérations énervées. Parce que mon chat doit s'être lassé depuis longtemps de mes poussées de fièvre. Alors - autant perdre la tête tout à fait & remixer les porte-paroles de la classification périodique des êtres humains.

Écrit par : H. Incorporated | 05/11/2008

[Désolé pour la longueur : vraiment]

Écrit par : H. Incorporated | 05/11/2008

on ne doit jamais être désolé pour la longueur, jamais. c'est un espace hyper extensible, merci d'être venu, je lis et je te relis.

n'empêche, aujourd'hui je m'autorise à être 100% contente sans réserves.
de ne voir que le côté clair - mais noir - de la force !

Écrit par : Ema | 05/11/2008

Contente de lire une réaction sur l'Evènement, et ce suivi en direct ponctué d'infos, un vrai programme d'éditorialiste ...
Beaucoup de blogs de filles n' ont rien à dire là-dessus ... ou alors je dois renouveller mon carnet d'adresses ( la politique sujet tabou, ennuyeux, ou trop pas assez futile ?)

Écrit par : laurkal | 05/11/2008

ouais j'avoue que j'étais bien inspiré! j'aurais pu en faire un 3eme avec Ema! ;)

Écrit par : M1 | 05/11/2008

Bravo, super billet, vraiement passionant sur le fond et sur la forme.
Tu m'ouvres au monde, soeurette. Merci.

(et affections à Circé toute maladou. C'est le Lord qui t'a filé ses microbes via face de bouc ?)

Écrit par : cilaïne | 05/11/2008

[Alors]

J'en suis heureux.

Parce que mon clavier est parfois frappé d'une logorrhée robotative qui me fait dérouler, au petit bonheur la chance, des "kilomêtres de phrases"* [responsable mais pas coupable - ok, d'accord, mais : je plaide comme je peux] - ce qui n'est pas forcément du goût de tout le monde et peut tuer - effet non désiré - dans l'oeuf toute discussion : alors chez les autres, j'essaye de me tenir un peu. Parfois mon moteur obéit : parfois - c'est une cuissante défaite.

Un correctif : premier commentaire ici et non première visite** [j'écris vite***]. Mais [je ne sais pas] il y a lire & commenter et, ma Némésis, c'est le temps : il n'est pas mon ami. Alors je fais l'un l'autre, parfois les deux : quand ma colonne vertébrale semble assez souple.

In fine ?
I - Voyons ce qui va se passer avec sa présidence : je le préférais à Mc Cain [ce qui n'est pas très vaudou]. c'est... "Quelque chose". Après ? J'attends naturellement un mieux par rapport à l'ère Bush mais : jusqu'où ira-t-il ? Jusqu'où voudra-t-il aller ? Jusqu'où pourra-t-il aller ? Voir c'est croire, alors : bon. Mais, en fait : merde ! Un peu de sentiment : j'espère que sa famille est heureuse. Voilà. Je n'attends pas le messie : au mieux - juste un homme d'Etat qui change de certains fourmiliers perdus en politique.
II - Circe, que la force soit avec toi.


* http://www.youtube.com/watch?v=Um1b_dvad2A
** Qui remonte, je crois, à une note sur le rapport mère-fille. Je me souviens d'avoir songé alors au film "Mildred Pierce" qui évoque le sujet : avec Joan Crawford - film qui m'est connu par une chanson [pleine d'histoires !!!] du même nom.
***Au point d'en avoir oublié de citer le film avec James Brown, rapport à la fameuse "kryptonite"... "Undercover Brother". Qui prouve que l'on peut revendiquer l'égalité & savoir rire de soi-même : tout ça, sans se monter la tête.

Écrit par : H. Incorporated | 06/11/2008

Merci.
Au moins, on peut compter sur les filles !

(rho, j'suis toujours aussi fan des comments de H.Incorporated ; ça me donne envie d'écrire des trucs intelligents pour qu'il vienne écrire des trucs intelligents chez moi)

Écrit par : Circé remercie Cil' | 06/11/2008

circé : cil est tellement prévenante.

