28.07.2008

Le déluge

Lors de ce gentil trip en Israel, mon ami et moi avons tenté de définir la frontière entre RESISTANCE & TERRORISME.

A distinguer : Le BUT et les MOYENS.

        Quel est le but de l'ETA ? Une nation basque.

        Quel est le moyen ? Tuer des représentants de l'Etat espagnol.

 

1ère question à se poser : Ce but est-il légitime ?

Pour que l'action puisse être qualifiée d'action de résistance, il convient de savoir si le combat nous semble légitime.

        Les Corses ? Plutôt non !

        Les palestiniens ? Plutôt oui !

 

Si le but est légitime, se pose alors la question des moyens utilisés. 

Ces moyens sont-ils acceptables ?

        Est-il acceptable de tuer des soldats ? Plutôt oui.

        Est-il acceptable de tuer des civils ? Plutôt non.

        Est-il acceptable de kidnapper des soldats / des civils ?
 

Si le but est légitime et que le moyen est acceptable, alors il ne peut être question de terrorisme mais de résistance.

 

MAIS 

Dans le cas où le but est légitime et que le moyen n'est pas acceptable, se pose éventuellement la question de l'efficacité du moyen

Imaginons que ce moyen non acceptable soit efficace pour parvenir à des fins légitimes ?

        Si des attentats de civils allemands avaient permis de stopper l'holocauste ?

 

That's a tricky one.

 

Quelle est le nombre de civils qu'il est acceptable de tuer compte tenu du nombre de ceux qui seront sauvés par ce geste ?

        1 tué pour 2 de sauvés ?

       

Imaginons que des attentats tuant 1000 enfants allemands aient permis de sauver 5 millions de juifs.

Le rapport est ici de 1 / 5 000.

Devrions-nous qualifier le mouvement à l'origine de ces attentats de mouvement TERRORISTE ou de mouvement de RESISTANCE ?

 

OUI MAIS

Autant il existe une certitude quant au fait que ces 1000 enfants vont être tués.

Autant les conséquences de cette action sont, elles, incertaines.

Rien ne garantit que cette tuerie aura l'effet d'empêcher la mort de 5 millions de juifs.

 

Il faut donc prendre en compte la probabilité que cette action soit efficace.

        Faut-il y aller si les chances sont de 50% ?

 

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Commentaires

Je tiens à souligner l'extrême intelligence de ce billet, très politique en effet, malgré son habillage statistique ; la distinction entre terrorisme et résistance, quoique ténue, est fondamentale ... mais comment la définir? Bel effort, je suis quant à moi tout à fait convaincue, mais suis tout aussi persuadée que nombre de personnes y trouveraient à redire.

Dans tous les cas, c'est une qualification qui ne peut être établie qu'a posteriori, si l'on tient compte de l'efficacité du moyen. En attendant, continuons d'ergoter, de débattre, de se battre.

Efficacité, légitimité, acceptabilité ... Ca me fait penser aux trois critères qui mettent tous les juristes d'accord quand il s'agit de définir une norme juridique ... Légalité, légitimité, effectivité. Je sens qu'il y a une hypothèse à échafauder, mais je ne m'y risquerai pas de bon matin.

Écrit par : Circé | 25.08.2008

oh oh circé, à 2 on peut faire quelques chose. Mais c'est plus inspirant d'être sur les lieux mêmes des attentats, de loin, dans la campagne...

Écrit par : Ema ou La bienveillante | 25.08.2008

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