20.07.2008

AbsurdLand

Une visite des points de contrôle en Palestine.

Il existe plein de sortes de checkpoints. Ceux du mur sont les plus classiques. On entre facilement dans les territoires occupés, du reste. Le problème est plutôt d'en sortir. Voilà pourquoi les habitants de Bethleem y sont coincés.

Le mur, il faut regarder son tracé. C'est un mur zig-zaguant, une membrane qui va chercher les colonies israéliennes loin dans les territoires. Les colonies on les reconnaît à leurs toîts. Des vrais toîts pentus. Les arabes préfèrent la version plate. Et leurs villages sont adossés aux colines. Les israéliens, en général, prefèrent s'implanter en haut des monts.

Ce sont des petits trucs utiles à savoir. Au cas où vous seriez là-bas.

Soit un village palestinien et une ville palestinienne, distants de quelques kilomètres. Entre les deux, notre fidèle checkpoint. Les villageois peuvent pénétrer dans la ville. Pas l'inverse. Ceux de la ville restent dans leur ville, en point c'est tout. L'israélien, lui, ne peut pénétrer dans la ville palestinienne. L'européen, IL VA PARTOUT. Disons, s'il est européen caucasien.

Il y a plusieurs types de personnes qui passent un point de contrôle. Les femmes et leurs enfants. Ces derniers, s'ils sont petits, peuvent être tentés de toucher la mitraillette du soldat israélien pendant qu'il inspecte les papiers de sa maman. L'homme a sa file. Il passe sous un portique. Les trucs qui sonnent dans les aéroports. S'il a de la chance, il n'enlève pas ses chaussures. La ceinture, il n'y coupera pas. Mais l'homme palestinien continue d'en porter. Et il ne l'enlève qu'à l'extrême limite. Pas en attendant dans la queue.

Si on a des paquets avec soi, bon, bah on montre ses emplettes. Les fruits et légumes, un coup d'oeil. Pour les plus gros trucs, un scanner sur roulette à quelques mètres.

Les soldats, on se demande. C'est un camp de scouts ? Des filles, des garçons. 18 ans et quelques années de plus. Toute la journée, certains pendant 3 ans, ils regardent des papiers.

Ainsi, le palestinien, s'il a la chance de pouvoir aller d'un endroit à l'autre, intègre dans son planning le temps pour passer les multiples mini-frontières qui jalonnent la Cisjordanie.

Il connaît bien son pays. Il n'a pas besoin de panneaux indicateurs. Les panneaux indicateurs n'indiquent que les colonies juives. Pas les endroits arabes. Mais le nom des colonies juives est traduit en arabe.

Il sait également que certaines routes qui parsèment son territoire lui sont interdites. Ce sont des routes pour israélien. Ce n'est pas écrit. Il le sait.

Avant de quitter les territoires occupés, ça vaut le coup d'y manger. Very cheap. Genre 1,5 euros pour 4 falafels. Celui de la rue des Rosiers, si. Tout pareil.

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Commentaires

Toujours là-bas ou bien es-tu rentré?
J'attends la suite! (Maintenant c'est toi que je lis tout de suite après la RDL, vu que y a plus d'actu chez Fonelle).

Écrit par : Lord de Winter | 23.07.2008

oh là là, ça donne envie d'écrire !!!
je rentre vendredi, mais encore plein d'histoires à raconter. quelqu'unes.

Écrit par : la bienveillante | 23.07.2008

et oui, on apprend à vivre avec ça ..
quand on arrive d'Europe, on se demande comment c'est possible. et ce pour tout le monde: Israeliens comme Palestiniens. Les Palestiniens vivent un enfer, mais ça nous amuse pas non plus de faire 3 ans d'armée et de regarder chaque arabe comme un terroriste. mais voilà, aujourd'hui on sait plus trop comment on en est arrivé là à cette absurdité sans nom. Mais ce qui est sûr, c'est que sans checkpoint, sans une armée forte, et sans mur, Israël n'existerait déjà plus. Donc on essaye de maintenir cet "équilibre".

Écrit par : dan | 19.09.2008

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