H : deux films qui me sont inconnus. bien.
je déteste les idoles, les icônes, j'ai même du mal avec le slogan car ça ressemble trop à un mot d'ordre et je n'aime pas les ordres.
néanmoins, ce qui me rassure chez Obama, c'est qu'il n'emploie pas le JE. c'est qu'il sait s'entourer. à notre époque, nous n'avons encore jamais rencontré quelqu'un de bien et de grand. on a entendu parler de gandhi, mais n'imaginons pas qu'il ait existé vraiment. pourtant, des gens vraiment bien, cela doit exister. alors.
et si ce n'est pas le cas, tant pis, quelque chose a quand même changé.

cil, je suis contente de t'amener en voyage avec moi. tu dois d'ailleurs être une compagne de voyage épatante.

laurkal : je suis à fond une fille et parfois j'essaie d'être une femme. mais suis-je un blog de filles ? il y a une accumulation de photos de kate moss ici qui ferait pencher la balance en ce sens. bon, j'essaie d'équilibrer ma futilité et mon intérêt pour le monde. parfois tout s'embrouille !

M1 : j'ai répété ton jeu de mots sur la blogosphère, en te l'attribuant bien évidemment.

Écrit par : Ema | 06/11/2008

Où ça? :)

Écrit par : M1 | 06/11/2008

Ema,

"Undercover Brother" ne paie pas de mine : une comédie. C'est léger, ça n'empêche pas moins de penser et en restant dans le sujet que tu as catapulté. Prisme-câpres, la kryptonite, nom de Dieu !!! [je mets au défi tout être humain certi de la grande mélanine d'être à l'épreuve de ça] Quant à Mildred Pierce : au moins, ça ne se dément pas - il fallait bien de la musique pour m'amener à croiser dans les eux de ce film-là.

je te le concède. Le "je" est un indice. Après, est-ce qu'il descend du ciel ? Pitié : ce n'est pas possible, ce n'est qu'un homme [en même temps : parfois, il n'en faut pas davantage - c'est déjà pas mal]. Mais - cette campagne est un début de leçon, les ingrédients son là pour de la cuisine de bon aloi : élu, on prépare des plats pour TOUT le monde - blancs, ovaux, indiens, aniki, bien cuits, ronds et tout ce qui s'en suit. Un Président qui se battrait la poitrine en disant "Abrégez-moi de cette couleur que vous mirez" serait une erreur. Magistrale. Ce que je pense de ça victoire n'a que - peu d'importance [qu'est-ce que que quoi ? Qu'est-ce qu'on s'en fout ?]. Je m'interroge bien plus sur les attentes de cette personne le coeur heureux au point d'improviser quelque pas de danse à L'Haÿ-les-Roses. Je pense bien plus aux attentes de ceux - quelque soient leur couleur : comment si c'était essentiel - qui ont voté pour le changement. Et... Tu me facilites la tâche : je vois bien que tu vois bien que je me tue à essayer de synthétiser. Alors je ne changerai rien : "des gens vraiment bien, cela doit exister. alors. Et si ce n'est pas le cas, tant pis, quelque chose a quand même changé." Voilà.

Je n'ai pas pu - résister. Je suis, l'espace d'un instant, retombé dans mon effroyable - cruauté. Visiter une vieille "connaissance" : que j'ai [il y a longtemps] persécuté. Prendre son pouls, voir comment il allait : puisque je sais que la victoire d'Obama, ça doit ressembler à peu de chose près à 1945, "Little boy", pour sa clique de nationalistes foutraques. Il n'a - pas changé. Il a, en fait, juste posté une photo d'Obama [sa nouvelle marque de fabrique pour tourner la loi et le code pénal dont il faudra lui attendrir le cortex] sorte de chiffon "rouge" pour sa meute psychiquement déchirée. Il doit souffrir [mais je ne peux rien pour lui, après tout : il le veut bien]. Alors, que le Seigneur me pardonne : c'est une belle journée. Avec cette inquiétude, quand même : je n'aime pas l'hypocrisie. Je n'aime pas l'hypocrisie des débats à la télé, à la radio, en Françie sur ce qui vient de se passer. Je n'aime pas la diversion que cela procure : les déclarations de principes noyées dans l'angélisme, ça va bien. [Un raccourci, mais] On vit ensemble ou on se combat les uns les autres : c'est l'un ou l'autre. On vit ensemble ou on se fait la guerre. Pas les deux à la fois. La couleur de peau, la religion, etc ne sont un problème que lorsqu'on le veut bien [ok : j'arrête là ; je me donne l'impression de prêcher].


Circé,

[Tu devrais savoir que : puisque j'ai été amené, on the dancefloor of your blog, à parler de façon directement directe de] par un ressort secret de mon déguisement de bipède, ma peau m'empêche de rougir littéralement tout à fait à la lecture de ton commentaire [et tu s.a.i.s. que je ne fais q.u.e. manipuler des sortes de "modules étranges"]. Tu me fais rire. J'arrive.

Écrit par : H. Incorporated | 07/11/2008

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